Brett Kavanaugh brûlé vif en place publique

Rédigé le 2 octobre 2018 par | Deep State Imprimer

Hier matin, les employés municipaux ont installé un bûcher sur la pelouse du Capitole, à Washington, et répandu du petit bois tout autour, pour que ce soit un petit feu… qui brûle lentement.

Brett Kavanaugh a été dûment ligoté au poteau, les yeux grands ouverts… Il n’a pas demandé pardon, ni imploré que Dieu lui accorde la rédemption.

La première allumette a été allumée par Christine Blasey Ford, lorsqu’elle a prêté serment et commencé à témoigner devant une assemblée de sénateurs arborant un air grave, et faisant tous comme si le destin de la nation pesait sur ses épaules. Mme Ford a joué le jeu, en citant son « devoir de citoyenne » qui exigeait de raconter ce qui lui était arrivé il y a 36 ans, dans la chambre d’une banlieue résidentielle.

Mme Ford dit que M. Kavanaugh a tenté de la violer. M. Kavanaugh le nie. De toute évidence, l’un d’eux fait un faux témoignage.

Pour deviner lequel, le vénérable comité, ainsi que le pays tout entier, a été invité à consacrer 100 millions d’heures de sa plus précieuse et irremplaçable ressource : le temps.

Les membres du comité se sont donnés énormément de mal pour traiter Mme Ford avec le type de respect prudent que l’on réserve habituellement à des fous furieux armés. Personne n’avait envie de rejoindre M. Kavanaugh sur le bûcher. Ils ont applaudi son « courage » et l’ont remerciée, telle une héroïne, d’avoir révélé son histoire.

Nous avons eu des doutes. Nous nous sommes demandé ce qu’une femme vraiment courageuse aurait fait. Est-ce vraiment une bonne idée, d’éliminer les juges à la Cour Suprême, sur la base de vieux souvenirs perturbants que l’on ne peut prouver ?

Un scandale à l’enjeu aussi insignifiant qu’une émission de téléréalité

N’aurait-elle pas dû en parler à ses parents… au risque de les mécontenter, mais d’avoir une chance que le mal qui avait été fait soit réparé ? Ou peut-être même d’oublier ce « rire tonitruant »… et de laisser de côté cet incident en le considérant comme une expérience de la vie. (N’allez pas dans les soirées où les adolescents se saoulent !)

A la place, Mme Ford a fait de ce rire une musique de fond – un générique, quasiment – tout au long de son existence. Cela expliquait tant de choses, a-t-elle dit : ses problèmes à l’université et avec les hommes… la thérapie… et même sa profession.

Et à présent, devant toute la nation… elle avait enfin l’opportunité de faire cesser cet horrible bruit… pour enfin prendre sa revanche… pour enfin obtenir justice… et pour enfin confirmer que toutes ses larmes et peurs étaient authentiques et en valaient la peine.

Quel magnifique moment de l’histoire de la téléréalité ! Mme Ford… juvénile, même à la cinquantaine… et encore si fragile et vulnérable…

Mais elle démolissait un candidat à la Cour Suprême, elle saccageait sa carrière, sa réputation et sa dignité. Et tout cela sur la base d’un vieux souvenir. A l’image d’un vieux canapé : il a sûrement été retapissé, et peut-être même plusieurs fois. M. Kavanaugh n’a pas semblé reconnaître les faits.

Mais les évènements de cette journée de cirque se sont achevés de façon satisfaisante. Les caméras ont été ravies et les voyeurs contents, lorsque M. Kavanaugh a sangloté de douleur et de colère, alors que les flammes lui grillaient les pieds.

« Tout cela me rend malade », a dit un ami.

Ici, à La Chronique, nous n’avons aucun moyen de savoir si M. Kavanaugh est un ange ou un démon. Mais qui s’en soucie ? Les enjeux sont insignifiants.

Par le passé, on ne demandait pas aux candidats à la Cour Suprême de quelle façon ils traitaient leurs femmes, ou ce qu’ils avaient fichu lorsqu’ils étaient adolescents. Bon nombre d’entre eux étaient probablement des mufles et des vauriens ; mais d’une façon ou d’une autre, la République a survécu. Un vaurien de plus ne changera rien.

La Cour Suprême ne joue pas son rôle face au Deep State

Le véritable problème est le suivant : la Cour Suprême manque à son devoir depuis ces 80 dernières années.

Elle n’a pas réussi à défendre la Constitution face à ce qu’Eisenhower appelait « l’influence illégitime, et ce que nous appelons le Deep State.

Et aujourd’hui, pas une personne représentant une menace sérieuse pour le Deep State – Républicain ou Démocrate – n’est autorisée à s’approcher d’un siège à la Cour Suprême, de près ou de loin.

Pendant ce temps, le spectacle continue. Les Etats-Unis s’endettent au rythme de quatre milliards de dollars par jour ouvrable. Le marché haussier, à Wall Street, et l’expansion économique, à Main Street, arrivent tous deux à leur terme : avec 250 000 milliards de dollars de dettes dans le monde. [NDLR : Notre insider du Deep State américain, Jim Rickards, pense que les élites internationales nous conduisent à la faillite. Découvrez comment en lisant son livre qui vous sera envoyé gratuitement, en cliquant ici.]

Le président pense que le Canada – pays avec lequel nous n’enregistrons aucun déficit commercial – a triché avec les Etats-Unis depuis des décennies.

Il pense également que les Etats-Unis perdent 800 milliards de dollars par an à cause de mauvais accords commerciaux (nous envoyons aux étrangers de l’argent falsifié et ils nous envoient des marchandises réelles).

Mais il a dit aux Nations-Unies que l’économie américaine s’en sortait bien…

La Fed est délirante, elle aussi. Aussi bonne l’économie soit-elle, elle pense pouvoir l’améliorer encore en relevant le taux directeur pour l’amener à peu près au même niveau que l’inflation des prix à la consommation.

Au début du siècle, tout ce spectacle idiot aurait été jugé grotesque.

Personne ne se souciait de la vie sexuelle d’un juge à la Cour Suprême ; on se souciait seulement de savoir si c’était un bon juge. Personne ne se souciait de ce que le président pensait du commerce entre le Canada et les Etats-Unis : ce n’était pas ses affaires.

Et pas une personne n’aurait imaginé que le Président des Etats-Unis lui dise avec qui elle pouvait réaliser des échanges commerciaux (aujourd’hui, les Etats-Unis « sanctionnent » 30 pays).

Ou que la Fed – nous n’avons même pas eu de banque centrale avant l’année 1913 – déciderait qui gagne de l’argent et qui n’en gagne pas, en transférant 4 000 milliards de dollars d’argent falsifié aux riches et pas un centime aux travailleurs.

Mais c’était avant.

Là, c’est aujourd’hui.

Et aujourd’hui, nous vivons au milieu du tintamarre d’un festival d’absurdités permanent.

Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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Un commentaire pour “Brett Kavanaugh brûlé vif en place publique”

  1. Tellement vrai…

    Par contre au sujet du déficit commercial, l’échange ne se résume pas à  » nous envoyons aux étrangers de l’argent falsifié et ils nous envoient des marchandises réelles « , sur ces 800 milliards par an de déficit commercial, une large partie est utilisé pour acheter des actifs bel et biens réels. Donc ce déficit commercial signifie que les américains vendent peu à peu des actifs en échange de biens de consommation (excepté pour la part du déficit commercial qui est couverte par les revenus des investissements réalisés à l’étranger).

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