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La Chronique Agora
Paris, France
Jeudi 26 avril 2007
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*** Amazon submergé de liquidités
Ce qui démontre bien que les marchés sont prisonniers d’une spirale haussière…
*** Trop, c’est combien ?
Bill Bonner se pose la question du jour…
*** Chi va piano va sano
De l’or à montgolfière allure…
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Bonjour,
*** AMAZON SUBMERGE DE LIQUIDITES
** Il faut bien nous y faire, les marchés sont prisonniers d’une spirale haussière. Les gérants courent après les scores, n’importe quelle rumeur d’OPA ou n’importe quelle analyse justifiant un relèvement d’objectif de cours provoque une flambée des titres concernés, et l’annonce de résultats meilleurs qu’anticipé provoquent de véritables paniques à l’achat.
Amazon en est un bel exemple, avec 27% de hausse (à 57 $ contre 45 $ la veille) en quelques heures pour cause de doublement des profits (à 0,26 $ contre 0,13 $ au quatrième trimestre 2006). Nul ne souligne, cependant, que le n°1 de la distribution partait de très très bas — à peine 0,05 $ par titre six mois auparavant (et 0,07 $ fin 2005).
La direction envisage — sans que cela provoque le moindre froncement de sourcils — une hausse de 30% du chiffre d’affaire par rapport à 2006. Qui se préoccupe de déterminer par quel miracle des ménages américains déjà surendettés vont parvenir à rajouter 30% de commandes supplémentaires dans leurs caddies virtuels ?
Bon sang mais c’est bien sûr ! Il y a tout un vivier de consommateurs solvables en dehors des frontières : les Chinois, les Indiens, les Brésiliens, les habitants des ex-pays de l’Est — encore faudrait-il qu’ils disposent de cartes de crédit, à supposer qu’ils possèdent déjà un ordinateur, et de services postaux performants.
Et ils seront tout heureux de recevoir les derniers gadgets occidentaux à la mode… à condition que la douane n’intercepte pas les produits culturels "suspects", et que les services de manutention aéroportuaires résistent à la tentation de mettre la main sur les articles les plus alléchants.
Mais ce genre de réalités bien terre à terre est à 1 000 lieues des préoccupations du moment. Il y a urgence à investir de l’argent, et toute entreprise qui sait faire rêver les gérants les plus réactifs de la planète bénéficie presque instantanément d’un plébiscite sans réserve.
Et que dire de ces analystes qui s’extasient sur une hausse de 0,01% de la marge perçue sur les "commerçants indépendants" qui exploitent la plate-forme commerciale du géant de Seattle ?
La capitalisation d’Amazon a augmenté de plus d’un quart à Wall Street (autrement dit de la bagatelle de six milliards de dollars) avant même que les opérateurs ne partent déjeuner. Quelles que soient les justifications fondamentales — à commencer par l’aveuglement collectif assumé des spécialistes chargés d’évaluer l’entreprise –, nous ne pouvons nous empêcher d’émettre l’hypothèse que beaucoup d’opérateurs se font "déchirer" sur le titre.
Amazon plafonnait depuis une bonne semaine, et les positions short (ventes à découvert) devaient être nombreuses : un phénomène classique de corner n’est donc pas à exclure.
** Vous imaginez que si nous avons consacré les précédents paragraphes à décrire ce cas particulier, c’est qu’il nous apparaît très emblématique du climat technique et psychologique actuel. Amazon n’est qu’un échantillon extrême mais constitue le produit bien concret de la conjonction de quelques facteurs positifs dans un environnement boursier gorgé de liquidités et totalement auto-référent.
Avec une locomotive telle qu’Amazon, le Nasdaq se hisse mécaniquement au-dessus de la résistance des 2 530 points (il s’agit en l’espèce de l’indice "composite"). Ce franchissement déclenche à son tour une rafale de programmes d’achats stop, ce qui renforce la spirale haussière — d’autant que le Dow Jones franchit le cap des 13 000 points et aligne une 18ème séance de hausse sur une série de 20. Ne cherchez pas, c’est absolument sans précédent depuis que cet indice a vu le jour un beau matin de l’an de grâce 1896.
Si la série de hausses alignée par les indices américains est proprement historique, le Dow Jones n’a en fait gagné que 8% depuis le débordement des 12 000 points un certain 19 octobre 2006, 19 ans jour pour jour après le krach éponyme de 1987. Cependant, l’environnement économique s’est dégradé aux Etats-Unis dans l’intervalle, et la faute en incombe grandement au secteur immobilier et au siphonnage de l’activité industrielle par la Chine.
D’autre part, la matérialisation d’une détente du Prime Rate à l’initiative de la Fed n’est nullement garantie d’ici la fin de l’année 2007. Dans le même temps, le baril de pétrole s’installe au-dessus des 65 $, sur fond de troubles post-électoraux au Nigeria — et la presse économique entretient un silence assourdissant sur l’épuisement de grands gisements proche-orientaux, dont ceux situées dans le sous-sol iranien.
** Quel que soit le scénario privilégié, le dollar poursuit sa glissade ; le revoici au contact de son plancher historique du 30 décembre 2004. Il a même inscrit un plus bas absolu de 1,3667/euro ce mercredi 25 avril. Loin de s’en émouvoir, les investisseurs se réjouissent que le yen rechute dans le même temps sous les 162/euro.
Le carry trade euro/yen reprend de plus belle, les liquidités continuent de couler à flots, la fête peut continuer, le bruit de l’éclatement de la bulle immobilière en Espagne est couvert par la fanfare des OPA et des bénéfices trimestriels de part et d’autre de l’Atlantique.
Les statistiques macroéconomiques semblent n’intéresser que quelques cambistes et les chercheurs universitaires — mais ces derniers ne possèdent généralement pas de portefeuilles boursiers. Wall Street fait allègrement l’impasse sur la progression plus faible qu’anticipée des ventes de logements neufs en mars aux Etats-Unis (+2,6% au lieu de +6% attendus).
N’importe quel trader vous expliquera que ce chiffre est largement compensé par l’envol des commandes de biens durables (+3,4% au lieu de +2,4% en février), dans le sillage d’un nouveau bond du secteur aéronautique : Boeing pulvérisait un nouveau record mercredi soir.
Et si vous osez insinuer que le processus haussier est insoutenable, regardez les bulletins météo : les moyennes de températures du mois d’avril sont supérieures, dans la plupart des régions du nord de la France, à celles de certains mois de juillet — et elles continuent de grimper. Dès qu’une mécanique se détraque, plus rien n’est impossible !
Pour paraphraser un aphorisme célèbre : "ceux qui croient à la perpétuation de phases de croissance exponentielle de ce type sont soit de dangereux schizophrènes, soit des traders boursiers".
Philippe Béchade,
Paris
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IL N’Y A PAS QUE LE CAC 40, DANS LA VIE ! L’indice national n’est en fait qu’une toute petite partie de la place parisienne — et de loin pas la plus rentable.
Et jusqu’à présent, on entendait rarement parler des actions les plus profitables… des valeurs qui peuvent pourtant augmenter vos gains de 74%… 53,8%… 35,14%… 43,17%… 60%… voire plus.
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** TROP, C’EST COMBIEN ?
** Notre question du jour, c’est : "trop, c’est combien ?"
* Bon nombre de gens pensent qu’on ne peut pas construire trop d’hôtels à Las Vegas. Qu’on ne peut pas payer les actions chinoises trop chères. Qu’on ne peut pas verser un salaire trop élevé aux gestionnaires de hedge funds. Qu’on ne peut pas avoir trop d’argent dans les sociétés de private equity. Ou trop de dollars inondant le système financier mondial.
* Dans la mesure où le mot "trop" perdure depuis bien longtemps dans la langue française, nous pensons qu’il doit avoir une signification. Ce que nous attendons… et attendons… et attendons de voir — c’est ce qu’il signifie en matière de finances.
* Les derniers chiffres montrent que le gestionnaire de fonds de couverture Jim Simons a gagné 1,7 milliards de dollars l’an dernier. Est-ce trop ? Il prend la somme incroyable de 5% des actifs de ses clients chaque année — en paiement de ses services — en plus d’un pourcentage encore plus incroyable de 44% des profits. Est-ce trop ?
* Les lecteurs objecteront que son fonds Medallion, de six milliards de dollars, a grimpé de 84% l’an dernier (Simons est doué avec les chiffres). Les investisseurs s’en sont sortis avec plus de 40% de gains, même une fois versés les honoraires exorbitants.
* Et qu’en est-il d’Ed Lampert ou de Kenneth Griffin — chacun d’entre eux a gagné plus d’un milliard de dollars l’an dernier. Etait-ce trop ?
** Nous n’en savons rien. Mais nous sommes revenu de vacances, avons ouvert les yeux… et nous avons pensé en voir "trop" partout où nous regardions. L’argent afflue dans de nouveaux fonds d’investissement. Même Brian Hunter, qui a perdu six milliards de dollars en faisant du trading sur l’énergie pour Amaranth, lance un nouveau fonds. Et John Arnold, qui s’occupait autrefois de l’énergie pour Enron, a gagné plus de 240 millions de dollars l’an dernier — en partie parce qu’il prenait la position opposée à celle de Hunter.
* Pendant ce temps, à Las Vegas, Goldman Sachs achète les quatre casinos de Carl Icahn… pour 1,3 milliards de dollars. Est-ce trop ? Nous n’en savons rien. Mais en matière d’excès, Las Vegas n’a de leçons à recevoir de personne. L’endroit comptait 35 000 chambres d’hôtel au total dans les années 70, ce qui nous semblait trop. A présent, la ville en compte cinq fois plus — 151 000 — ce qui paraît plus qu’assez. Mais le terme "trop" a disparu du vocabulaire, au Nevada, et peut-être bien dans le reste du monde également. L’hôtel Venetian à lui seul est en train de construire 3 200 chambres. Quant au vieux Stardust, les propriétaires ont jugé qu’il était trop petit, si bien qu’ils ont démoli l’endroit l’an dernier… pour construire un nouveau complexe, Echelon Place, comptant plus de 5 000 pièces.
* De son côté, MGM dépense sept milliards de dollars pour développer le centre ville — l’opération la plus chère de toute l’histoire de Las Vegas. Cela ne fait-il pas un peu trop, cher lecteur ?
* Qui sait ?
* Tout ce que nous savons, c’est que dans le monde entier, un boom énorme est en cours. La bourse de Shanghai a grimpé de 37% à ce jour cette année. Le trésor de guerre chinois en dollars a grimpé en flèche ; au rythme actuel, la Chine devrait rajouter un demi-millier de milliards de dollars à ses réserves cette année. Tout le monde semble vouloir détenir une banque chinoise. Les dernières introductions en Bourse de banques chinoises ont trouvé des acheteurs prêts à payer l’équivalent de deux fois les PER de grandes banques de pays développés — malgré le fait que les banques chinoises offrent aux investisseurs des informations notoirement vagues, ambiguës et embrouillées sur leurs activités. Malgré cela, les investisseurs se ruent pour se positionner — avant l’effondrement.
* Le Dow a atteint un nouveau record cette semaine. Est-ce trop ?
* Nous trouvions que c’était trop avant qu’il n’atteigne les 10 000. Avons-nous simplement manqué une occasion ? Ou l’occasion était-elle trop risquée pour un investisseur prudent ?
* Et est-il trop risqué de se positionner sur le boom de Las Vegas ?
* A nouveau, nous n’en savons rien. Nous ne savons pas combien est "trop". Mais contrairement à la plupart des investisseurs, nous sommes convaincu que "trop" existe encore, quelque part. Et il se pourrait même qu’il se trouve juste derrière nous.
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*** La Chronique Agora présente ***
La Chronique Agora présente : A l’occasion du Numéro 100 de Vos Finances – La Lettre du Patrimoine, Simone Wapler revient sur l’évolution de l’or ces dernières décennies… et sur ses futures perspectives. L’or à 2 000 $, un rêve d’illuminés ? Pas si sûr…
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CHI VA PIANO VA SANO
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Par Simone Wapler (*)
Lentement mais sûrement, ainsi va l’or depuis quelque temps. Et pour continuer le proverbe, chi va sano, va lontano : qui va sûrement va loin. Telle semble la destinée du métal jaune.
Parti un peu au dessous de 640 $ l’once au début du mois de mars, la voici arrivée à 685 $ à l’heure où j’écris ces lignes — un joli petit +7%, sournois et un peu insidieux. L’actualité sourit plutôt au métal jaune : tension avec l’Iran, dollar pâlichon, pétrole installé au dessus de 60 $ le baril. Rien que du déjà vu, mais une accumulation. Une accumulation aussi du côté de la Chine qui montre de plus en plus souvent les dents dès que les affaires de commerce international, barrières douanières et parités monétaires sont mises sur le tapis.
Si vous faites partie des investisseurs aurifères opportunistes, ne lisez pas ce qui suit. En revanche, si vous faites partie des investisseurs qui pensent que l’émission de monnaie injustifiée est un jour punie, la question se pose de savoir quand tombera le couperet du jugement dernier. En d’autres termes, jusqu’où l’or grimpera-t-il… et en combien de temps ?
Aujourd’hui, deux écoles s’affrontent : celle qui soutient que le parcours sera très similaire à celui des années 1972 à 1980, et celle qui pense qu’il y aura des divergences. Je penche pour le deuxième camp, pour des raisons à la fois objectives et subjectives.
Rappelons tout d’abord qu’avant 1972, le dollar était à parité fixe avec l’or, et l’once valait 35 $. C’est cette parité fixe qui a été dénoncée lors des accords de Bretton Woods. Voyons maintenant ce qui s’est passé après Bretton Woods…
Cycle haussier 1972-1980
Durée neuf ans, coefficient 19
- Dans une première phase haussière de trois ans (1972 à 1975), l’once a augmenté d’un coefficient 4, passant de 45 à 180 $.
- Puis il a consolidé durant deux ans, de 1975 à 1976, et est revenu à 115 $.
- Il a ensuite entamé une deuxième phase haussière de deux ans (1977 à 1978), période durant laquelle l’once a augmenté d’un coefficient 4, passant de 115 à 455 $.
- La troisième phase haussière a duré un an et a vu l’once atteindre son sommet de 850 $. Elle a presque doublé en moins d’un an, dans une bulle ultime qui a éclaté en plusieurs vagues.
Objectivement, l’ascension actuelle du métal jaune ne ressemble pas aux phases 1 et 2 de la période 1972-1979.
Cycle haussier actuel
Durée 6 ans, coefficient actuel 2,6
En six ans, l’or a progressé d’un coefficient 2,6, passant de 260 $ à 670 $. La pente est plus douce que celle du passé. Elle est similaire à l’ensemble des phases 1 et 2 du cycle haussier précédent. Il semble que la consolidation de parcours n’ait pas (encore ?) eu lieu.
Le cycle haussier actuel tiendra vraisemblablement encore au moins deux ans. Il devrait emmener l’or à 1 800 $, si le sommet de 1980 est à nouveau touché. Mais certains facteurs devraient le pousser bien plus haut. Nous entrons ici dans la phase subjective de l’étude.
Analogie entre les deux cycles haussiers
Les éléments propres au cycle actuel
- L’inflation est rampante et encore peu visible.
- Les liquidités sur les marchés sont plus importantes, les volumes plus élevés, la volatilité supérieure.
- Les traitements informatiques de masse des places boursières accentuent le phénomène. Les investisseurs privés accèdent plus facilement à l’or (ETF, bullion, certificats). – Les moyens de communication — et notamment Internet — font que toute nouvelle et toute inquiétude mettent moins de 24 heures à faire le tour de la planète
L’or ira plus loin, plus vite que dans le cycle précédent dès que l’inflation fera clairement surface. Si l’on se base sur un coefficient de hausse similaire à celui du cycle des années 70, l’or devrait toucher 4 960 $ (19 x 260 $).
Si l’on se base sur l’axiome simple de Bill Bonner qui veut qu’une correction soit à la hauteur de la tromperie qui l’a précédé, l’or devrait s’apprécier en relation avec la masse monétaire artificiellement créée.
La vérité sera probablement entre 2 000 et 5 000 $ d’ici deux ans. A partir de 2 000 $, l’or entamera sa dernière phase bullière de hausse. Ceci nous laisse une bonne marge de manoeuvre qui peut s’exploiter en investissant dans des minières plutôt que dans l’or physique.
Meilleures salutations,
Simone Wapler
Pour la Chronique Agora
(*) Analyste, journaliste et ingénieur de formation, Simone Wapler a déjà contribué à des publications telles que Le Point, Enjeux les Echos, Chart’s… Spécialisée dans les valeurs technologiques et industrielles, et se penche aussi sur l’or tous les mois dans Vos Finances – La Lettre du Patrimoine.
NDLR : Vos Finances – La Lettre du Patrimoine en est à son 100ème numéro… et une édition très spéciale a été élaborée pour fêter dignement cet événement : 20 pages d’analyses "sur mesure", concernant les six valeurs qui font le plus parler d’elles en ce moment parmi nos lecteurs… des conseils exclusifs de Simone Wapler sur deux minières — l’une indispensable à votre portefeuille et l’autre à éviter à tout prix… des avis sur des fonds d’investissement, des petites valeurs et des brokers… des astuces pour mieux investir…
Ce numéro exceptionnel n’est disponible que pour une durée limitée : pour vous assurer d’en profiter, agissez dès maintenant ! Il suffit de suivre le guide…
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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