Carry trade, marchés et reines de beauté

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La Chronique Agora
Paris, France
Lundi 12 mars 2007
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*** Bonne volonté
Les marchés font une trêve, depuis quelques séances…

*** Natation synchronisée
Le carry trade en yens a du mal à surnager…

*** Carry trade, marchés et reines de beauté
Tous les booms finissent de la même manière…

*** L’inflation veut manger vos enfants (1)
Au menu pour le Mogambo Guru : inflation aux Etats-Unis et croissance de la masse monétaire…

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DES PROFITS A REPETITION QUOI QUE FASSENT LES MARCHES ?
Simple : il suffit de suivre le guide !

Ceux qui l’ont fait en 2006 s’en sont tirés avec pas moins de 173,83% de gains cumulés sur l’année… en toute simplicité.

Pour faire comme eux, continuez votre lecture…

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Bonjour,

*** BONNE VOLONTE

** Les marchés accumulent les preuves de bonne volonté, ces derniers jours — pas moins de quatre séances consécutives de hausse pour le CAC 40… qui progresse ainsi de 2,8% sur la semaine passée. Dommage qu’il ait perdu 6,5% en cinq séances la semaine d’avant…

Enfin, "à cheval donné, on ne regarde pas les dents", comme le veut le proverbe — et les investisseurs profitent de leur bonne fortune, s’enhardissant peu à peu à revenir sur les marchés.

Vendredi, ce sont les chiffres de l’emploi qui ont servi de prétexte à la hausse (j’y reviens dans quelques lignes) ; le CAC 40 a grimpé de 0,25% sur la journée, pour clôturer à 5 537,84 points, dans un joli volume de 6,3 milliards d’euros. Dans le reste de l’Europe, on était plus mitigé : alors que le FTSE londonien grimpait de 0,34%, à Francfort, le DAX reculait un peu, de 0,05%.

Côté américain, on est parvenu à grappiller quelques points ici et là, mais la hausse est tout de même restée bien timide vendredi. Le Dow Jones a grimpé de 0,13%, à 12 276,32 points, pendant que le Nasdaq restait de marbre, inchangé à 2 387,55 points. Le S&P 500, quant à lui, a enregistré une petite hausse de 0,07% pour la forme, terminant la semaine à 1 402,85 points.

** L’un des facteurs de cette hausse — outre quelques bons résultats d’entreprises — nous vient du département du Travail américain, qui a annoncé la création de 97 000 emplois en février, ce qui correspond à peu près aux prévisions des analystes (qui en attendaient 100 000). Et peu importe que ce chiffre soit le plus faible jamais enregistré depuis janvier 2005 : comme on l’apprenait ce matin dans La Tribune, les investisseurs ont surtout retenu la "bonne surprise" des chiffres des mois précédents, qui ont été "révisés en nette hausse, pour faire ressortir 146 000 embauches en janvier (au lieu de 111 000) et 226 000 en décembre (au lieu de 206 000)".

"Les créations d’emplois sont suivies avec attention par les économistes qui les jugent plus représentatives de la santé du marché du travail que le taux de chômage", nous apprend également l’article. "Ils estiment qu’il faut entre 110 000 et 130 000 créations par mois pour absorber l’augmentation de la population active. ‘L’économie a créé deux millions d’emplois depuis un an’, a souligné Philip Rones, commissaire adjoint aux statistiques sur l’emploi".

Nul doute qu’une révision arrivera bien à propos dans quelques semaines pour nous annoncer que les chiffres de février avaient été eux aussi sous-estimés…

** Une "bonne nouvelle" n’arrivant jamais seule, le département du Commerce US a fait savoir que — ô miracle — le déficit commercial américain était en voie de réduction : 59,1 milliards de dollars en janvier contre 60,4 milliards attendus, soit une baisse de 3,8%.

Une seule ombre à ce tableau, toujours en provenance du département du Commerce : les stocks des grossistes américains ont augmenté de 0,7% en janvier, contre +0,2% attendus par le consensus.

** Tout cela a provoqué quelques tensions sur le marché obligataire, qui voit ses espoirs de baisse des taux directeurs de la Fed s’amenuiser statistique après statistique. Le rendement du bon du Trésor US à 10 ans s’est ainsi tendu de sept points de base, à 4,59%.

Du côté des marchés de change aussi, les derniers chiffres économiques ont redistribué les cartes vendredi ; le dollar a ainsi terminé la séance en hausse, à 1,3114 pour un euro (contre 1,3131 jeudi dernier). Signalons au passage que le yen s’est replié lui aussi, à 118,16 pour un dollar, contre 116,10 la veille… ce qui pourrait indiquer que le carry trade a encore quelques beaux jours devant lui (Bill Bonner et Eric Fry ont d’ailleurs chacun leur avis sur la question, ci-dessous). A suivre…

** Sur le front de l’or, on ne peut pas dire que les nouvelles soient très brillantes pour l’instant. Le métal jaune s’est replié de 1,6 $ entre le premier et le second fixing londonien vendredi, pour terminer la semaine à 652,25 points.

Enfin, le pétrole a clôturé la dernière séance de la semaine sur une petite baisse ; à New York, le baril de WTI valait 60,50 $ vendredi soir, contre 61,64 $ la veille.

Françoise Garteiser,
Paris

PS : Retrouvez Philippe Béchade au 0899 707 009* dès 15h45 cet après-midi, avec une analyse approfondie de la séance en cours, un suivi de nos recommandations et la recommandation du jour : tout pour commencer la semaine boursière le plus profitablement possible !
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)

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Eric Fry vous donne les dernières nouvelles de Wall Street

*** NATATION SYNCHRONISEE

** Dans la mesure où les investisseurs professionnels peuvent emprunter de l’argent en yens à des taux d’intérêt de moins de 1% par an, ils le font. Ils empruntent l’équivalent de centaines de milliards de dollars en yens, puis achètent toute action, obligation, matière première ou produit dérivé susceptible de produire plus de 1% de revenu par an… et bien plus, de préférence. Cela s’appelle le carry trade.

- Dans la mesure où 1% n’est pas franchement infaisable, en termes d’investissement, le carry trade semble tout à fait évident pour les génies scientifiques comme pour les gestionnaires de hedge funds. Mais cette manœuvre financière à effet de levier n’est pas sans risques… même si elle peut le paraître pendant de longues périodes de temps.

- Imaginons par exemple qu’un investisseur doté d’un million de dollars veuille faire grimper cette somme à quatre millions de dollars. Il emprunte donc l’équivalent de trois millions de dollars en yens, à 1% par an (pour remettre tout ça en perspective, les obligations gouvernementales japonaises à un an ont un rendement misérable de 0,64%, tandis que celles à cinq ans rapportent 1,17% et celles à 10 ans, 1,63%). Imaginons qu’il utilise ses quatre millions de dollars pour acheter des T-Bonds US rapportant 5%. Un rendement de 5% sur quatre millions de dollars produit 200 000 $ d’intérêts. Une fois soustraits les 30 000 $ d’intérêts à payer (c’est-à-dire 1% de trois millions de dollars), l’investisseur recevrait 170 000 $ nets, soit un rendement de 17% sur son million de dollars de capital réel. Pas mal, pour des obligations.

- Mais il y a un petit souci. La valeur du yen n’est pas gravée dans la pierre. En fait, elle ne s’appuie sur rien, sinon sur les caprices des marchés financiers. Si la valeur du dollar par rapport au yen devait chuter ne serait-ce que de 4% durant une année, notre acheteur hypothétique commencerait à perdre de l’argent. Une chute de 5% entraînerait une PERTE de 30 000 $… et quelques soucis. Une baisse de 6% produirait une perte de 70 000 $… et une légère panique.

- Et n’oublions pas que dans le monde réel, la douleur subie par notre spéculateur pourrait être bien plus insupportable que le suggère notre exemple. Une chute de 6% causerait une perte immédiate de 240 000 $ (24%) de son capital, tandis que les 170 000 $ qu’il espère engranger sur cette position ne feraient qu’arriver au compte-goutte, mois après mois. Donc si notre investisseur devait subir une perte immédiate, il n’aurait peut-être pas envie de continuer à prendre des risques simplement pour récupérer ses 170 000 $ au cours des 12 mois qui suivent. Voilà pourquoi une chute de 10% dans le cours dollar/yen pourrait provoquer une ruée vers la sortie… pour une grande variété de carry trades.

- "Quelles sont les chances de voir une chute de 5% se produire ?", vous demandez-vous peut-être.

- "Nous n’en savons rien", répondrions-nous, "… sauf que ça vient juste de se produire".

- En six séances seulement — du 26 février au 5 mars — le dollar a chuté de plus de 5% par rapport au yen. Après une baisse d’une telle férocité, on ne peut plus distinguer l’œuf de la poule. Une hausse du yen (c’est-à-dire une chute du taux de change dollar/yen) produit des pertes pour tous les carry trades. Ces pertes poussent certains investisseurs à liquider leurs positions, ce qui signifie qu’ils doivent rembourser les yens préalablement empruntés. Leurs achats font grimper plus encore la devise japonaise, ce qui augmente d’autant les problèmes des autres investisseurs positionnés en carry trade. C’est le cercle vicieux.

** L’an dernier, le taux de change dollar/yen a suivi de près la tendance de prix de l’indice MSCI des marchés émergents. Il y a plus : les changements de tendance majeurs dans le taux dollar/yen ont précédé les changements de tendances sur le MSCI d’un mois environ.

- Cette connexion apparente ne signifie peut-être rien, en termes quantitatifs. Ce pourrait être un accident. Mais si l’on supposait un lien entre les deux, quel pourrait-il être ?

- Peut-être le fait qu’une chute de la "croix dollar/yen" (terme technique employé par les traders professionnels) reflète, à la marge, le remboursement des emprunts en yens finançant les carry trades. Chaque fois que les spéculateurs clôturent leurs emprunts en yens, ils vendent également les actifs financés par leurs emprunts. Un procédé identique fonctionnerait dans une situation inverse : une vague d’emprunt de yens permettrait une vague d’achat d’actifs.

- Et dans la mesure où un yen emprunté aujourd’hui ne doit pas nécessairement être investi immédiatement, il n’est pas difficile d’imaginer qu’un délai se produirait entre une vague d’emprunts de yens et une vague d’achats d’actifs. Le processus opposé pourrait lui aussi se produire après un délai. Mais il y a une différence très importante entre acheter des yens pour financer la spéculation et rembourser ces yens.

- L’emprunt de yens ne se produirait jamais dans des conditions difficiles ; le remboursement de ces yens, si. En fait, c’est probablement ce qui s’est passé il y a une dizaine de jours. Si les actifs financés en yens chutaient soudain sévèrement, cette glissade pourrait facilement produire le genre de pertes qui déclencherait un débouclage forcé des positions spéculatives — y compris celles financées par les yens.

- Nous trouvons donc curieux que la croix dollar/yen ait adopté une relation si proche, en termes temporels, avec la tendance des marchés boursiers mondiaux. Ces derniers temps, ces deux facteurs financiers ressemblent à des nageurs synchronisés — qui auraient du mal à surnager.

- En fait, on dirait même que le carry trade en yens est sur le point de se noyer… entraînant son partenaire sous l’eau avec lui.

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** CARRY TRADE, MARCHES ET REINES DE BEAUTE

** Vive l’imprudence ! Longue vie aux Reines de Beauté !

* La nouvelle la plus significative, vendredi, a été la manoeuvre de la Banque centrale européenne, qui a mis son taux directeur à 3,75%, avertissant d’une hausse de l’inflation.

* Cela met exactement 325 points de base entre le yen et l’euro. Un spéculateur peut encore emprunter en yens, changer tout cela en euros et prêter l’argent — empochant 3,25% de marge. En utilisant l’effet de levier avec assez de sottise, il peut faire grimper ce rendement jusqu’au point où il est quasiment certain de se ruiner.

* Le carry trade en yens n’est pas mort !

* Mais nous ne sommes pas de prestigieux spéculateurs internationaux, à la Chronique Agora. Nous sommes des besogneux pesants et casaniers, plus intéressés par les rendements de la laverie du coin que par le carry trade.

* Tout de même, des papillons font battre leurs ailes chatoyantes partout dans le monde de la finance. L’un d’entre eux finira fatalement par provoquer un cyclone quelconque.

* Ainsi commencent nos réflexions en ce paisible début de semaine.

* Si les investisseurs pensent pouvoir gagner de l’argent en investissant en euros, ils devraient se tourner vers le dollar néo-zélandais. Les Kiwis ont augmenté leurs taux eux aussi — montrant le même zèle dans la guerre préventive contre l’inflation. L’écart entre une position à découvert en yens et une position longue en dollars néo-zélandais est de précisément 700 points de base. Voilà qui nous semble être de l’argent facile… tant que rien ne tourne mal.

* Et rien ne tourne jamais mal… jusqu’à ce que quelque chose tourne mal. Nous avions l’œil sur le yen, parce que nous le considérions comme LA chose qui tournerait probablement mal. A un moment ou à un autre — peut-être depuis la semaine dernière — les investisseurs commenceront à devenir un peu nerveux. Et lorsqu’ils deviendront nerveux, avons-nous raisonné, ils se hâteront d’abandonner leurs spéculations risquées. Dans la mesure où ils sont tous positionnés à découvert sur le yen, ils devront nécessairement en racheter pour déboucler leurs positions. Cela forcerait le yen à grimper.

* Et le yen a grimpé. Si sa hausse se poursuit, cela signalera l’effondrement du carry trade… tout en précipitant sa chute.

* Le calcul est élémentaire. Disons que vous avez un million de dollars à placer dans cette transaction. Vous faites jouer l’effet de levier pour emprunter dix millions de dollars en yens. Vous investissez ces dix millions pour acheter des obligations libellées en dollars néo-zélandais. Si tout se passe bien, en données brutes, vous gagnez un rendement net de 700 000 $ — ou 70% de votre investissement original.

* Mais que se passe-t-il si c’est le yen qui grimpe ? Aïe aïe aïe… ce sont 700 000 $ supplémentaires à rembourser. Et voilà que vous avez perdu 70% de votre investissement original.

** Oui, cher lecteur, nous vivons dans un monde cruel et trompeur, même si personne d’autre ne semble s’en apercevoir. Alors que notre drapeau d’"Alerte au Krach" est toujours hissé… alors que le monde a perdu l’équivalent de 2 500 milliards de dollars sur les marchés il y a une dizaine de jours… alors que le yen poursuit sa hausse inquiétante… nous voyons peu de signes montrant que les investisseurs ont compris le message. La plupart d’entre eux pensent que le flot de liquidité actuel continuera de couler éternellement, et que les favorites des investisseurs — les actions, les obligations, les oeuvres d’art, l’immobilier — resteront éternellement reines de beauté. Eternellement jeunes. Belles pour toujours. Oh, cher lecteur… si seulement ça marchait comme ça !

* Et ici, nous allons vous confier un petit secret. Pssst… ne le dites à personne… mais les actions vont se fatiguer et chuter. En particulier ces jolies petites beautés asiatiques. Les obligations aussi. Et l’art ? Les belles du jour seront has been demain… rejetées, ignorées, négligées — comme la mère de la reine du bal !

* Même l’immobilier va faner et passer de mode. C’est déjà en train de se produire. Tout doucement, les prix baissent… et les prêts tournent au vinaigre. Ce n’est peut-être pas encore la fin, ni même le début de la fin, mais c’est sûrement la fin du début pour le boom de l’immobilier US.

* Notre vieil ami Marc Faber déclare qu’il a vécu pas moins de quatre booms financiers MAJEURS durant son existence. Il y a eu le boom des matières premières et des métaux précieux dans les années 70… puis le boom des actifs japonais dans les années 80… ensuite la folie des marchés émergents durant la période 1990-1998… et, enfin, la bulle des technologiques et des télécoms durant l’ère 1990-2000. Durant chacun de ces booms, les gens pensaient que les beaux jours dureraient toujours, "parce qu’il y avait tant de nouvel argent qui affluait".

* Aujourd’hui, c’est exactement ce que disent les gens au sujet de la Chine, de l’art et de l’immobilier londonien — sans parler des actions et des obligations d’une manière générale. Mais chaque bulle a éclaté… et ses étoiles les plus brillantes — ses meilleures entreprises… ses meneurs de marché… ses reines de beauté… et ses rois de la jet-set — ont rapidement disparu de la une des journaux. Lorsqu’on les a retrouvés, c’était dans des entrefilets… c’est-à-dire dans des articles concernant la revente, le refinancement et la faillite.

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IL N’Y A PAS QUE LE CAC 40, DANS LA VIE !
L’indice national n’est en fait qu’une toute petite partie de la place parisienne — et de loin pas la plus rentable.

Et jusqu’à présent, on entendait rarement parler des actions les plus profitables… des valeurs qui peuvent pourtant augmenter vos gains de 74%… 53,8%… 35,14%… 43,17%… 60%… voire plus.

Désormais, vous pouvez en profiter vous aussi : un clic suffit…

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*** La Chronique Agora présente ***

Le Mogambo déverse opprobre et mépris sur les derniers chiffres de l’inflation aux Etats-Unis et sur la croissance purulente de la masse monétaire…

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L’INFLATION VEUT MANGER VOS ENFANTS — 1ère PARTIE
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Par le Mogambo Guru (*)

Cette semaine, le gagnant du concours du Conseil Financier le Plus Concis Contenu dans Un Titre nous vient de Michael Dawson, de TheTimeAndMoneyGroup.com. Il dit : "Profitez des entreprises qui vendent ce que les Chinois veulent". Tout est dit !

Une chanson disait : whatever Lola wants, Lola gets ["ce que Lola veut, Lola l'obtient", ndlr.] — impliquant que cette Lola était si ravissante que le hommes voulaient lui offrir des cadeaux, qu’elle acceptait avidement avant d’en demander plus, et je lui donnais, plus et plus encore, jusqu’à ce que tout mon argent ait disparu et que je sois forcé de vider mon épargne retraite, voler de l’argent dans le porte-monnaie de ma femme et inventer des raisons de refuser leur argent de poche aux enfants ("des radiations solaires ont rendu l’argent radioactif !"), pour pouvoir tout lui donner, à elle. Sauf qu’elle ne s’appelait pas Lola — en fait, pour autant que je m’en souvienne, elles avaient plusieurs noms, dont aucun n’était Lola. Bref, l’idée, c’est que 1) ce titre dit tout ce qu’il y a à savoir et 2) il n’y a rien à rajouter quand on sait que Lola et Chinois ont chacun deux syllabes.

Et je pense que Lola comme les Chinois termineront avec l’intégralité de mon argent — et du vôtre… Après quoi, ce sera "adieu pigeon !" comme toujours.

Si vous en avez assez de mes harangues constantes et irritantes en faveur des actions pétrolières, qu’il faut acheter d’une manière ou d’une autre, selon mes Stupides Instructions Mogambo (SIM), j’ai la fierté de vous présenter John Loeffler, qui accompagne James J. Puplava dans l’émission Financial Sense Newshour, et soutient la cause du Peak Oil en déclarant que lorsqu’on considère la production pétrolière, "si l’on regarde le nombre de pays ayant atteint leur pic par rapport à ceux pour qui ce n’est pas le cas, jusqu’à présent, 64 pays ont atteint leur pic pétrolier ; 36 n’y sont pas encore".

Je sais ce que vous pensez ; vous êtes en train de vous frotter le menton en vous disant "deux tiers en moins ? Hmm, peut-être que cet Idiot de Stupide Mogambo (ISM) a déniché quelque chose de significatif, avec sa recommandation d’acheter le pétrole !" Et vous auriez raison !

Mais si vous continuiez en vous disant "peut-être que cet ISM n’est pas aussi bête que je le croyais", vous auriez — vous m’en voyez désolé — tort.

Par ailleurs, je suis sûr que vous avez déjà entendu parler du fait que le Bureau US de l’emploi a rapporté que l’Indice des prix à la consommation urbains (CPI-U) avait augmenté de 0,3% en janvier. Ou peut-être avez-vous entendu mon hurlement d’angoisse, suivi de ma Violente Crise d’Hystérie Mogambo (VCHM), lorsque j’ai entendu ce chiffre ; on en a parlé en première page de nombreux journaux !

Enfin, quoi qu’il en soit, les dernières publications montrent qu’au niveau annuel, le chiffre de janvier pour cet indice, 202,4, était 2,1% plus haut qu’en janvier 2006.

En réalité, personne ne croit que l’inflation soit vraiment aussi basse, et le gouvernement américaine a déjà admis à plusieurs reprises qu’il ajuste les statistiques de l’inflation selon plusieurs critères "hédonistes" — tous plus visqueux les uns que les autres. Cela signifie que l’inflation dépasse de loin les 3%, un nombre que j’ai choisi parce qu’historiquement, c’est à ce niveau que les gens intelligents commencent à paniquer dans les rues… que les autorités politiques et monétaires, honteuses, se font virer… et que le chaos règne partout — la majeure partie provenant du Mogambo, qui braille sans cesse : "je suis votre roi ! Amenez-les devant moi, et je leur règlerai leur compte".

Mais on n’en est pas encore là, comme nous le verrons dès demain…

Meilleures salutations,

Le Mogambo Guru
Pour la Chronique Agora

(*) Richard Daughty est associé gérant et directeur d’exploitation pour Smith Consultant Group, qui sert les secteurs financier et médical. Il est également l’auteur de la lettre d’information économique Mogambo Guru, un exercice visant à accumuler les sarcasmes sur ceux qui le méritent largement. Le Mogambo Guru est souvent cité dans le journal Barron’s ou dans le Daily Reckoning, l’équivalent américain de la Chronique Agora.

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(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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