Du changement… qu’on le veuille ou non

Rédigé le 13 juin 2017 par | Bill Bonner, Deep State Imprimer

Nous essayons d’éviter les distractions. Que se passe-t-il vraiment, nous interrogeons-vous ? Qu’est-ce qui est vraiment important, nous demandons-nous ?

Donald J. Trump a débarqué à Washington en promettant « d’assainir le marigot ».

C’est plutôt lui qui se fait lessiver par le marigot.

Les insectes de l’establishment le piquent tels des moustiques lors d’un pique-nique dans le bayou. Les groupes de pression et les agents du Deep State rampent autour de lui de façon menaçante… tandis que les poids lourds du Deep State tentent de le noyer sous les accusations.

La routine habituelle

Nous pensions que « Le Donald » ferait rapidement la paix avec le marigot.

Il n’a aucune conviction figée… ni d’idéologie ou de principes qui l’en empêchent.

Nous imaginions qu’il s’entendrait avec les initiés… et qu’il deviendrait la plus grande bestiole de tout le marigot.

Et lorsqu’il a bourré son cabinet de généraux et de types de chez Goldman, alors nous avons pensé qu’il était en bonne voie.

Mais d’après ce que l’on constate actuellement, c’est simple : « Le Donald » ne « colle pas ». Bon nombre des renards du Deep State le considèrent peu fiable. Ou gênant. Ils veulent se débarrasser de lui… ou l’affaiblir de sorte qu’il n’ait, plus ou moins, plus d’importance.

Le témoignage de Comey n’a aidé personne, d’après ce que nous avons cru comprendre. Les fans « du Donald » en ont conclu que leur « pote » avait été piégé par un être déloyal ayant commis des « fuites ». Et les initiés de l’establishment sont résolus à s’acharner sur lui jusqu’à ce qu’il s’écroule.

Ils vont peut-être y parvenir. Ou peut-être pas. Cela n’a pas vraiment d’importance.

Pendant ce temps, le président Trump prend tellement de coups qu’il commence à tituber. Il est au gouvernement depuis à peine cinq mois et il a l’air ébranlé. Il ne pourrait réaliser aucun grand changement, même s’il le souhaitait.

Et Pence ?

Il est prêt à se mettre au diapason des initiés à tout moment.

Donc, c’est la routine habituelle. Pas d’assainissement du marigot… aucune coupe budgétaire digne de ce nom… aucune lamentation en territoire du Deep State… aucune fin aux guerres bidons… pas de « pari Trump » sur la reflation… pas de grand projet d’infrastructure… exit « les emplois, les emplois, les emplois »… et aucun changement de cap. Pour l’instant.

L’état contrôle – directement ou indirectement – la moitié du PIB. Et les initiés contrôlent l’état. La dernière chose qu’ils souhaitent, les uns et les autres, c’est un véritable changement.

Mais cela ne veut pas dire pour autant qu’ils puissent l’arrêter.

Le changement auquel vous pouvez croire

Les marchés ne s’arrêtent pas sous prétexte que les initiés veulent qu’ils s’arrêtent. Les marchés réagissent au spectacle public… mais ils suivent des courants plus profonds, également.

Les dettes ne diminuent pas sous prétexte qu’on ne peut les rembourser. Et l’avenir n’attend pas sous prétexte qu’on n’est pas prêt à l’accueillir. Le changement se produit qu’on le veuille ou non.

Dans peu de temps – plus probablement avant la fin de l’année (bien que, dernièrement, personne n’ait perdu d’argent en pariant contre nos prévisions de timing) – le sol va céder sous le poids des dettes, des mensonges, des illusions et du baratin.

Lorsque cela se produira, tout le monde perdra soudain tout intérêt pour le spectacle régnant à Washington.

On ne s’intéressera plus à la question de savoir si la Russie s’est mêlée de l’élection américaine (ce qui n’a jamais vraiment eu d’importance, de toute façon). On ne s’intéressera plus à la question de savoir si Comey a menti… ou si Trump a menti… ou à ce qu’a dit le New York Times… ou si « Le Donald » a une attitude « présidentielle ».

A la place, tous les regards se tourneront vers le spectacle qui se déroulera à New York. L’effondrement des cours retiendra forcément l’attention.

Le Dow sera divisé par deux. Les grandes banques, considérées comme « trop importantes pour faire faillite » feront faillite. Les gens qui ont acheté des ETF pour être « sur le marché  » voudront « sortir du marché ». La volatilité, qui ressemblait tant à l’électrocardiogramme plat d’un homme décédé, commencera à bondir de la table tel Frankenstein. [NDLR : Vous avez envie d’échapper au réveil du Frankenstein des marchés ? Pourquoi ne pas investir patiemment hors des marchés, avec des perspectives de plus-values extraordinaires ? Il vous suffi d’investir avant que l’entreprise ne soit cotée au côté des business angels. Cliquez ici pour savoir comment faire : vous verrez, c’est très simple.]

Et là, on en appellera aux présidents des Etats-Unis et de la Fed.

« Faites quelque chose ! Sauvez-nous ! A l’aide ! »

Et ils viendront à la rescousse.

Oui mais comment ?

Avec des taux d’intérêt à court terme déjà proches de zéro… avec la Fed qui détient déjà plus de 4 000 Mds$ d’obligations d’état dans son bilan… avec le déficit budgétaire déjà parti pour augmenter de 10 000 Mds$ sur les 10 prochaines années…

…que pourront-ils faire ?

Voilà ce qui aura de l’importance…

… pas la bagarre fabriquée de toutes pièces autour de l’ingérence russe dans l’élection américaine…

… ni les nuances contenues dans le commentaire de Trump : « j’espère que vous pourrez abandonner tout ça » [NDR : ce que Trump aurait dit à Comey, concernant l’enquête portant sur Michael Flynn.]

…ni les propositions d’allègement fiscal…

…ni le retrait de l’Accord de Paris sur le climat…

Non, rien de tout cela n’aura beaucoup d’importance, lorsque le véritable changement se produira.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Un commentaire pour “Du changement… qu’on le veuille ou non”

  1. Oui M. Bonner, nous allons droit dans le mur.
    En fait, il semble bien que les « Parasites-Initiés » qui sont nos véritables gouvernants ont tout programmé. Selon moi, ils contrôlent aussi nos dettes nationales et peuvent aussi bien déclencher le crash final, le jour où ils le décideront, soit parce que cela va leur apporter un bénéfice, soit parce qu’ils ne pourront plus contrôler les peuples.
    N’oublions pas que ce sont des parasites. Hors, dans la nature, nombreux sont les parasites qui ont intérêt, au moment de la reproduction, à changer d’hôte, souvent en provoquant la mort de l’hôte initial. Ainsi, un parasite du lapin, rend fou le lapin et le lance devant un prédateur pour gagner l’estomac de son futur hôte.
    Un champignon, le Cordiceps du Tibet, dépose ses spores sur un insecte (fourmi ou araignée) et le tue pour utiliser son corps comme réserve de nourriture.
    Nous avons trop tendance à voir un parasite comme gênant, mais non mortel.
    Peut-être devrions-nous reconsidérer notre position.
    L’issue, inévitablement fatale, de la crise de la Dette ou des vagues migratoires récentes devraient nous alerter.

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