Comédie burlesque pour une Ere de Bulles

Rédigé le 4 décembre 2017 par | Banques Centrales, Bill Bonner, Bitcoin et autres cryptomonnaies, Crypto Monnaies, Guerre des monnaies Imprimer

Le resserrement des politiques monétaires va-t-il secouer le marché obligataire ? Les partisans du bitcoin pensent que ce nouvel actif diminuera les risques des portefeuilles.

Mardi, nous avons gagné 4 000 $ de l’heure alors que le bitcoin grimpait.

Et puis mercredi, lorsqu’il a chuté, nous avons perdu 5 000 $ de l’heure.

Youpi !

Plus loin, nous vous offrons un rapport réalisé sur le terrain par notre expert maison en cryptomonnaies.

En attendant…

La principale information que nous suivons concerne le passage au Sénat de la loi sur la fiscalité proposée par les républicains.

Pour autant que je puisse en juger, les républicains veulent à tout prix faire passer avant la fin de l’année une loi contenant le terme « impôts ».

Ils n’ont pas réussi à révoquer l’Obamacare. Pas réussi à maintenir le plafond de la dette. Pas réussi à freiner les dépenses sociales et militaires. Pas réussi à reprendre la main sur la Fed.

Dans tous les concours auxquels ils se sont livrés avec le Marigot de Washington… le Marigot l’a emporté.

La loi sur la fiscalité représente une ultime tentative. Cette fois, ils ont réussi à aligner le soleil, la lune et les étoiles en leur faveur. Les dieux eux-mêmes ont été soudoyés avec des niches fiscales et des crédits d’impôt.

Et ils ont fait en sorte que leur « réforme » soit si agréable pour tout le monde, au sein du Marigot et du Deep State… qu’elle devrait forcément passer.

Alors, enfin, les républicains pourront rentrer dans leurs régions et affirmer qu’ils ont fait passer la « loi sur la fiscalité ».

Et si vous achetiez Amazon… à son prix de 1997 ?

La valeur a pris +83 000% en 20 ans, mais nous avons trouvé le moyen de « remonter le temps » — vous donnant la possibilité de transformer 100 €… en près de 12 000 €, facilement.

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Au fait, nous y sommes favorable…

Sa principale caractéristique (jeudi dernier, en tout cas) est de faire baisser l’impôt sur les sociétés de 35% à 20%. C’est génial si vous possédez une entreprise… or c’est notre cas !

Mais ne vous attendez pas à ce que cela « stimule » l’économie… ou que cela aide la classe moyenne.

Les dépenses publiques ne sont pas réduites. La loi des républicains va donc simplement déshabiller Pierre pour habiller Paul. D’ici 2027, les experts estiment que cela augmentera les impôts de la classe moyenne de 5 Mds$ et fera baisser ceux des riches – les gens qui gagnent au moins un million de dollars – de 5 Mds$.

Naturellement, les riches – les « Paul » – y sont totalement favorables.

Ce sont les mêmes « Paul » qui ont bénéficié de pratiquement toutes les hausses de salaire et augmentation de la richesse au cours des 10 dernières années. C’est probablement le seul groupe, aux Etats-Unis, qui n’a pas besoin d’avoir plus d’argent… et qui n’utilisera pas ces fonds supplémentaires pour embaucher, consommer, construire (ou quoi que soit d’autre supposé « stimuler » une économie).

Au contraire, ils feront travailler cet argent sur les marchés financiers… comme ils l’ont fait au cours de ces 10 dernières années.

Mais le monde financier a changé. La Terre a opéré un virage à 180 degrés. A présent, pour la première fois en 30 ans, la force gravitationnelle des banques centrales s’exerce contre le crédit.

Les Etats-Unis, l’Europe et la Chine ont tous annoncé des cycles du « resserrement » du crédit.

Au lieu d’augmenter l’offre de crédit (l’argent)… ils ont déclaré qu’ils la réduiraient. Au lieu d’acheter des obligations, ils vont les vendre.

Alors au lieu de faire baisser les taux d’intérêt, la conjonction de l’augmentation des emprunts fédéraux – pour compenser les baisses d’impôt – et de la vente des obligations détenues par la Fed… signifie que les taux d’intérêt vont grimper et non baisser, à l’avenir.

Le retour des « bond vigilantes »

Si c’est vrai, nous allons renouer avec de vieux amis des années 1960 et 1970, les bond vigilantes.

Le « crowding out« , par exemple, s’est produit à cette époque lorsque l’Etat a emprunté trop d’argent.

L’Etat a absorbé le crédit disponible, et laissé des miettes au secteur privé. Cela a provoqué une hausse des taux d’intérêt et une boucle de rétroaction faite de récessions et de corrections.

Bientôt, nous allons également tomber sur les bond vigilantes, les vigies du marché obligataire.

Vous vous en souvenez ?

Ils surgissaient au premier signe de trouble et tiraient sur tout. Car ils savaient qu’un excès de dépenses et d’emprunts publics ferait baisser les cours des obligations.

Alors ils se débarrassaient des obligations… et faisaient grimper les rendements (qui évoluent en sens inverse des cours)… dès que l’Etat quittait la voie tracée, ce qui a également conduit ce dernier à revoir sa position.

Oui, cher lecteur, on pourrait bien revenir au bon vieux temps. Le cercle des acheteurs d’obligations se resserre soudain.

Les Etats-Unis ouvrent la marche en ce qui concerne cette tendance. Cette année, les actions américaines se sont fait distancer par d’autres places boursières majeures à l’étranger. Il est très probable qu’elles continuent de sous-performer… et qu’elles s’effondrent lorsque la Fed commencera à mordre.

La peur de passer à côté de quelque chose

Mais c’est l’Avent… et Noël approche à grands pas.

Nous sommes d’humeur joyeuse, abêti par la flambée du bitcoin. Par quel autre moyen aurait-on pu multiplier son investissement par dix, en un an seulement ?

Et donc… tournons-nous vers notre expert maison : notre fils aîné, Will Bonner, qui a récemment participé à la conférence Consensus Crypto, qui vient de se tenir à New York.

Will :

« Le niveau des participants était le plus élevé que j’aie jamais vu lors d’une conférence. Imaginez 1 700 jumeaux Winklevoss (ces diplômés de Harvard qui ont investi dans Facebook, à ses débuts).

Ce n’était pas une conférence technologique classique. Il y avait là des gens issus des fondations de Yale et de Harvard… de State Street… de PricewaterhouseCoopers… et de Google… ainsi que du capital-risque, des hedge funds et des family offices.

C’est le secteur le plus en vogue de l’univers financier. Je ne m’étais pas rendu compte du degré d’enthousiasme qu’il suscitait au niveau institutionnel.

L’une des principales thématiques concernait le prochain lancement de dérivés et contrats à terme sur les cryptomonnaies, ce qui devrait déclencher une avalanche de capitaux très crédibles, et soutenir le lancement d’ETF axés sur les cryptomonnaies, lesquels devraient également attirer l’investisseur lambda.

Mais ces gens veulent également ébranler Wall Street. Ils n’aiment pas les grandes banques, ni le contrôle centralisé de l’argent.

D’abord, ce secteur a attiré l’argent des geeks et des libertariens orientés technologies. A présent, de petits hedge funds, des gens fortunés et des family offices commencent à y venir. Les gestionnaires d’actifs sont sous pression, également, pour y venir. En ce moment, ils ressentent cette peur de passer à côté de quelque chose.

Il est encore tôt. Actuellement, la totalité du marché des cryptomonnaies ne vaut que 300 Mds$. Cela ne représente que 2,25% de la valeur du marché de l’or… et à peine 0,05% de la totalité de la masse monétaire du dollar américain.

Bien qu’il y ait probablement une bulle à court terme, le bitcoin a déjà chuté et rebondi à quatre reprises.

Les Chinois ont totalement ‘bloqué’ les échanges de cryptomonnaies… et les prix se sont repris sous 48 heures. A présent, il y a un satellite bitcoin, alors toute personne possédant une parabole peut accéder aux marchés des cryptomonnaies de n’importe où dans le monde, en se passant totalement d’internet. Une attaque électromagnétique pourrait neutraliser tous les ordinateurs des Etats-Unis et les cryptomonnaies continueraient d’exister, sans avoir été inquiétées.

Egalement, il parait qu’il y aurait quatre millions de bitcoins perdus ou bloqués à jamais… ce qui réduirait la masse totale à 17 millions…

Et, au fait, les actifs de type cryptomonnaies sont utilisés pour atténuer le risque des portefeuilles car ils ne sont corrélés à aucune autre classe d’actifs.

Je pense qu’il s’agit d’un des éléments les plus importants à prendre en compte, en ce qui concerne les cryptomonnaies, et c’était l’un des thèmes principaux de la conférence… Les cryptomonnaies constituent un pari contre le système financier actuel et la bulle d’actifs.

Si vous ne l’avez pas encore fait, je vous invite à jeter un oeil sur le Livre Blanc du Bitcoin, rédigé par Satoshi Nakamoto.« 

Will a peut-être raison. Ici, à la Chronique, nous nous trompons sur énormément de choses. Et nous pouvons peut-être nous tromper à nouveau.

Mais nous considérons que le bitcoin n’est pas une classe d’actifs… mais une classe de divertissement. Une comédie burlesque pour une Ere de Bulles.

C’est rigolo à observer. Mais pensez à vous planquer lorsque les tartes à la crème commenceront à voler. [NDLR : Investissez dans le bitcoin… sans en avoir ! Tout le potentiel de hausse des cryptomonnaies, mais sans les risques — c’est possible, et c’est par ici. Agissez vite.]

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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