Une bulle d'insouciance sur les marchés | La Chronique Agora


Une bulle d’insouciance sur les marchés

Rédigé le 20 juillet 2018 par | Bill Bonner, Deep State, Guerre Commerciale, Liberalisme Imprimer

L’inflation monte, le pouvoir d’achat baisse, la Chine connaît sa plus grosse faillite d’entreprise, l’immobilier chute, la guerre commerciale plombe l’activité mais le marché reste haussier…

Nous avons craché dans nos mains et attaqué un toit de grange hier. Ce bâtiment de pierre est abandonné depuis au moins 100 ans. Dans les environs, personne n’a le souvenir qu’il ait été utilisé. Nombre de gens ne savaient même pas qu’il était là.

Mais les murs de pierre sont encore à peu près intacts. Dans la mesure où nous avons besoin d’un endroit où ranger des outils et du bois de chauffage, nous avons décidé d’installer un nouveau toit en priorité – nous nous soucierons du reste plus tard.

La première étape est de nettoyer le sommet des murs, envahis de racines… et même d’arbres… afin de pouvoir les réparer. Nous allons démonter la rangée de pierres supérieures, que nous reposerons ensuite sur une nouvelle couche de ciment. Nous fixerons alors une plaque de bois sur l’ensemble, qui servira de base pour des chevrons et le reste du toit.

Les renforts arrivent. L’un de nos fils vient aujourd’hui pour nous aider. Un autre arrivera samedi.

Une grange irlandaise abandonnée, le dernier projet en date de Bill

Trahison au plus haut de l’Etat ?

Dans le même temps, les marchés boursiers se montrent remarquablement insouciants, ces derniers jours.

Ils n’ont pas été troublés par le fait que le président des Etats-Unis a été accusé de trahison par l’ancien directeur de la CIA. Selon Fox News :

« L’ancien directeur de la CIA John Brennan a sorti un tweet cinglant sur le président Trump suite à la conférence de presse de lundi avec Vladimir Poutine, dénonçant ses commentaires ‘imbéciles’.

Brennan a déclaré que les remarques de Trump concernant le fait que Poutine s’était montré ‘extrêmement fort et puissant’ dans ses démentis d’ingérence n’étaient ‘rien d’autre qu’une trahison’. »

Le plus grand défaut sur une dette jamais enregistré en Chine les a laissés tout aussi imperturbables. Bloomberg :

« La Chine a enregistré ce mois-ci l’un de ses plus grands défauts d’entreprise, suite à l’effondrement d’une minière de charbon qui avait profité de la vague de crédit du pays jusqu’à ce que les législateurs changent les règles du jeu avec leur campagne de désendettement.

Comment l’entreprise a accumulé une ardoise de 72,2 Mds de yuans (10,8 milliards de dollars) qu’elle ne peut désormais pas régler illustre pourquoi cette année sera la pire jusqu’à présent, pour la Chine, en matière de défauts d’entreprises ».

Les marchés n’ont pas été plus tracassés par la guerre commerciale et l’estimation du FMI, selon qui elle pourrait coûter à l’économie mondiale près de 500 milliards de dollars… ou par le fait que le plus grand perdant pourrait bien être les Etats-Unis d’Amérique. Dans The Guardian :

« L’accroissement des tensions commerciales entre les Etats-Unis et le reste du monde pourrait coûter à l’économie mondiale 430 milliards de dollars, les Etats-Unis étaient ‘particulièrement vulnérables’ à une escalade dans la guerre des taxes douanières, a averti le Fonds monétaire international ».

Le citoyen moyen perd du terrain

Il y a également le problème de l’inflation croissante. Les derniers chiffres de l’IPC américain – 2,9% – signifient que les Américains de la classe ouvrière perdent désormais du terrain. Le Washington Post :

« L’inflation à 2,9% pour les 12 mois s’achevant en juin est le signe d’une économie en croissance mais c’est aussi une évolution douloureuse pour les travailleurs, dont les gains de salaires médiocres n’ont pas suivi le rythme de la hausse des prix.

Les coûts de l’alimentation, du logement et du carburant ont tous connu une augmentation significative sur les 12 derniers mois. Le carburant a grimpé en flèche, de plus de 24%, les loyers pour la résidence principale ont augmenté de 3,6% et les repas dans les restaurants et cafétérias ont grimpé de 2,8% ».

Et qui se soucie que nous nous dirigions vers une nouvelle débâcle immobilière ? CNBC :

« Le marché immobilier le plus âpre et le plus concurrentiel de ces dernières décennies pourrait être enfin en train de desserrer l’étau, et cela pourrait mettre la pression sur les prix de l’immobilier, en surchauffe. L’offre de logements à vendre au deuxième trimestre 2018 – le ‘marché de printemps’, extrêmement important – a augmenté trois fois plus vite qu’à la même période en 2017, selon Trulia, une société de recherches en immobilier.

Les demandes de prêts dans le neuf se sont effondrées de près de 9% en juin par rapport à juin 2017, selon l’Association américaine des prêteurs immobiliers. Cela suggère une baisse des ventes de nouvelles maisons à venir, en dépit de prix plus élevés ».

Que peut faire le Deep State ?

Ah oui… et n’oublions pas là où nous nous sommes arrêté hier.

Le Deep State est aux commandes des finances américaines. En tant qu’activiste gagnant-perdant, il doit prendre de la richesse à M. et Mme Tout-le-Monde pour la mettre dans ses propres poches. [NDLR : Pourquoi faire systématiquement partie des victimes – alors que vous pourriez détourner les méthodes du Deep State à votre propre profit ! Cliquez ici pour avoir toutes les explications : des gains à trois chiffres pourraient vous attendre…]

Hélas, les travailleurs renâclent devant les hausses d’impôts. Et l’économie – qui ploie sous les fardeaux imposés par autant de régulateurs autoritaires et d’initiés sans scrupules – ne produit plus de récoltes abondantes aussi facilement que par le passé.

Que peut faire le Deep State ? Emprunter !

Ces 30 dernières années, la dette US a augmenté deux fois plus rapidement que le PIB. Par ailleurs, le gouvernement fédéral a ajouté 1 200 milliards de dollars à sa dette rien que sur les 12 derniers mois, afin que les gens contre lesquels Eisenhower nous avait mis en garde – les sous-traitants de la défense et leurs compères au Pentagone – puissent recevoir plus d’argent.

Le navire est en train de couler dans des eaux froides et boueuses, cela ne fait aucun doute.

Alors pourquoi les prix des actions grimpent-ils ? M. le Marché sait-il quelque chose que nous ignorons ? Ou bien est-il en train de commettre l’une de ses Grosses Erreurs périodiques ?

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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