Le cash est (de plus en plus) roi

Rédigé le 8 juillet 2015 par | Bill Bonner, Inflation, dettes et récession Imprimer

▪ Le cash est roi.

C’est ce que dit le Wall Street Journal au sujet de la situation en Grèce. L’utilisation des espèces pour les transactions quotidiennes a augmenté de 44% au cours des deux derniers mois.

La production grecque s’effondre. Les banques vont se retrouver à court d’argent. Et les Grecs font la queue devant les distributeurs pour obtenir 60 misérables euros par jour. C’est comme ça : quand les choses se compliquent, les autorités prennent votre argent.

C’est pour ça que le cash est roi.

Un récent article décrivait la manière dont Uber avait « résolu le problème majeur du capitalisme ».

Quel est ce problème ? « La confiance ». Il y a des millions de voitures sur la route. La plupart d’entre elles ont quatre sièges — mais généralement seul l’un d’entre eux est occupé. Bon nombre de ces conducteurs privés seraient heureux de vous amener là où vous voulez aller, pour moins cher qu’un taxi.

Pourtant, on n’en fait rien. Parce qu’on nous a dit, enfant, qu’on ne monte pas dans la voiture d’un étranger. On ne sait pas à qui faire confiance pour nous emmener où l’on souhaite aller.

Les taxis londoniens ont résolu le problème de la confiance avec des véhicules spécifiques et une réglementation extrêmement stricte pour ses chauffeurs. Lorsqu’on entre dans un taxi londonien, le niveau de confiance est élevé : on sait avec une quasi-certitude qu’on arrivera là où l’on va de manière professionnelle.

Uber résout le problème de la confiance d’une autre manière — avec un système de notation sur Internet. Les passagers notent les chauffeurs. Les chauffeurs notent les passagers. On voit tout.

▪ La confiance, une espèce en voie de disparition

Le capitalisme a fait une avancée bien plus considérable sur le front de la confiance il y a des milliers d’années

Le capitalisme a fait une avancée bien plus considérable sur le front de la confiance il y a des milliers d’années. Il a inventé le cash. Jusque-là, les transactions étaient basées sur le crédit. Sans cash, on pouvait échanger au sein d’un petit groupe et se fier à sa mémoire pour se rappeler qui devait quoi à qui. Avec l’avènement de la monnaie moderne, on pouvait échanger avec des gens qu’on ne connaissait pas. On donnait quelque chose. On obtenait autre chose — du cash — qui pouvait à son tour être échangé plus tard.

Cette invention — la devise, généralement basée sur l’or ou l’argent-métal — était une telle avancée qu’elle a rendu possible les économies de marché sophistiquées actuelles.

Mais ce n’est du cash que si on peut l’avoir en main. Comme les Grecs viennent de le découvrir, de l’argent en banque, ce n’est pas du cash.

Le cash, c’est ce dont on a besoin quand la confiance disparaît. Avec le cash, on a des options, comme le dit Nassim Taleb. Avec du cash en poche, on peut acheter cinq litres d’essence ou une action dans une entreprise cotée. Il est à vous. Il vous appartient. Vous pouvez en faire ce que vous voulez. Mais de l’argent en banque ? C’est l’incertitude. Vous devez faire confiance au système… croire à la solvabilité de votre banque… et au fait qu’elle vous rendra votre argent quand vous le voulez.

La confiance disparaît rapidement en Grèce. Les Allemands ne font pas confiance aux Grecs. Les Grecs ne font pas confiance aux banques. Quasiment personne ne fait confiance au gouvernement.

Quel magnifique spectacle ! Très instructif, en plus.

En attendant, le cash est roi en Chine aussi. Les valeurs chinoises ont fait une pause hier après trois semaines d’effondrement. Le gouvernement fait tout ce qu’il peut, disent les journaux, mais les investisseurs s’interrogent : peuvent-ils faire confiance aux Chinois pour mettre fin à la correction ?

Le cash, c’est ce dont on a besoin quand la confiance disparaît

Un gestionnaire de fonds hong-kongais a été cité : « je pense qu’encore aujourd’hui, le parti communiste a le dernier mot sur les marchés boursiers ».

Mais attendez… si le gouvernement pouvait arrêter les corrections boursières, pourquoi s’en produit-il encore ?

Nous n’en savons rien. Mais il y a une saison pour la confiance… et une saison pour la méfiance. Il y a une saison où posséder des actifs financiers… et une saison où posséder du cash.

L’époque semble favorable au cash.

[NDLR : Alors que la confiance s’effrite, que le système donne d’inquiétants signes de fragilité et que le cash est de plus en plus indispensable… notre gouvernement cherche à réduire notre droit à disposer de notre argent comme nous le souhaitons. Assez ! Il est temps de reprendre notre argent en main et d’agir concrètement pour résister. Dites NON à la société sans cash en cliquant ici.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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