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La Chronique Agora
Paris, France
Lundi 19 mars 2007
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*** C’est arrivé samedi
Quand la technique s’en mêle, les marchés ne sont pas les seuls à "prendre l’eau"…
*** Masques et déguisements
… ou comment la ‘flation pourrait affecter vos investissements…
*** La monnaie fiduciaire sape la richesse (1)
Monnaie fiduciaire, un impressionnisme scriptural…
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Des profits ultra-rapides…
Des profits en toute simplicité…
Des profits à répétition…
Des profits quoi que fassent les marchés…
QUELLE FORME D’INVESTISSEMENT VOUS EN DONNE AUTANT ?
La réponse se trouve ici… et elle a déjà permis d’engranger 14 959 euros en 73 jours !
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Bonjour,
*** C’EST ARRIVE SAMEDI
** Il va falloir que vous en preniez l’habitude — les marchés sont passés en mode "montagnes russes". Les lumpeninvestisseurs ont perdu le nord, et là où ils profitaient autrefois de la moindre excuse pour faire grimper les cours, ils se saisissent désormais du plus petit prétexte pour les faire baisser. Et selon ce que donneront les secteurs financier et immobilier dans les semaines et les mois à venir… il se pourrait même qu’ils aient raison !
C’est ainsi, en tout cas, que la semaine s’est terminée sur une note carrément morose, avec une baisse des principaux indices européens et américains.
Notre CAC 40 national a perdu 0,14% sur la dernière séance de la semaine, à 5 382,16 points. Les Britanniques et les Allemands ont emboîté le pas aux investisseurs français — quoique avec plus de modération : ils ont entraîné à la baisse le FTSE à Londres (-0,04%) et le DAX à Francfort (-0,09%).
Côté américain, même "abandon du navire" par des matelots qui considèrent que les flots sont de plus en plus déchaînés autour de leur coque de noix. Le Dow Jones a perdu 0,41% vendredi, clôturant à 12 110,41 points ; le Nasdaq abandonnait dans le même temps 0,25%, à 2 372,66 points, tandis que le S&P 500 n’était pas en reste, à -0,38% et 1 386,95 points.
** Quant aux officiers de bord, on ne peut pas dire que l’harmonie règne. Le capitaine actuel semble avoir juré de couler avec son vaisseau — et prétend même que les voies d’eau qui se multiplient ne sont que de petites fuites sans conséquences. Regardez, clame la Fed à qui veut l’entendre, tout va pour le mieux, en réalité : le mois dernier, la production industrielle américaine a grimpé de 1% — on n’avait jamais vu ça depuis novembre 2005 !
Dommage que, dans le même temps, un ancien capitaine, désormais retraité, pousse l’équipage à la mutinerie en répandant des rumeurs pernicieuses : les investisseurs se montrent prudents, nous apprend investir.fr "après les propos d’Alan Greenspan, jugeant possible une extension de la crise du crédit immobilier au reste de l’économie américaine".
Ce ne sont pas les derniers chiffres donnés par le département du Travail qui viendront réconforter des marins que le mal de mer rend de plus en plus verdâtres : l’indice des prix à la consommation a grimpé de 0,4% — contre 0,3% attendus par les économistes.
Dans de telles conditions de navigation, pas étonnant que les passagers — gilets de sauvetage au cou et bouées à la main — ne se montrent guère optimistes quant à l’issue de leur croisière… Selon l’Université du Michigan, l’indice de confiance des consommateurs US est en baisse, à 88,8 en mars contre 91,3 en février ; c’est son niveau le plus bas depuis six mois.
** Evidemment, sur les navires alentours, on est également affecté par la tempête. Le dollar, par exemple, pourrait ne pas tarder à mettre les canots de sauvetage à l’eau — le billet vert a baissé par rapport à l’euro, qui atteint un plus haut de trois mois et repassé la barre des 1,33 à 1,3312 $… et reperdu du terrain vis-à-vis de la devise japonaise, revenue à 116,75 yens pour un dollar.
Côté obligataire, la tension s’est fait sentir après les chiffres de l’inflation. Le rendement du bon du Trésor US à 10 ans s’est ainsi tendu de un point de base, à 4,55%.
Et sur la goélette aurifère, il semblerait qu’on rame moins que ces derniers jours : l’once d’or reprend quelque vigueur — elle a terminé la semaine à 653,20 $, un sommet de trois mois, grimpant de 2,55 $ entre le premier et le second fixing à Londres.
** C’est arrivé samedi, en début d’après-midi. Un coup de fil affolé de ma collègue, exilée en Normandie pour le week-end, et affligée d’une connexion internet épisodique : "chez toi, ça marche ?".
Non, chez moi, "ça" ne marchait pas — et sans doute que chez vous, "ça" ne marchait pas non plus. "Ca", c’est notre système informatique, qui fait décidément des siennes ces derniers temps : il a bloqué tous nos messages ce week-end, vous empêchant ainsi de cliquer sur les liens contenus dans vos diverses Chroniques. La situation est désormais rétablie — durablement, nous l’espérons… — et je vous prie donc d’accepter toutes nos excuses pour ce nouvel incident, une fois encore bien indépendant de notre volonté.
J’en profite pour vous réinviter à prendre connaissance de la nouvelle opportunité que nous vous présentions vendredi soir : croyez-moi, il ne faudrait pas la rater — toutes les explications sont ici…
Françoise Garteiser,
Paris
PS : Retrouvez Philippe Béchade au 0899 707 009* dès 15h45 cet après-midi, avec une analyse approfondie de la séance en cours, un suivi de nos recommandations et la recommandation du jour : tout pour commencer la semaine boursière le plus profitablement possible !
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** MASQUES ET DEGUISEMENTS
** Les profits des entreprises, dans leur ensemble, ont connu une hausse vertigineuse. Et nuls n’ont grimpé plus vite ou plus loin que ceux du secteur financier.
* Mais pourquoi tant d’argent sur les places boursières ?
* Nous avons beaucoup de réponses, dont aucune n’est la bonne. Selon la théorie capitaliste, des profits en hausse attireront des investissements additionnels, ce qui augmentera la production, ce qui fournira aux gens plus des choses qu’ils veulent à des prix plus bas — et, au passage, réduira les marges bénéficiaires pour qu’elles retrouvent des niveaux normaux.
* Mais ce que les gens semblaient réellement vouloir, en ce début de 21ème siècle, c’était des services financiers. Pourquoi ? Parce que la ‘flation était disponible en quantité. Un gestionnaire de hedge fund rusé ou une banque d’investissement futée pouvaient gagner beaucoup d’argent — et en faire gagner à leurs clients. Et il y avait assez de formules magiques, de restrictions légales et d’exigences en capitaux pour écarter du marché les nouveaux concurrents — du moins pendant un temps.
* C’est ainsi que les entreprises les plus capitalistes de la planète semblent en défier les règles les plus fondamentales. C’est comme si vous aviez bu un verre de whisky et dégrisé sur le champ — ou comme si le Pape avait interrompu la messe pour annoncer qu’il est athéiste. Le meilleur emblème de cet intrigant phénomène, c’est le gonzo-banquier Goldman Sachs.
** Et voilà que l’histoire devient encore plus intéressante.
* Vous vous rappelez comment Ben Bernanke a proposé d’éviter de suivre le Japon dans une longue et sombre récession. "Nous avons une technologie", a-t-il dit… rappelant à son auditoire que le gouvernement pouvait imprimer autant de dollars qu’il le souhaitait. A l’époque, celui qui n’était pas encore président de la Fed luttait contre l’inflation.
* A présent, il déclare que c’est l’inflation qui devrait inquiéter les politiques. "Le FOMC a continué de considérer le risque de ne pas voir l’inflation se réduire comme prévu comme l’inquiétude politique prédominante", a-t-il récemment annoncé.
* Nous doutons que l’inflation des prix à la consommation représente une bien grande inquiétude. Nous doutons également que Ben Bernanke puisse y faire grand’chose même si c’était le cas. Qui va faire grimper les taux d’intérêt lorsque la base d’un marché de prêt se montant à 10 000 milliards de dollars commencera à donner des signes de faiblesse ?
* Pas Ben Bernanke.
* Non, le prochain geste de la Fed concernant les taux ne sera probablement pas à la hausse, mais à la baisse.
* La ‘flation nous vient sous divers masques et déguisements. Mais la manière dont elle a été vêtue ces cinq dernières années fait qu’elle a été accueillie partout comme une fille prodigue. Alors que la masse de monnaie et de crédit — la liquidité — a grimpé à des taux record, à des rythmes record, les prix à la consommation sont restés relativement sobres. Cette ‘flation est restée limitée aux plus hauts barreaux de l’échelle socio-économique, tandis que quasiment tout le monde, partout, luttait pour en obtenir quelques lambeaux.
* Les classes moyennes et inférieures n’ont pas souffert de cette ‘flation comme ils ont souffert de l’inflation des prix à la consommation dans les années 60 et 70. Il y avait tant de capitaux partout, et les marchés étaient devenus si mondialisés, que les Chinois pouvaient développer leur production pour maintenir les prix bas. Le seul avantage dont ont bénéficié les masses s’est révélé être une malédiction… masquée : le prix de leurs maisons a grimpé. Aux Etats-Unis, l’immobilier dans son ensemble a grimpé de 102% entre 1996 et 2007, selon The Economist. Cela met le total des possessions immobilières américaines à 22 000 milliards de dollars.
* Malheureusement, les classes moyennes n’ont pas fait que profiter de l’argent supplémentaire qu’elles avaient en poche — les gens se sont empressés de le dépenser. Maintenant que les prix de leurs maisons chutent, d’où proviendra le cash ? Les dernières nouvelles en provenance du Comté d’Orange, en Californie, nous apprennent que les prix de l’immobilier ont chuté pour la première fois depuis 1996. Le boom de 10 ans a cédé. Les prix ont baissé de 0,4% d’une année sur l’autre, selon le journal local.
* Avec quoi vont consommer les consommateurs, désormais ?
* Et là, nous vous posons une question, cher lecteur : imaginez un quartier où les prix des maisons ont doublé — passant de 100 000 $ à 200 000 $. Et tout à coup, un voisin vend sa maison, mais ne peut en obtenir que 150 000 $. Qu’est-il arrivé à toute cette ‘flation ?
* (Note pour Ben Bernanke : faites chauffer la planche à billets…)
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IL N’Y A PAS QUE LE CAC 40, DANS LA VIE !
L’indice national n’est en fait qu’une toute petite partie de la place parisienne — et de loin pas la plus rentable.
Et jusqu’à présent, on entendait rarement parler des actions les plus profitables… des valeurs qui peuvent pourtant augmenter vos gains de 74%… 53,8%… 35,14%… 43,17%… 60%… voire plus.
Désormais, vous pouvez en profiter vous aussi : un clic suffit…
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*** La Chronique Agora présente ***
A long terme, quels sont les coûts des systèmes fiduciaires ? Comment une économie peut-elle se développer de manière saine et durable lorsque l’échelle de richesse change constamment ? Dan Amoss nous donne quelques réponses ci-dessous.
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LA MONNAIE FIDUCIAIRE SAPE LA RICHESSE — 1ère PARTIE
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Par Dan Amoss, CFA (*)
La monnaie papier est très populaire dans les démocraties. Sous le contrôle d’une banque centrale, la monnaie papier donne aux économies modernes l’illusion d’une flexibilité et d’une résilience accrue. Sans la rigidité de l’étalon-or, les mauvaises dettes bancaires sont facilement mises au placard. Cela empêche la possibilité de voir se déclencher une crise bancaire comme celle qui s’est produite durant la Grande dépression.
Contrairement à l’opinion répandue, la monnaie papier n’est pas de la richesse. C’est un droit à la richesse. Elle n’a de valeur que dans la mesure où elle peut être échangée contre d’autres choses — un boisseau de maïs, un litre d’essence, un détartrage chez le dentiste ou un microprocesseur.
Lorsque le gouvernement imprime de l’argent, il donne à un public obsédé par les prix des actifs l’illusion de devenir plus riche — alors que dans les faits, il s’appauvrit. A mesure que la monnaie papier devient de plus en plus abondante, les producteurs de bi ens finiront par demander plus d’unités monétaires en échange de leurs produits ou de leurs services.
Lorsqu’on se félicite de nouveaux records boursiers, on refuse de reconnaître l’inflation qui sous-tend la hausse des indices. Le Dr Marc Faber parlait d’un scénario potentiel du "Dow à 100 000". Un tel scénario est possible si les tendances actuelles se poursuivent. Mais nous devons nous rappeler que suivant ce scénario, tous les prix augmenteront radicalement, conduisant à une baisse du niveau de vie.
La nourriture est de la richesse — les pesos n’en sont pas
Il y a un exemple frappant de la manière dont l’inflation des prix à la consommation mène au déclin du niveau de vie : le prix des tortillas de maïs a récemment triplé au Mexique. Des manifestants ont défilé à Mexico, exigeant que le gouvernement fasse quelque chose.
L’économie plutôt socialiste du Mexique a produit une situation dans laquelle les revenus de bon nombre de citoyens dépendent largement des allocations gouvernementales. La politique monétaire mexicaine doit rester souple pour que le système reste à flot. La masse monétaire de pesos en circulation a grimpé de 15 à 20% au cours de l’année passée.
Se trompant sur la cause de l’augmentation du prix de la tortilla — une explosion de la masse monétaire –, des politiciens populistes ont accusé des entreprises "monopolistiques" comme Grupo Gruma et ont mis en place des contrôles de prix qui ne feront qu’aggraver la situation pour l’offre future.
Une fois le décor planté pour un "peso facile", un facteur bien particulier a déclenché l’explosion du prix des tortillas au Mexique : la politique idiote du gouvernement américain consistant à subventionner l’éthanol basé sur le maïs. La demande provenant de dizaines de nouvelles usines d’éthanol a poussé le marché du maïs US dans ses derniers retranchements. Les prix élevés du maïs ont détourné les excédents d’offre des marchés internationaux, causant une pénurie dans des importations régulières du Mexique depuis les Etats-Unis.
L’inflation de la monnaie papier ne se limite pas au Mexique. Les politiques monétaires souples aux Etats-Unis et les subventions allouées à l’éthanol se combinent et pourraient déclencher un futur ouragan potentiel pour les prix des ingrédients alimentaires de base. Ceux qui retiennent leur souffle en attendant une baisse imminente des taux de la Fed devront probablement tenir jusqu’à après la récolte de maïs de cette année.
Le citoyen mexicain moyen confronté à une spirale haussière des prix de l’alimentation ne semble pas se soucier des prix de l’immobilier ou des rebonds de la Bourse mexicaine. Les Américains pourraient-ils se retrouver face à la même situation dans l’avenir ?
C’est ce que nous verrons dès demain…
Meilleures salutations,
Dan Amoss
Pour la Chronique Agora
(*) Dan Amoss est rédacteur de la lettre financière Strategic Investment, et contribue également à la lettre e-mail Whiskey & Gunpowder. Avant de rejoindre Agora Financial aux Etats-Unis, Dan travaillait au sein de la société Investment Counselors of Maryland, conseiller en investissement pour l’un des plus grands fonds d’investissement en petites valeurs des Etats-Unis ces 15 dernières années. Dan a été nommé Chartered Financial Analyst, une appellation professionnelle largement reconnue par le monde de l’investissement.
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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