Pour les bestioles du marigot, c’est le pactole

Rédigé le 3 mars 2017 par | Banques Centrales, Bill Bonner Imprimer

Les téléspectateurs et les commentateurs ont trouvé le premier discours de M. Trump devant le Congrès rassurant. Les marchés aussi : ils ont grimpé.

Pour bon nombre de gens, cela va renforcer leur foi en M. Trump.

Il fait du bien au pays, non ? Et s’il fait du bien au marché actions, il fera du bien à l’économie… et à l’emploi… et à tout ce que vous voulez.

« Dimon déclare que les Etats-Unis auront un ‘avenir resplendissant’ si Trump peut mettre en oeuvre des réformes » clame un gros titre de Bloomberg.

Certes… l’avenir devrait certainement resplendir pour le président de JP Morgan Chase… et le reste de Wall Street. Des milliards de dollars d’argent détourné [NDLR : Cet argent détourné, Bill Bonner le qualifie de « bezzle » (du verbe embezzle, qui signifie « détourner » ou « escroquer », selon le terme créé par John Galbraith dans La crise économique de 1929, et décrivant cet argent détourné dont l’escroc profite alors que la victime ne sait pas encore qu’il lui a été dérobé] vont pleuvoir sur la défense… et mille milliards de dollars, en prime, sur les infrastructures.

Les mesures et propositions que nous avons vues jusqu’à présent ne créeront pas une véritable expansion. Mais cela ne veut pas dire pour autant qu’elles ne génèreront pas une expansion bidon.

Nous débarrasser des filous

Quelle rigolade. L’argent falsifié a tout faussé. Et à présent, les marchés semblent faire la fête, en attendant ce nouveau flot d’argent falsifié. Une véritable expansion exigerait que l’on nous débarrasse de ces filous. Au contraire, on va consacrer plus d’argent à la « défense ». Plus d’argent à Wall Street. Plus d’argent en faveur des « infrastructures ». Plus d’argent pour chaque bestiole gluante du marigot capable de ramper au Congrès.

Et personne, quasiment, ne prend la peine de poser la question suivante : d’où vient cet argent ?

Avec un taux de croissance d’environ 0,5% par Américain, nous ne l’avons certainement pas gagné.

Et avec une dette publique atteignant déjà 20 000 milliards de dollars… et qui augmente de 1 000 milliards par an… ce n’est pas comme les Etats-Unis disposaient d’une marge de manoeuvre.

Bah ! Qui se préoccupe encore de ce genre de choses ?

L’Etat a tout l’argent qu’il veut. Il lui suffit de l’imprimer.

A présent, au moins, nous pouvons avancer.

Trompés par les initiés

Nous avons suffisamment rassemblé les pièces du puzzle pour distinguer la vue d’ensemble :

Nous allons passer les toutes prochaines années dans un monde « dystrumpien »… où il va encore nous arriver ce qui est désormais prévisible, à savoir nous faire voler par le système de l’argent falsifié… arnaquer par les initiés… et souvent maltraiter par tweet interposé par notre propre président.

C’est regrettable.

Bientôt une lutte sordide s’amorcera au Congrès. Les hommes et femmes politiques prendront les propositions « du Donald » (le Congrès a cédé à l’exécutif une grande partie de sa mission législative constitutionnelle)… et y grefferont assez d’amendements pour les transformer en sapins de Noël.

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En fait, ils y ajouteront toutes sortes de décorations très chères, chacune étant conçue pour récompenser quelque contributeur de campagne, lobbyiste ou initié du Deep State.

Le résultat — qu’il y ait ou non une réforme fiscale, des gabegies sur les infrastructures ou un pactole pour l’armée – aura du mal à jeter les bases d’un programme cohérent, et encore moins d’un programme cohérent capable de réduire les accords gagnant-perdants qui minent actuellement l’économie.

Au contraire, on va faire du neuf avec du vieux : encore plus de dettes, d’idioties et de gaspillage de l’épargne réelle issue de l’économie.

Et pendant que tout cela détournera l’attention des électeurs et des investisseurs, des dynamiques plus fortes seront à l’oeuvre, également… sans faire les gros titres… au-dessous de la surface, comme une énorme boule de magma brûlant prête à percer la croûte terrestre.

L’expansion est vouée à l’échec

Une récession devrait déjà être là. Un krach/marché baissier, également. La planète ploie sous le fardeau de 220 000 milliards de dollars de dettes.

Cela ne veut pas dire que les corrections qui n’ont pas eu lieu ne vont pas se faire attendre encore plus longtemps.

Il y a longtemps que nous avons perdu notre don pour la prophétie. Mais le problème, avec l’argent falsifié et une expansion bidon, c’est que vous ne savez jamais lorsqu’ils vont s’arrêter.

Comme nous l’apprennent les économistes de l’Ecole autrichienne : toute expansion qui ne se fonde pas sur l’épargne réelle (plutôt que sur de l’argent créé sous forme de crédit) est vouée à se terminer par un effondrement.

L’expansion actuelle des marchés ne repose même pas sur de l’argent falsifié. Elle repose sur des bases encore plus mouvantes.

Les investisseurs voient en Donald J. Trump la réincarnation de Ronald Reagan, qui a allégé la fiscalité, disent-ils. Qui a augmenté les dépenses militaires. Et qui a provoqué un boom qui dure encore, 37 ans plus tard. Il a multiplié par 20 le cours des actions, disent-ils.

A présent, la question que nous devons nous poser est la suivante : arrivons-nous au terme de cette expansion… ou bien sommes-nous au début d’une nouvelle expansion ?

Que devrions-nous faire ? Intégrer le camp qui parie sur une expansion… même si elle est bidon ?

Si nous avions tout misé sur les actions lorsque Donald J. Trump a été élu, nous aurions déjà gagné 10%.

Le moment est-il venu de suivre le troupeau ? Est-le moment où la majorité a raison et où la pensée de groupe rapporte ?
[NDLR : Il existe une troisième voie… qui vous permet de profiter des opportunités boursières au quotidien sans tomber dans le piège de la pensée de groupe. Pour tout savoir, cliquez ici]

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Un commentaire pour “Pour les bestioles du marigot, c’est le pactole”

  1. M. Bonner. J’avais écrit ce commentaire de votre article: « Les hommes de Trump: Wilbur Ross ». Mais je crois qu’il a sa place ici.
    Le cas de la sidérurgie est assez parlant. Mais c’est loin d’être le seul. C’est en étudiant tout autre chose que j’ai mis le doigt sur certaines manipulations. Cela m’a permis de comprendre la défiance actuelle pour les actions. En effet, 2008 n’est pas seulement l’année des subprimes. C’est aussi celle de la faillite exemplaire de GM, et de celles tout aussi exemplaires de France Télécom ou d’Eurotunnel vers la même époque. Il me semble qu’il s’agit là de bons exemples de capitalisme de copinage, où Politiques et gros actionnaires se renvoient comme une balle, des petits, actionnaires ou gens du Peuple. Au détriment de ces derniers.
    Quel est le rôle exact des Politiques dans la faillite initiale d’une entreprise, puis de son sauvetage par les impôts ? Avec au final des pertes d’emplois énormes, des petits actionnaires spoliés, des vies humaines gâchées … et des compères gavés … avec l’argent des contribuables !
    Les exemples sont multiples. Quel est le mécanisme utilisé pour s’enrichir démesurément avec l’argent du créditisme ( et celui des autres; petits actionnaires ou contribuables) lorsqu’on est le compère d’un mafiosi politique élu avec votre argent ?

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