Le bitcoin n’est qu’un jeu

Rédigé le 13 décembre 2017 par | Bill Bonner, Bitcoin et autres cryptomonnaies, Crypto Monnaies, Guerre des monnaies Imprimer

Le bitcoin est une énigme mathématique. Contrats à terme et options permettent d’amplifier la spéculation. Mais seul l’usage consacrera ou non le bitcoin.

« Les affaires continuent », disions-nous hier. En dépit du bruit et de la fureur de ces 12 derniers mois, rien n’a vraiment changé. Les Etats-Unis ont encore progressé sur la route de la dégénérescence impériale. Chancelant sous le coût d’entretien de ses légions, disséminées un peu partout dans le monde… et le coût de 70 millions de baby-boomers en retraite, le pays est en route pour la faillite.

Selon une source normalement fiable – l’ancien secrétaire au Trésor US Larry Summers, s’exprimant dans le Financial Times –, le gouvernement américain a besoin d’une assiette de recettes équivalente à 21% du PIB pour couvrir ses coûts. La nouvelle Loi sur la fiscalité – ou ce que nous en savons pour l’instant – permettra d’encaisser environ 17% du PIB. Ce qui laissera aux autorités un manque à gagner de 1 000 Mds$ par an. C’est-à-dire des déficits de 1 000 Mds$ par an… à perte de vue.

Les empires sont des choses extraordinaires quoi qu’il en soit. Ils sont cycliques, non éternels. Ils grimpent… et grimpent… et grimpent… Ensuite, étant allés trop loin, ils chutent… et chutent… et chutent… terminant d’ordinaire dans la défaite militaire ou la faillite, souvent les deux.

Et pendant ce temps, les affaires qui continuent – ce qui cause généralement les catastrophes. Nous y reviendrons demain – mais d’abord, quelques nouvelles du bitcoin…

Un actif énigmatique

L’actif énigmatique a grimpé de 2 000 $ en 24 heures, un joli rebond après les ventes de la semaine dernière.

L’un de nos fils est un prodige des maths. Ces derniers temps, il étudie le monde vertigineux des options sur le bitcoin. Oui, cher lecteur, vous pouvez acheter des options sur le bitcoin… mais mieux vaut avoir le coeur bien accroché.

« Il faut bien comprendre », a expliqué notre expert maison, « que ces options sont libellées en bitcoin, pas en dollar. On les achète avec des bitcoins et on les vend avec des bitcoins. Si on vend des options call et que le prix grimpe, on gagne grâce au trade. Mais ce n’est pas tout – on gagne plus que si on avait simplement acheté du bitcoin. On fait aussi jouer l’effet de levier sur l’actif sous-jacent, en fait. Et si on exerce son option call, on possède alors une forme de monnaie indépendante, pas une simple action comme avec les options ordinaires ».

Vous avez compris ? Nous ne sommes pas sûr, en ce qui nous concerne.

Mais notre fils de 27 ans a gagné 1 000 $ ces six derniers jours.

Un bel effet de levier

« Je ne fais qu’expérimenter, pour tenter de comprendre comment ça fonctionne », explique-t-il.

« Tout le monde dit que la technologie blockchain sera utile dans de nombreux domaines. On dit que c’est dans la blockchain que les gros gains se feront [NDLR : Comment sélectionner les bonnes valeurs ? Notre spécialiste new tech – dont le track record est époustouflant –  vous indique sa méthode ici]. On parle de l’utiliser pour des titres de propriété, des contrats et toutes sortes de choses. Mais cela ne me semble pas fonctionner – sans quoi il existerait déjà des applications opérationnelles qui fonctionnent, et à ma connaissance, ce n’est pas le cas. Le concept de blockchain ne semble fonctionner que pour la devise… pour les cryptomonnaies, qui n’ont pas besoin d’être liées au monde réel ».

« Même dans ce domaine, j’ai des doutes. Les gens disent que le bitcoin est une monnaie. Mais quant à savoir si une monnaie est véritable ou non, on ne peut en être sûr que plus tard – si son usage s’est répandu. Il n’y a pas de monnaie théorique. Soit elle fonctionne comme monnaie, soit pas. »

« J’aime bien le bitcoin. En utilisant de petites sommes, on peut obtenir un bel effet de levier. Mais c’est comme un problème de maths. Le marché est très illiquide. Cela signifie que les options sont probablement mal évaluées. Quoi qu’on pense du bitcoin lui-même, il y a probablement de l’argent à gagner. Je suppose que le faiseur de marché est un génie des maths qui a tout compris. Je ne sais pas. Mais c’est amusant – comme un jeu ».

C’est amusant à la hausse, en tout cas.

« On peut acheter une option call à 2 000 $ »… continue-t-il, « en se basant sur une hausse du prix du bitcoin à 30 000 $ d’ici fin mars. Cela peut sembler fou, parce que le prix devrait dépasser les 32 000 $ – soit un gain de 100% environ – pour gagner de l’argent sur ce trade ».

« Mais on ne sait jamais. Nous sommes en territoire inconnu ».

Inconnu ? A nous, le territoire semble plutôt familier : boom… bulle… krach. Et ce schéma s’applique à de nombreuses choses – aux empires comme aux marchés.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Un commentaire pour “Le bitcoin n’est qu’un jeu”

  1.  » Selon une source normalement fiable – l’ancien secrétaire au Trésor US Larry Summers, s’exprimant dans le Financial Times –, le gouvernement américain a besoin d’une assiette de recettes équivalente à 21% du PIB pour couvrir ses coûts. La nouvelle Loi sur la fiscalité – ou ce que nous en savons pour l’instant – permettra d’encaisser environ 17% du PIB. Ce qui laissera aux autorités un manque à gagner de 1 000 Mds$ par an. C’est-à-dire des déficits de 1 000 Mds$ par an… à perte de vue.  »

    Il faut quand même tenir compte des recettes non fiscales, le même calcule en France conduirait à un déficit de 12%…

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