Brésil : investir au-delà du scandale

Rédigé le 10 juin 2016 par | Article, Croissance, pays émergents, Investissement Imprimer

Ces six dernières années ont bien malmené les actions des marchés émergents… particulièrement les actions du Brésil.

Au cours des cinq dernières années, le MSCI Emerging Markets Index a reculé de 20% tandis que le MSCI Brazil Index a dégringolé trois fois plus.

Un marché submergé

Mais peut-être un inversement de tendance se profile-t-il et le Brésil pourrait bientôt mieux performer que les autres marchés émergents.

La clé de cette potentielle meilleure performance est le scandale. Oui, vous avez bien lu, le scandale. La plupart des investisseurs le fuient alors qu’ils devraient au contraire se ruer sur lui.

En 1948, ils ont divisé votre monnaie par deux…
En 1957, ils ont récidivé — et l’ont divisée par 10…
En 2002, ils ont fait disparaître vos francs…

En 2016… ils viennent prendre votre cash !

Et si vous avez un compte en banque — que ce soit à la Société Générale, à la BNP, au Crédit Lyonnais ou même à la Banque Postale, il n’y a aucune issue…

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Un scandale énorme, ou une suite de scandales, peut créer le genre de panique qui provoque l’effondrement du cours des actions… qui s’effondrent encore plus… jusqu’à ce qu’une belle opportunité d’achat apparaisse.

Ces dernières années, le Brésil est devenu synonyme de scandale

Ces dernières années, le Brésil est devenu synonyme de scandale. Résultat : sa monnaie et son marché boursier ont fortement chuté. Par conséquent, peut-être une opportunité d’achat est-elle en train de se présenter. Etudions cela de plus près…

Le scandale Petrobras a été le premier grand scandale brésilien de ces dernières années à faire les gros titres. Ce système de plusieurs milliards de dollars de blanchiment d’argent et de pots-de-vin remonte à plusieurs années au sein même de la compagnie pétrolière nationale Petrobras. Il profitait à des dizaines de chefs d’entreprises et de hauts responsables politiques brésiliens.

Les personnes impliquées dans le scandale ont détourné des fonds avec tant de succès que cela a poussé Petrobras au bord de la faillite. Encore aujourd’hui, Petrobras est loin d’être sorti d’affaire. Mais l’opération de nettoyage est en cours et une partie des fraudeurs sont aujourd’hui derrière les barreaux… ou s’y dirigent.

Même la présidente du Brésil est impliquée

Malheureusement, plus la justice brésilienne essaie de nettoyer ses scandales de corruption, plus elle en tombe sur de nouveaux. La présidente Dilma Rousseff elle-même n’est pas restée au-dessus de tout soupçon.

Rousseff a été accusée d’utiliser des fonds de banques d’Etat pour couvrir les déficits budgétaires. Cette révélation a déclenché une tempête de protestations (avec entre autres de grandes manifestations) et finalement cela a poussé les deux chambres du Congrès brésilien à voter la procédure de destitution de Rousseff, dont la réputation est à présent ternie.

La présidence de Rousseff est suspendue depuis le 12 mai. Dans l’attente de sa possible destitution, le président par intérim Michel Temer a pris les rênes du gouvernement…

Pourtant la série noire des scandales continue. Il y a quelques jours, le ministre « anti-corruption » a démissionné… du fait d’allégations de corruption. Fait notable, ce ministre (officiellement de la transparence) avait été nommé par Temer il y a trois semaines seulement.

Malencontreusement, les scandales de corruption au Brésil ont commencé à perturber le pays au moment même où les prix des matières premières ont commencé à chuter par rapport à leurs plus hauts de 2011. Cette chute est une très mauvaise nouvelle pour une économie comme celle du Brésil, dépendante des ressources. Si on ajoute à tout cela une pincée de corruption plus un soupçon de scandales on obtient la recette idéale pour une déstructuration de marché.

Le MSCI Brazil Index a perdu plus de 60% (en dollars US) par rapport à 2011. A un niveau si bas, les actions brésiliennes sont comme un ressort tendu. La plus ténue amélioration économique liée au moindre début de stabilité politique pourrait détendre ce ressort et offrir d’importants gains boursiers.

Calculé sur la base de la plupart des mesures de valorisation, le MSCI Brazil Index s’échange environ 25% en dessous de ses valorisations moyennes sur ces 10 dernières années. Par conséquent, si les bénéfices des entreprises regagnent 18% par an les deux prochaines années, comme s’accordent à le prédire les compagnies d’investissement brésiliennes, et que les valorisations boursières reviennent simplement à des niveaux moyens, les actions brésiliennes pourraient grimper de plus de 85%. Ce chiffre hypothétique ne comprend pas les bénéfices qui pourraient provenir du renforcement du réal brésilien.

Pour résumer, au vu des conditions économiques et politiques au Brésil, grevées par les scandales, les raisons de vendre ses actions sont innombrables. Mais l’investisseur long terme devrait regarder au-delà des scandales et commencer à reconsidérer les titres brésiliens.

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Eric J. Fry
Eric J. Fry
Rédacteur en Chef d'Apogee Research

Eric J. Fry  s’occupe d’Apogee Reserch, une publication en ligne réservée aux investisseurs professionnels et aux fonds de couvertures. Eric est un spécialiste de l’analyse des actions internationales depuis plus d’une vingtaine d’années. Il est l’auteur du premier guide sur les certificats de dépôt américains.

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