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La Chronique Agora
Paris, France
Lundi 30 octobre 2006
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*** Casse-tête
Le mot d’ordre boursier de vendredi n’en était pas un…
*** La sorcière de Wall Street
C’est bientôt Halloween… une petite histoire de fantôme financier, pour se mettre dans l’ambiance…
*** Diatribe et salle de bains
Le passage du "libre-échange" au "commerce équitable" selon Bill Bonner…
*** La restructuration de l’économie américaine… à la baisse (1)
Le plus grand boom de l’immobilier américain est enfin en train de s’effondrer…
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Bonjour,
*** CASSE-TETE
** Vendredi, le mot d’ordre sur les marchés n’en était pas un ; c’était un acronyme — ou plutôt deux, l’un de trois lettres et l’autre n’en comptant que deux : PIB US.
Une introduction digne de mots fléchés, cher lecteur… mais qui aura posé un casse-tête autrement plus difficile aux investisseurs en fin de semaine dernière. Ressorti largement inférieur aux prévisions, le taux de croissance américain a plafonné à 1,6% annualisé, contre 2% attendus par les économistes. L’économie US bat de l’aile… et l’atterrissage en douceur semble tout à coup légèrement plus difficile, techniquement parlant.
De quoi commencer à dégonfler la petite bulle rose dans laquelle flottent les marchés depuis quelques semaines (le Dr Richebächer nous en dit d’ailleurs plus à ce sujet ci-dessous), en tout cas : la baisse a été unanime vendredi, sur toutes les grandes places mondiales.
Le CAC 40 a commencé par abandonner 0,69%, pour retomber à 5 396 points en fin de séance. Dans le même temps, le Footsie de Londres chutait de 0,49%, pendant qu’à Francfort, le Dax perdait 0,34%.
Et du côté des Etats-Unis, même refroidissement de l’ardeur des investisseurs. Le Dow Jones a dégringolé de 0,60%, à 12 090,26 points. Le Nasdaq, quant à lui, s’est offert une véritable descente olympique, passant à 2 350,62 points, soit une glissade de 1,20%. Le S&P ne faisait guère mieux en perdant 0,85%, à 1 377,34 points.
** Le département du Commerce US a essayé de remonter la barre avec les commandes de biens durables : +7,8% le mois dernier — c’est la plus forte progression en six ans. Dommage que cette hausse soit due à un événement exceptionnel : les commandes d’avions de ligne ont presque triplé. Malheureusement… "hors transports, les commandes ont augmenté de 0,1% seulement, après une baisse de 1,5% en août", nous apprend le site investir.fr.
Voilà qui n’augure rien de bon pour la solidité de l’économie américaine dans les mois qui viennent.
Les consommateurs américains, cependant, ne semblent pas se soucier de tout cela. Ils sont confiants, annonçait l’Université du Michigan vendredi — son indice est en hausse, à 93,6 pour octobre (contre 92,3 attendus).
** Les marchés monétaires, eux, semblent nettement moins confiants. La mauvaise performance du PIB américain a mis à mal le cours du billet vert, qui a refranchi la barre des 1,27 par rapport à la monnaie unique, pour terminer à 1,2738 pour un euro.
Les taux obligataires ont eux aussi subi le contrecoup de la déception "PIBesque" des marchés ; la détente a été générale, le rendement du bon du Trésor US à 10 ans se détendant de quatre points de base à 4,68%.
L’or, quant à lui, a bien du mal à tenir le cap. Il était à 593,75 $ l’once au premier fixing londonien vendredi, perdant 3 $ par rapport à son cours de la veille.
** Et que voyons-nous du côté du pétrole ? Le baril de WTI est en hausse à New York — il a terminé la semaine à 60,75 $.
Ce n’est pas ça qui a retenu notre attention, cependant, mais un petit article trouvé dans La Tribune : "Citic, l’une des principales structures d’investissement de l’Etat chinois, va débourser 1,9 milliard de dollars pour s’emparer des gisements pétroliers kazakhs contrôlés par le canadien Nation Energy. Elle pourrait ensuite construire une raffinerie non loin et la connecter à l’oléoduc en cours de construction devant relier la frontière chinoise. [...] L’an dernier, la compagnie pétrolière étatique chinoise CNPC s’était déjà illustrée dans ce pays voisin, en rachetant PetroKazakhstan pour 4,2 milliards de dollars".
Dans la course mondiale aux matières premières, la Chine est en train de prendre une bonne longueur d’avance…
—————————– (publ.)
Comment le marché actuel peut faire de vous un investisseur heureux…
… tout en faisant passer votre portefeuille à la vitesse supérieure !
C’est plus simple qu’il n’y paraît… il suffit de suivre les bons indicateurs : continuez votre lecture pour tout savoir…
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Les dernières nouvelles de Wall Street…
*** LA SORCIERE DE WALL STREET
** Un spectre hante Wall Street…
- Vous arrivez, prêt pour un nouveau jour au bureau. La fumée s’élève depuis les égouts de Manhattan, voilant les passants qui se bousculent dans les effluves fétides à l’intersection Wall Street et Broad. Le sol est humide, et le vent hivernal emplit les rues d’odeurs putrides.
- Alors que vous approchez de votre destination, vous remarquez une silhouette à peine visible dans le brouillard. Vous tentez de distinguer la personne qui se dirige vers vous. L’apparition, le dos voûté, se fait plus claire. Vêtue d’une robe quaker, la goule la plus crainte de Wall Street s’approche de vous.
- Avant l’apparition de tous les traders obligataires actuels, on a l’histoire de la lutte des classes… la lutte entre "ceux qui ont" et "ceux qui ont plus" — et au moment de sa mort, aucune femme sur terre n’avait plus qu’Howland "Hetty" Robinson Green.
** En 1865, à la mort de son père, lui-même riche entrepreneur dans le domaine de l’immobilier et de la chasse à la baleine, Hetty s’est retrouvée en possession de cinq millions de dollars. Avec un sens de l’épargne inné, hérité de sa famille quaker, et un sens affûté du marché, Hetty se mit à l’œuvre… pour finir par devenir la femme la plus riche des Etats-Unis.
- Quelques jours après les dernières gouttes de sang versées sur les champs de batailles de la Guerre de sécession, Hetty acheta des obligations gouvernementales à pleines poignées — une tactique d’investissement que dénoncèrent les financiers de l’époque. Tandis que le pays commençait sa reconstruction, les obligations d’Hetty, autrefois dédaignées de tous, grimpèrent en flèche, ajoutant plusieurs millions de dollars à sa richesse déjà croissante.
- Même si Hetty investissait en majeure partie dans des actions et des obligations, c’est sa perspicacité dans le domaine des prêts qui permit de faire croître sa richesse à un rythme vertigineux. Femme d’affaire avisée et souvent vindicative, Hetty ne faisait aucun compromis dans ses discussions avec les villes, les états et les individus. Lorsqu’elle soupçonnait quelqu’un de la tromper, elle annonçait : "la prochaine fois que je le vois devant une église, je lui mettrai le talon de mes souliers en satin dans la figure !"
- Parmi l’un de ses nombreux associés, on comptait l’investisseur Henry Barling. Apparemment mal traitée par Barling, Hetty supplia publiquement le Seigneur de punir le coupable. Elle se vanta : "j’ai prié pour que la méchanceté de cet exécuteur [Barling] soit rendue manifeste aux yeux de New York, et après cette prière, [il] a été retrouvé raide mort dans son lit !"
- Même si quelques âmes superstitieuses pourraient imaginer que le cercle d’influence de la Sorcière de Wall Street dépassait la juridiction purement terrestre, il semble plus probable que le malheureux ait simplement eu les nerfs fragiles. A l’époque de l’incident, l’un des critiques d’Hetty nota : "prier jusqu’à ce que Barling finisse dans la tombe, sottises ! Cette femme l’a littéralement inquiété à mort".
- La seule chose éclipsant l’énorme pouvoir financier d’Hetty Green, c’était la pléthore d’excentricités dont elle faisait preuve — et dont la moindre n’était pas son extraordinaire capacité pour l’économie de bouts de chandelle. Sa tenue, consternante, se composait d’une robe noire mangée de trous, et des bottes et gants les moins chers qu’elle pouvait trouver. Pour économiser quelques centimes, elle demanda même à une lavandière de nettoyer uniquement la partie de ses vêtements traînant dans les rues boueuses, justifiant ainsi un tarif moins cher.
- Sa prudence excessive était bien connue, et elle n’était pas plus charitable envers ses connaissances, ni même ses propres enfants.
- Malgré sa fortune de plus de 50 millions de dollars, Hetty refusa de payer le traitement de la blessure à la jambe de son fils Edward. Considérant les docteurs comme des charlatans et des menteurs, elle aurait ri devant la petite somme réclamée par le médecin de son fils, avant d’emmener ce dernier pour le soigner elle-même. Malgré l’assortiment de traitements à bas prix offerts par sa grippe-sou de mère, la gangrène ne tarda pas à s’installer, et Edward fut amputé d’une jambe.
- A sa mort, le 3 juillet 1918, Hetty avait amassé une fortune que l’on estimait à 100 millions de dollars US. Ses coffres regorgeaient de biens immobiliers de premier choix à Chicago — une pièce entière remplie de certificats d’actions et d’obligations, assortis de droits sur plusieurs gratte-ciels. Même si Hetty Green possédait plusieurs lignes ferroviaires dans l’ensemble du pays, c’est à son enterrement qu’elle voyagea avec style pour la première fois. Son corps fut transporté dans un wagon Pullman orné d’œillets blancs depuis New York jusqu’à l’endroit de son repos final, dans le cimetière familial, dans le Massachusetts.
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** DIATRIBE ET SALLE DE BAINS
** L’ancien vice-premier ministre chinois Qian Qichen, déclarait en novembre 2004, dans le journal officiel China Daily, que les Etats-Unis "rêvent, s’ils pensent que le 21ème siècle sera le siècle américain".
* Nous citons le pacha chinois uniquement en guise d’introduction à l’une de nos diatribes. Les Etats-Unis rêvent s’ils pensent pouvoir sortir gagnants de la mondialisation. Mais tout dépend de ce qu’on appelle "mondialisation", et ce qu’on veut dire par être "gagnant". Les Etats-Unis sont un producteur aux coûts élevés, tant au niveau de la main d’œuvre et de la législation que des frais généraux. Ce n’est pas nouveau, à bien des titres.
* En observant les paysages urbains américains, on trouve bien moins de grues de construction, par exemple, qu’en Asie. Là-bas, ces grues construisent des bureaux et des usines — des endroits où l’on peut gagner de l’argent. Aux Etats-Unis, les maçons travaillent bien plus près du sol — et avec bien moins d’acier et de ciment. Au lieu de faire des investissements, ils construisent des maisons — des endroits où l’on dépense de l’argent, et non où l’on en gagne.
* Cette attention accordée aux dépenses a généré un déficit d’épargne… ce qui condamne plus encore l’ancien empire. Sans leurs propres capitaux, les Etats-Unis devront dépendre des épargnants étrangers, qui ont leurs idées d’investissement. Ce qu’ils feront, et quand ils le feront, nous n’en savons rien. Mais il est peu probable qu’ils veuillent déployer une grande quantité de capitaux aux Etats-Unis.
* Les étrangers prêteront aux Etats-Unis, et y achèteront des actifs, quand cela leur convient. Mais le genre de développement qui enrichit les gens — la recherche, l’innovation, la formation, les investissements — se produira très probablement en dehors des Etats-Unis (et c’est une remarque qu’on pourrait faire de l’ensemble des pays occidentaux).
* Toutes les économies gagnent au libre-échange. Mais ceux qui gagnent le plus, sont les producteurs dont les coûts sont bas et la qualité élevée. Et de plus en plus, ces producteurs ne se situent plus en Occident.
* C’est simplement le processus général de la dégénération institutionnelle. A mesure que les économies vieillissent, elles deviennent moins compétitives… et plus chargées de parasites de toutes sortes.
* Pendant ce temps, en Asie, un employé a des exigences moins élevées… et cela coûte bien moins cher à l’employeur de les lui accorder.
* Mais lorsque ces économies dégénérées, aux coûts élevés, se rendent compte qu’elles ne gagnent plus au libre-échange, elles changent les termes de la discussion. Elles ne militent plus pour le libre échange… mais pour le commerce équitable. Elles demandent l’égalité des chances ; en d’autres termes, elles veulent que leurs concurrents soient aussi paralysés et dégénérés qu’elles !
* Les employés demandent que les produits étrangers soient fabriqués avec la même main d’oeuvre chère, organisée en syndicats. Les grandes huiles des entreprises exigent que leurs concurrents soient confrontés aux mêmes réglementations et taxes. Les consommateurs veulent penser que le pauvre agriculteur étranger obtient un tarif "équitable" pour sa production. Et les politiciens fulminent parce que les étrangers ne suivent pas les règles des gouvernements démocratiques modernes.
* Jagdish Bhagwati nous dit qu’à la fin du 19ème siècle, la Grande-Bretagne était confrontée au même genre de problème. Elle était encore l’empire en place, mais ses usines et ses commerçants perdaient des parts de marchés en faveur des Allemands et des Américains. Le Royaume-Uni aussi a essayé de changer les termes de la mondialisation, de passer du libre-échange au commerce équitable… sans succès.
* Les Etats-Unis, le plus grand client du monde, sont toujours pour la "mondialisation" — ils déclarent encore qu’ils veulent le libre-échange, même s’ils le veulent selon leurs propres termes. Nous aurions tendance à supposer que bientôt, même ces termes vont changer… de "libre" vers "équitable".
** Nous sommes rentré la semaine dernière pour découvrir que notre appartement avait été dévasté par une tornade.
* "Ne sois pas idiot", expliqua Elizabeth. "Le plombier est venu, aujourd’hui. Ils ont tout enlevé dans la salle de bain, pour pouvoir la reconstruire".
* "Qu’est-ce qui n’allait pas avec la salle de bains ?"
* "Tout allait parfaitement bien… mais qui voudrait vivre avec un tel mobilier… et du carrelage comme ça ? Il était hideux quand il a été posé, dans les années 70. Et maintenant, non seulement c’est hideux, mais en plus, c’est dépassé".
* "L’idée même d’une salle de bain stylée dépasse notre imagination", avons-nous dû confesser. "Normalement, c’est là qu’on fait ses petites affaires, non ?"
* "Ah, mais ça montre à quel point tu as perdu le contact. On passe beaucoup de temps dans la salle de bain. Et voilà plus de 35 ans qu’on travaille… et pourquoi ? Pour qu’on puisse utiliser une salle de bains horrible à regarder et déprimante ? A quoi sert d’épargner de l’argent si on ne l’utilise pas pour améliorer sa vie de manière significative et tangible ?"
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Il y a quelques mois de cela, la donne financière a radicalement changé… et les conséquences commencent seulement à se faire sentir.
Cinq en particulier représentent un danger immédiat pour votre portefeuille… tandis qu’une autre pourrait vous rapporter des profits à trois, voire quatre chiffres.
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*** La Chronique Agora présente ***
La semaine dernière, la Fed a annoncé qu’elle n’augmenterait pas les taux, pour le troisième mois consécutif ; tout le monde suppose que c’est parce que l’économie est en excellente forme. Mais d’après le Dr Richebächer, les Américains devraient enlever leurs lunettes teintées de rose et voir l’économie US pour ce qu’elle est vraiment.
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LA RESTRUCTURATION DE L’ECONOMIE AMERICAINE… A LA BAISSE — 1ère PARTIE
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Par le Dr Kurt Richebächer (*)
"Un pays en déficit absorbe, si l’on combine la consommation et l’investissement, plus que sa propre production ; dans ce sens, son économie s’appuie sur l’épargne accumulée à l’étranger. En retour, il est dans l’obligation permanente de payer des intérêts ou des profits au prêteur. Est-ce une bonne affaire ou non ? Cela dépend de l’utilisation que l’on fait des fonds. S’ils permettent simplement un excès de consommation plutôt que de production, l’économie est en route pour la ruine".
– Joan Robinson, Collected Economic Papers, Vol. IV, 1973
Le plus grand boom de l’immobilier américain est enfin en train de s’effondrer. L’impact sur l’économie commence juste à se faire sentir. La demande de maisons est en baisse radicale, tandis que le nombre de logements vides enfle — une hausse de plus de 40% pour les maisons existantes et de plus de 20% pour les maisons anciennes sur une période d’un an. La sévérité des conséquences de la bulle est désormais en jeu.
Malgré tout, l’inquiétude ne semble pas vraiment régner. On dirait que tout le monde croit que l’économie américaine est hors de danger parce que la Fed a décidé de ne pas augmenter les taux d’intérêt. Nous avançons l’interprétation suivante :
1. Ce n’est pas simplement une pause, mais la fin de toutes les hausses de taux.
2. En l’absence d’une économie en surchauffe, l’inflation est une question datant d’hier.
3. Des taux d’intérêt stables ou en baisse feront grimper les marchés.
4. La Fed ne resserrant plus les taux, la possibilité d’un atterrissage catastrophe peut être écartée.
5. Les liquidités abondantes continuent à étayer les marchés.
En déclarant que de mauvaises nouvelles économiques sont bonnes pour les marchés financiers, Wall Street est en pleine spéculation agressive. "L’économie mondiale est en bonne voie pour grimper à un rythme de 5,1% cette année, mais le risque d’un ralentissement mondial sévère en 2007 est plus fort qu’à tout autre moment depuis les attentats terroristes de 2001 aux Etats-Unis", déclare le Fonds monétaire international dans son rapport aux ministres des finances, en mentionnant deux déclencheurs possibles : un ralentissement brutal du marché immobilier US, ou bien des attentes inflationnistes en hausse qui forceraient les banques centrales à augmenter les taux d’intérêt.
En prenant cette prévision en compte, le plongeon soudain des prix des matières premières pourrait ne pas être complètement surprenant. Par ailleurs, les prix des actifs risqués et des "titres adossées créances hypothécaires" sont restés stables en dépit des problèmes évidents de l’immobilier et de la finance de consommation aux Etats-Unis. Les cours des valeurs d’organismes de prêt ont grimpé de 5% à 10% depuis la fin août. Depuis leur plancher de juin, les bourses des marchés émergents ont rebondi de 20%. Les marchés internationaux développés ont grimpé de 12%, et les marchés américains de 8% environ. La chute verticale du yen depuis mai suggère que le carry trade du yen est de retour, plus vigoureux que jamais.
Etant donné les rumeurs croissantes de menaces de récession aux Etats-Unis [rumeurs qui se concrétisent avec la mauvaise performance du PIB annoncée la semaine dernière, ndlr.], tout cela pourrait sembler plutôt surprenant. Le raisonnement sous-jacent semble supposer que cette récession sera un nouveau "passage à vide" qui forcera la Fed à faire ce que la communauté spéculative préfère : revenir à l’argent facile.
On parle de récession, mais on ne la craint absolument pas. La perception populaire semble faire confiance à l’économie américaine et à son incroyable capacité de résistance et de flexibilité. Les comptes des ménages ne sont-ils pas en excellente forme, dans la mesure où la hausse des valorisations d’actifs a dépassé — et de loin — les dettes au cours des ans ? Les aspects les plus effrayants de ces nouveaux développements, une récession plus profonde et un déclin prononcé de la croissance économique, ne sont pas encore arrivés au premier plan.
Au cours des cinq dernières années de reprise par rapport à la récession de 2001, la croissance économie américaine a été "nourrie par les actifs", comme on dit souvent. Plus précisément, des augmentations considérables et continues des prix de l’immobilier ont servi de corne d’abondance, fournissant aux ménages des facilités d’emprunts considérables permettant d’augmenter leurs dépenses. Durant des années, cela a été le seul moteur de l’économie. La Fed affirme que la valeur "retirée" des maisons par le biais des prêts hypothécaires dépasse les 700 milliards de dollars, annualisés, au cours du premier semestre 2006.
La suite dès demain…
Meilleures salutations,
Kurt Richebächer,
Pour la Chronique Agora
(*) Economiste, écrivain et banquier international respecté, le Dr Kurt Richebächer écrit régulièrement pour le Wall Street Journal, Barron’s, l’édition américaine de la Fleet Street Letter et d’autres publications financières bien établies. En France, Le Figaro lui a consacré un article pour avoir été "l’homme qui a prédit la crise asiatique".
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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