Blitzkrieg, short squizz et autres jeux couteux !

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La Chronique Agora
Paris, France
Lundi 16 juillet 2007
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*** Blitzkrieg, short squizz et autres jeux couteux !
Ce qu’on ne vous dit pas sur la journée, historique, de jeudi 12 juillet

*** Il faut se méfier de l’eau qui dort…
… pas de celle qui croupit

*** Aucune confiance (1)
… en la réalité ?

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Gagner 679% en une semaine sur une action qui ne grimpe que de 33%…
…IMPOSSIBLE ?

Croyez-le ou pas, mais des choses de ce genre sont tout à fait possibles pour quelques personnes bien informées. Des gains de 102,94%, 90,48%, 101,94%, 93,06%, 180,96% et même 679% s’accumulent, permettant à ces "initiés" d’engranger de véritables fortunes.

Et aujourd’hui, il ne tient qu’à vous de rejoindre ces privilégiés : un clic suffit…

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Bonjour,

*** BLITZKRIEG, SHORT SQUIZZ ET AUTRES JEUX COUTEUX !

** Des clameurs de joie, des salves d’applaudissements, des fiches d’ordres hachées menues et jetées telle une pluie de confettis ont salué le retentissement de la cloche puis le coup de maillet clôturant symboliquement la séance du jeudi 12 juillet dans les travées du New York Stocks Exchange.

Ce fut une de ces journées de bourse comme les traders, les gérants, les journalistes en vivent une fois tous les dix ans : tous s’accordaient à la juger historique à tous points de vue… et les vendeurs à découvert s’en souviendront comme d’une des plus monumentales déculottées des 20 dernières années !

Soulevé par un véritable raz-de-marée de rachats de positions short (vendeuses), le Dow Jones a littéralement explosé à la hausse, enregistrant sa plus forte progression en "intra day" depuis octobre 2003, et la résistance des 13 690 points a volé en éclat ! L’indice affichait jusqu’à +285 points à quelques secondes de la clôture : un tel écart n’a été constaté que 18 fois depuis sa création (pour être franc, le DJ n’est en mesure de prendre ou perdre 300 points que depuis le milieu des années 80).

En revanche, la dernière hausse collective supérieure à 2% remonte bel et bien au 1er octobre 2003 et, pour le S&P-500, l’envolée de +1,9% de ce 12 juillet est effectivement la plus spectaculaire depuis cinq ans (tant en matière d’écarts que de volumes) : un record historique a également été pulvérisé (à 1 547 points, à comparer avec le zénith des 1 527 points de mars 2000), mais il ne dépasse le précédent zénith annuel que de 7 points (soit +0,5%).

** Les acheteurs, rassurés sur les ventes de Wal-Mart ou de JC Penney qui indiquent un rythme soutenu de la consommation, ont également surfé sur l’impact psychologique positif découlant de la surenchère de Rio Tinto sur Alcan (une OPA amicale de 38 milliards de dollars) : c’est 10 milliards de dollars de plus que l’offre initiale d’Alcoa… qui annonçait jeter définitivement l’éponge juste après la clôture, et se concentrer sur un plan de rachat massif de ses propres actions.

Une autre rumeur est venue doper en cours de séance le secteur des valeurs financières : l’une des firmes les plus emblématiques du big business, le maître d’œuvre incontesté des plus grosses opérations de fusions & acquisitions aux USA, des raids boursiers les plus audacieux sur l’ensemble de la planète durant des décennies, pourrait à son tour faire l’objet d’une OPA hostile !

Il s’agit, vous l’aurez peut-être reconnue, de la vénérable Banque Lazard qui s’était introduite à Wall Street il y a deux ans sous l’impulsion de Bruce Wasserstein. Ce fut un choc culturel sans précédent pour ses richissimes associés gérants qui n’ont cependant pas eu à se plaindre des montants perçus — des centaines de millions de dollars — lors cette IPO.

La capitalisation de Lazard (USA) n’est que de 2,4 milliards de dollars, ce qui apparaît ridiculement faible pour une banque d’affaire aussi influente. C’est en effet elle qui gère par exemple le mandat de vente de La Tribune confié par Bernard Arnault, et elle travaillerait actuellement sur une affaire de 30 milliards de dollars… Mais sa seule richesse, ce sont ses "hommes de l’ombre", farouchement attachés à leur indépendance et qui n’ont certainement jamais envisagé de travailler sous les ordres de qui que soit, fut-ce la plus efficace et la plus généreuse firme de courtage de Wall Street. Mais l’euphorie débridée des marchés US jeudi soir semblait laisser les investisseurs sceptiques sur le Vieux Continent : l’Euro-Stoxx ne parvenait qu’à tutoyer son record annuel (à 4 560 points) au cours des premiers échanges, et le cap des 1% ne tiendra que quelques secondes, cette avance fondant de moitié dès le milieu de la matinée.

Illustration sans équivoque de ce phénomène avec Francfort : après une entame de séance tonitruante — le DAX inscrivant un nouveau zénith historique à 8 150 points contre 8 130 à la mi-juin –, les gains ne tarderont pas à fondre, l’indice revenant au contact des 8 100 points.

** Si la fièvre des OPA explique pour une bonne part l’explosion à la hausse des indices US, ce n’est pas le seul élément décisif : certains traders déclaraient peu après la clôture que de grandes maisons de courtage avaient orchestré un des short squizz parmi les plus dévastateurs de l’histoire.

Alors que les indices US semblaient privés de direction depuis six semaines, alors que les taux se tendent partout dans le monde et que la crise du subprime génère une cascade de dégradations de notations des émissions obligataires, de nombreux hedge fundsauraient accumulé d’importantes positions de vente à découvert, en anticipation d’une correction importante des indices boursiers.

Il suffisait alors que se présente une bonne occasion (telle que l’annonce d’une OPA "coup de tonnerre" de type Rio-Tinto/Alcan) pour propulser les indices US au-delà de leurs résistances afin de déclencher mécaniquement une vague massive de rachats automatisés… qui s’est transformée en vent de panique dès la mi-séance.

A partir de midi (heure locale), il n’y avait plus que des acheteurs sur les marchés US… L’ensemble des opérateurs s’étant retrouvés "dans le même sens", il y eut à certains moments — fait rarissime !– "pénurie de papier" à la vente sur certains titres vedettes du S&P-500, avec des décalages de cours hallucinants pour ramasser quelques milliers de titres.

Les opérateurs les mieux informés faisaient état d’une sévère raclée administrée aux vendeurs à découvert. En langage plus imagé, cela donnait : "ils se sont fait déchirer, massacrer, passer à la moulinette, scalper, mettre en caleçon, découper à la tronçonneuse, tailler en pièce, enterrer sur place, etc."

Le scénario de la journée du 12 juillet n’est pas survenu par accident : selon certains traders, qui exultaient littéralement sur le floor du New York Stock Exchange quelques minutes après la clôture, deux ou trois brokers (dont Morgan Stanley) mijotaient ce coup depuis une bonne semaine, ayant identifié un gonflement des positions ouvertes sur les puts ainsi que toute une série de grosse lignes de ventes à découvert initiée par des fonds spéculatifs.

Il s’agirait donc de l’illustration d’un épisode particulièrement spectaculaire de blitzkrieg boursier, un jeu (parfois mortel) qui se pratique entre gros bras, lesquels parviennent le plus souvent à se neutraliser… Sauf bien sûr lorsque l’un des protagonistes fait soudain preuve d’une vulnérabilité ponctuelle, comme ce fut le cas en ce 12 juillet, un peu moins de 90 minutes après l’ouverture des marchés américains.

** Sur le fond, l’hypothèse d’une consolidation des marchés n’est pas invalidée, même si techniquement, Wall Street a fracassé d’importantes barrières graphiques après six semaines d’atermoiement : il y a un célèbre précédent historique, survenu sur le CAC 40 un certain 4 septembre 2000, lorsque l’indice — après trois mois de stagnation au sein d’un canal 6 300/6 700 points — pulvérisa la résistance des 6 750 points pour s’envoler en 48 heures vers les 6 950… et rechuter durant deux ans et demi jusqu’aux 2 410 points.

Les traders qui quittaient Wall Street le visage extatique en psalmodiant "la consommation repart, la croissance est de retour" (anecdote authentique, ce fut filmé en direct !) sont allés un peu vite en besogne ! Il n’a pas été nécessaire d’attendre bien longtemps pour dissiper ce genre d’illusions : les ventes de détail ont chuté de -1% au mois de juin (-0,4% hors automobile au lieu d’une hausse de +0,2% anticipée) et les prix à l’importation ont bondi de +1% (+0,2% hors pétrole).

Si la combinaison de ces deux statistiques ne s’apparente pas à de la stagflation, c’est qu’il faut réformer tout le vocabulaire économique. Les optimistes tenteront de se rassurer avec la hausse du moral des ménages (le baromètre de la confiance fait un bond de 85,3 vers 92,4) mais cela va-t-il modifier leur degré de surendettement ou la hausse du coût du crédit ?

Mais Wall Street peut très bien ne tenir aucun compte de la crise du subprime ou de la défiance des cambistes vis-à-vis du dollar, lequel rechute sous les 1,38/euro et sous les 2,036/ livre sterling ce vendredi 13. Comme le soulignait un autre trader interviewé sur le vif peu après la clôture jeudi : "Beaucoup de gérants croulent sous des monceaux de cash depuis un mois. Ils ne veulent plus entendre parler d’obligations du secteur privé ; ils pourraient investir beaucoup plus massivement dans les actions, ils attendaient juste de voir dans quel sens partirait le marché… et maintenant, ils savent !".

** Tous les suiveurs du 4 septembre 2000 "savaient" également que le CAC 40 s’en allait vers les 8 000 points avant la fin de l’année. Tous ceux qui se sont fait "hara-kiri" sous les 2 450 points le 13 mars 2003 "savaient" que le CAC 40 s’en allait tout droit vers les 1 700 points.

Et allez savoir vers quoi se dirige le CAC 40 à l’issue d’une semaine boursière qui se solde par une variation globale de +0,25% et d’une hausse brutale de la volatilité.

A l’heure où nous écrivons ces lignes, nous pressentons que nombre d’acheteurs "contrains et forcés" le 12 juillet par les liquidations automatiques des positions vendeuses sur déclenchements de stop-loss", ont le sentiment de s’être fait manœuvrer "comme des bleus"… Mais qui sait si l’abondance des liquidités qui revient dans toutes les analyses ne propulsera pas effectivement le Dow Jones vers les 15 000 points et le CAC 40 vers les 6 900 points d’ici la fin de l’année !

En cas de réédition au cours de cet été 2007 du scénario boursier observé de mi-mai à début septembre 2000 — lorsque la flambée de Wall Street provoqua une frénésie de consommation sans précédent — tout est possible !

Mais en l’état actuel des choses, nous soupçonnons que le parcours des titres ayant récemment fait l’objet de rumeurs d’OPA pourrait être hérissé de chausse-trappes : afin de vous éviter de tomber dans des pièges fort coûteux, nous traquons impitoyablement les arguments fumeux, les spéculations fantaisistes.

Vous découvrirez nos verdicts en temps réel sur notre Téléphone Rouge… ainsi que nos analyses techniques (comment réallouer vos actifs, quelles sont les rotations sectorielles, quelles sont nos analyses des taux, des devises), indispensables pour affronter des marchés redevenus plus volatiles.

Philippe Béchade,
Paris

   PS : Info ou intox ? Découvrez tous les conseils de Philippe Béchade en appelant dès maintenant le Téléphone Rouge ! Il suffit pour cela de composer le 0 899 781 961* et de tendre l’oreille aux informations-clefs du jour : Philippe décryptera les rumeurs qui courent les marchés et vous donnera des recommandations détaillées pour faire des profits en toute simplicité.
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

IL FAUT SE MEFIER DE L’EAU QUI DORT…

Pas d’informations financières aujourd’hui… et c’est tant mieux. Nous avons pris des vacances ce week-end.

Le livre de M. Coleman, que nous avons cité dans une chronique précédente, nous a aidé à réaliser à quel point les étrangers détestent les américains. Du moins, cela nous a poussé à nous poser quelques questions sur le sujet.

Pourquoi nous détesteraient-ils ? C’est probablement encore plus compliqué que ça… ils nous détestent, nous aiment, nous envient et nous méprisent tout à la fois. L’Amérique est vue comme un policier effectuant sa ronde… il arpente la planète, sa matraque à la main. Les Etats-Unis dépensent presque autant pour leur armement que tous les autres pays réunis. Et ils dépensent une somme inconnue pour ses services secrets… qui accomplit des services tout aussi inconnus. C’est généralement ce que fait un empire.

Certaines personnes sont plutôt satisfaites de voir les Etats-Unis policer le monde ; et aimeraient même qu’ils en fassent plus. D’autres n’apprécient pas du tout les services de protection des Etats-Unis.

Tout ça est bien naturel et bien normal. Un pouvoir impérial induit certaines prérogatives, responsabilités et prétentions, il faut donc s’attendre à ce que cela attise le ressentiment de certains. Mais c’est encore une fois ce que font les empires.

La tentation est irrésistible à plusieurs niveaux – tant pour les nations organisées… que pour les individus. A la question – "à quel moment une personne risque-t-elle de faire quelque chose d’excessif ?" – on peut aisément répondre : dès qu’elle sera convaincue de pouvoir s’en tirer quand même. Quand on offre des crédits faramineux à un homme, sans conditions ni risques de punition à venir, il n’hésite pas. Il en va de même pour une nation lorsqu’elle s’aperçoit qu’elle peut s’imposer quelque part – elle le fera sans aucune hésitation. Nous ne connaissons pas de contre-exemple. Egypte, Grèce, Rome, Perse, les Mongols, les Chinois, les Français, les Britanniques, les Allemands, les Japonais… et maintenant les Américains. Donnez à une nation de gros fusils et d’importants bataillons… et la tentation de les utiliser devient irrépressible. Bien évidemment, ceux qui se retrouvent ensuite dominés n’apprécient guère, mais ils obtiennent parfois la possibilité d’être quitte.

(Ceci, cher lecteur, est d’ailleurs le sujet d’un nouveau livre co-écrit par votre serviteur et une de ses collègues, Lila Rajiva. Pourquoi des foules entières deviennent-elles folles…et font-elles des choses insensées ? Personne n’a jamais pris la peine de vous l’expliquer – jusqu’à maintenant ! Vous trouverez bientôt cet ouvrage chez votre libraire.)

Mais dans tout épisode de l’histoire d’un empire, on trouve des nuances. Cette pensée nous a traversé hier, pendant le trajet vers l’aéroport de Stansted. Les queues étaient moins longues, et les gros bras plus polis, mais l’atmosphère y était tout aussi désagréable que dans un aéroport américain. Ils avaient installé une machine que nous n’avions encore jamais vue. Une machine pour passer les chaussures aux rayons X. Après avoir passé le contrôle de sécurité, ce fut donc au tour de nos chaussures. De la petite paire de sandalettes pour enfants aux grosses rangers coquées de jeunes gothiques… elles ont toutes dû passer par la machine.

Combien de gens ont réellement été blessés par une paire de chaussures, nous sommes nous demandé ? Combien de gens ont été tués par des terroristes aéroportés ? Combien ont été tués par des terroristes tout court ? Sur notre vol pour Dublin, pas le moindre passager ayant l’air de vouloir faire sauter l’avion. Depuis l’attentat le plus spectaculaire de l’histoire, les terroristes se sont tenus relativement tranquilles en Occident. C’est en Grande Bretagne qu’il y a eu le plus d’activité ; nous savons désormais que le terroriste typique possède un passeport britannique et travaille dans l’un des hôpitaux publics du pays. Ce que nous savons également, c’est que tout ce que l’on nous a dit sur les terroristes n’était que mensonges.

Ce ne sont pas de pauvres gens désespérés. Ils ne sont pas illettrés. Ce ne sont pas des gens sans avenir, dans un monde sans foi. Ils ne sont même pas particulièrement tournés vers la religion. Selon un rapport sur le 11 septembre, certains des terroristes impliqués dans l’attentat se sont divertis la veille dans un bar à hôtesses.

Plus important encore, ils ne sont pas si nombreux. Et ils ne sont pas très compétents. S’ils posent une bombe quelque part, il y a de grandes chances qu’elle n’explose pas. S’ils fabriquent un explosif dissimulé dans une chaussure… ils ne se blesseront même pas le pied. C’est un peu comme s’ils prétendaient être des terroristes… comme s’ils jouaient un rôle sans réellement causer de dégâts.

Il existe malheureusement quelques exceptions bien connues. Le métro de Londres… le train de banlieue de Madrid… les Tours Jumelles. Mais si la menace terroriste était aussi importante qu’on cherche à nous le faire croire, il est surprenant qu’il y ait si peu d’attentats sérieux.

Nous avons peut-être raté quelque chose. Est-ce pourtant si compliqué de faire dérailler un train bondé… de faire exploser une bombe fumigène dans le métro aux heures de pointe… de lancer un bus à grande vitesse au milieu d’un marché très fréquenté ? Ou jeter la panique dans une foule et tuer des dizaines de personnes – même pas besoin d’armes. Jusqu’à présent, les terroristes ont fait preuve d’un manque flagrant d’initiative et d’imagination. Ils sont supposés tuer des gens. Mais pour l’instant, les accidents tuent bien plus que les terroristes.

Durant la Seconde Guerre Mondiale, avant le débarquement, une poignée de commandos et de résistants ont réussi à arrêter presque tous les convois de trains Allemands vers la Normandie. Sur le Front Est, pendant ce temps, des partisans ont causé de tels problèmes que les Allemands ont dû envoyer des armées entières pour les combattre. Un adversaire déterminé peut causer bien des dégâts, surtout dans une société civile.

Qu’est-ce qui ne va pas avec ces terroristes ? Nous n’en savons rien… Tout ce que nous pouvons dire, c’est qu’ils sont les ennemis les plus dangereux parmi tous ceux qui ne nous menacent pas réellement. Et que l’on dépense des milliards de dollars et un temps fou pour nous protéger d’eux.

Pourquoi ?

Aucune idée… mais il est en tous cas amusant de voir parfois quelqu’un qui ne regarde pas les informations passer par un contrôle de sécurité dans un aéroport. Il arrive qu’un individu sorte de sa forêt pour aller prendre l’avion. Il pense naïvement être encore dans un pays libre. Il est stupéfait quand les tyrans subalternes commencent à lui aboyer des ordres – « faites la queue… enlevez votre ceinture… préparez vos papiers d’identité. » Il est encore assez fou pour penser qu’il devrait normalement être traité comme un passager, et non pas comme un criminel. Il est sidéré quand on lui demande d’ôter ses vêtements. « Enlevez votre veste, votre ceinture, vos chaussures… avez-vous un ordinateur portable ? » Il est outragé lorsqu’ils lui prennent son tube de dentifrice… et hors de lui quand le garde enfile ses gants de latex pour une fouille corporelle approfondie. Pauvre péquenaud ! Il s’habituera à recevoir des ordres. Laissez-lui le temps.

—————————– (publ.)

Le CAC 40 à 6 500 points… ou à 4 600 ?
Le pétrole à 45 $… ou à 80 $ ?
Economie mondiale en plein boom… ou krach globalisé ?

2007 pourrait être une année agitée : vos investissements sont-ils prêts à tout ?

Avec une performance moyenne de 92,34% depuis 1992… et des gains de 69,77%, 35,52%, 29,56%, 42,90% (entre autres) en 2006… voici le moyen d’affronter tout ce que l’avenir boursier peut nous réserver !

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*** La Chronique Agora présente ***

La période qui précède une élection présidentielle ressemble toujours un peu à un cirque — mais cette fois-ci, la comédie semble commencer tôt aux Etats-Unis, avec un sentiment d’urgence.

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AUCUNE CONFIANCE — 1ère PARTIE
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Par James Howard Kunstler

Au début du mois de juin, CNN annonçait à grand bruit une série de débats "en direct" entre les candidats à la présidentielle — les démocrates le dimanche et les républicains le mardi, avec abondance de "billets d’humeur" avant et après. Dans la mesure où je pense qu’un inconscient collectif est à l’œuvre dans toutes les couches de la hiérarchie sociale — y compris au niveau national — cet étalage, mis en scène extraordinairement tôt, en dit long sur le sentiment d’insécurité que les Américains doivent entretenir au sujet de leurs dirigeants, de leur place dans le monde et de la direction que prend leur pays.

Les périodes de campagne électorale, aux Etats-Unis, n’ont jamais été réglementées en termes de durée — on ne leur impose pas un nombre fixe de semaines ou de mois, comme le font d’autres pays. Mais les élections présidentielles de 2008 sont les premières, pour autant que je m’en souvienne, à avoir provoqué un niveau d’activité aussi formel et aussi intense avec autant d’avance. A défaut d’autre chose, la quantité d’argent que les candidats doivent réunir — puis brûler en carburant d’avion, salaires et autres événements de relations publiques — les met tous en danger de se corrompre auprès des divers donneurs, qui cherchent désespérément à conserver leurs prérogatives au sein du statu quo.

Ce que tout le monde semble pressentir, de manière quasi-consciente, c’est que le statu quo en question entraîne les Etats-Unis au fond du gouffre. Mais jusqu’à présent, aucun des candidats déclaré n’a montré la capacité ou la volonté d’exprimer une vision cohérente quant à ce qui, dans le statu quo, plombe le pays. Un personnage non-déclaré, Al Gore, a présenté la partie "changement climatique" de l’histoire… et s’est arrêté là — sentant peut-être que s’il s’aventurait à donner son point de vue sur d’autres choses, il commencerait à ressembler à un véritable candidat.

En ce qui me concerne, je pense que les sujets vraiment importants ne seront jamais exposés clairement durant cette campagne, parce qu’ils sont trop douloureux pour être entendus par le public. Tous ces débats et gesticulations prématurés ne seront donc, en fin de compte, qu’un écran de fumée destiné à dissimuler que les Etats-Unis sont un pays n’ayant aucune confiance dans le fait qu’un dirigeant puisse le guider vers un avenir plausible.

En arrière-plan de tout cela, on trouve la figure pathétique du président George W. Bush. Il est pathétique parce qu’il était en bonne position — puisqu’il ne peut être réélu — pour dire la vérité aux Américains, mais il n’a montré aucune capacité à l’appréhender. S’il représente quelque chose, c’est l’idée que la vérité est optionnelle, et que si la réalité est décevante, eh bien… il suffit de créer votre propre réalité !

Nous verrons la suite demain…

Meilleures salutations,

James Howard Kunstler
Pour la Chronique Agora

(*) James Kunstler a travaillé en tant que reporter et rédacteur pour plusieurs journaux, avant d’intégrer la rédaction du magazine Rolling Stone. En 1975, il a arrêté, afin de se consacrer à l’écriture de livres. Son dernier essai en date, The Long Emergency ["Une urgence de long terme", ndlr.] décrit les changements auxquels sont confrontés les Etats-Unis au 21ème siècle.

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