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LA CHRONIQUE AGORA
Paris, France
Mardi 25 avril 2006
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*** Bain de boue, supplice chinois et dollar en vrille
La balance de l’équilibre mondial est en train de pencher…
*** Salta – Colome
Bill Bonner connaît sa petite famille sur le bout des doigts…
*** Une reprise évasive (2)
Les américains ont intérêt à accrocher leurs ceintures, car l’atterrissage ne se fera pas en douceur…
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Bonjour,
*** BAIN DE BOUE, SUPPLICE CHINOIS ET DOLLAR EN VRILLE
** La bourse de Tokyo s’est pris les pieds dans un tuyau pompe à essence hier matin : l’indice Nikkei a plongé de 2,8%, sous le seuil psychologique des 17 000 points, ce qui ramène les valeurs japonaises une semaine en arrière.
Cinq séances auparavant, le dollar valait 2,8% de plus (c’est-à-dire qu’il s’échangeait contre 118 yens et non 114,5 comme ce lundi)… De là à imaginer qu’il pourrait y avoir une relation de cause à effet, c’est un raccourci un peu simpliste. Nous pouvons d’ailleurs lui apporter un commencement de démenti en arguant de l’exceptionnelle résistance opposée par les places européennes (-0,5% de repli moyen lundi… cela confine au prodige) aux pressions baissières découlant de la chute du billet vert (sous les 1,24/euro) et de la flambée de l’or noir (74,2 $ contre 75 $ vendredi).
Même si une légère réaction technique (-1%) se matérialisait lundi à Londres et New York, faire rugir son 8-cylindres devient un véritable signe extérieur de richesse : le gallon d’essence pulvérise la barre des 3 $ dans une majorité de stations-service des Etats-Unis.
Une hausse de 40% du sans-plomb en un an, c’est presque historique outre-Atlantique… Et pendant ce temps là, les prix des carburants restent strictement encadrés en Chine (comprendre largement subventionnés), où les lourds investissements dans le secteur automobile s’accommoderaient mal d’une panne sèche de la demande de véhicules de tourisme.
Pékin avoue officiellement une croissance de 10,2% en rythme annuel… Nous ne savons pas ce que messieurs Hu Jintao et George W. Bush (le principal créancier et son principal débiteur) se sont raconté jeudi et vendredi dernier — mais il nous surprendrait que les discussions n’aient pas porté sur quelques calculs très simples concernant les quantités de pétrole supplémentaires que la Chine va ponctionner sur un marché qui fonctionne à flux tendu.
L’offre globale d’or noir est à la limite du déséquilibre à la moindre anicroche, puisque l’OPEP s’avère désormais incapable de pallier la défaillance temporaire d’un fournisseur comme l’Iran, le Nigeria ou le Venezuela.
Ces trois pays sont parfaitement conscients de l’effet de levier dont ils disposent sur les marchés : ils pèsent chacun entre 2% et 3% de la production mondiale… et ils ont en commun de ne pas manifester la moindre docilité par rapport aux pressions politiques exercées par les Etats-Unis (notamment Hugo Chavez dont les compagnies pétrolières texanes sont les premières clientes).
** Marc Faber, un des distingués chroniqueurs dont vous retrouvez régulièrement les essais en quatrième partie de Chronique, ne s’est pas privé d’enfoncer le clou ce midi en direct sur CNBC (interrogé en duplex par des journalistes britanniques). Il s’est interrogé à haute voix sur l’apocalypse énergétique mondiale qui résulterait d’une demande chinoise présentant d’ici une petite décennie des caractéristiques plus ou moins similaires à celle d’un état comme la Californie.
Marc Faber s’est empressé d’inviter les téléspectateurs à continuer de privilégier les entreprises spécialisées dans la prospection et la mise en exploitation de gisements gaziers et pétroliers… mais il a aussi proposé un vecteur d’investissement moins dans l’air du temps, et qui présenterait l’avantage d’être en début de cycle.
Il ne s’agit peut être pas du genre de placement que des habitués du Livret A ou des locations en Robien privilégieraient — même si l’Euromillion faisait d’eux des globe-trotters de la finance au compte en banque bien garni… mais l’idée néanmoins vaut d’être défendue : Marc Faber ne veut investir que dans des entreprises ou des fonds qui sont adossés à des actifs concrets et dans des pays à fort potentiel de croissance.
[NDLR : Des actifs concrets et un fort potentiel de croissance : une ligne de conduite parfaite pour des conditions boursières troublées... que Raphaël Garaud et toute son équipe cherchent eux aussi à appliquer -- avec succès, comme le démontre leur historique de performances. Pour en savoir plus...]
Il place l’investissement immobilier en Inde en tête de ses priorités, devant le Vietnam, puis la Thaïlande — où le niveau de vie recommence tout juste à décoller après des décennies de misère ou des années de crise comme ce fut le cas entre 1997 et 2000.
Il a évoqué la Chine (même si les jeux sont déjà faits à Shanghai, et Pékin est maintenant hors de prix) mais il n’a pas mentionné la Russie… et nous le comprenons : un récent sondage révèle que la manne pétrolière génère peut-être un boom économique de 5% par an… mais la corruption fait un retour en force, de telle sorte qu’un Moscovite sur deux y a recours pour résoudre des problèmes de visa, d’emploi ou de logement.
Et les mauvaises langues prétendent que sur les 50% qui se prétendent de bons citoyens, il y aurait une bonne moitié de fieffés menteurs… Difficile d’éradiquer 75 ans de petites combines et de grosses mauvaises habitudes induites par l’incurie du système économique, les 25% restants faisant partie du contingent qui se fait graisser la patte ou accorde des passe-droits.
** Mais la Russie — celle des oligarques du régime Poutine — ne manque ni de gaz ni de pétrole. Elle a déjà adressé un avertissement sans frais aux Occidentaux qui rêvaient de nouvelles révolutions oranges dans les ex-Républiques soviétiques : l’Ukraine — qui n’a pas fini de financer la sécurisation de la centrale de Tchernobyl (il y en a encore pour 250 000 ans s’agissant du coeur du réacteur de la tranche n°4) — s’est vue couper le gaz au plus fort de l’hiver, faute de pouvoir l’acheter soudain au "prix du marché", comme venait de le décider Moscou.
Un boycott de l’Ukraine qui constitue une arme à double tranchant, puisque tous les grands oléoducs à destination des démocraties d’Europe de l’ouest transitent par Kiev avant de traverser la Pologne, la Tchéquie ou la Hongrie puis l’Autriche et la Croatie.
La Russie ne peut se permettre de priver l’Ukraine d’énergie, sous peine de voir ses clients finals (Allemagne et Italie en particulier) cesser de lui livrer de précieuses devises fortes… voire se montrer plus sourcilleux sur l’origine des liquidités qui viennent s’investir dans les beaux quartiers des grandes capitales occidentales et les spots touristiques les plus huppés.
** Il s’agit là d’options politiques faciles à laisser — sans regret — au fond des tiroirs. Il est en revanche des options économiques qui menacent la stabilité de la planète, sauf à les remiser, au prix de douloureux sacrifices cette fois-ci, au fond des mêmes tiroirs. La question est de savoir si les Américains peuvent continuer de brûler deux fois plus d’énergie fossile que les Européens ou les Japonais, pour produire un nombre équivalent de biens et de services.
Des services gourmands en énergie ? Songez à l’essence que consomment au quotidien tous les salariés qui se rendent en centre-ville en voiture (faute de transports en commun), pour travailler dans des bâtiments mal isolés qui sont successivement surchauffés l’hiver puis rafraîchis comme des entrepôts frigorifiques l’été.
Quant aux résidences principales, elles ne valent pas mieux pour la plupart, avec leurs parois en fibrociment et leurs revêtements extérieurs en planches et tôles peintes : un gigantesque gâchis d’énergie à l’échelle d’un demi-continent (qui consomme autant d’essence et de gasoil que les tous les autres réunis) — mais qui fait partie d’un véritable héritage culturel, comme l’anti-libéralisme à la Ligue communiste révolutionnaire ou l’anti-américanisme en Corée du Nord.
Imaginer que les Américains puissent renoncer à un mode de vie qui repose avant tout sur la mobilité et le culte de l’individualisme est aussi illusoire que l’espoir de voir la Chine renoncer à revendiquer la réintégration de Taiwan dans son espace politique.
La différence entre la Chine et les Etats-Unis tient justement au fait que la première a les moyens d’obliger les seconds à renoncer à leur culture du gaspillage — contraints et forcés par la réalité physique du marché de l’énergie et le poids de leurs dettes. Washington, par contre, n’a plus les moyens financiers de contrer l’influence de Pékin en Afrique, au Proche-Orient et dans les ex-Républiques soviétiques : il ne lui reste que sa puissance militaire… mais le mauvais usage qui en est fait en Irak démontre qu’elle ne génère que haine et chaos et affaiblit financièrement et politiquement ceux qui y ont recours.
** SunTsu a enseigné à des centaines de générations de stratèges au service d’une fabuleuse succession de dynasties impériales qu’il ne convient de livrer bataille que lorsque la victoire est certaine. Le plus puissant des arcs, la plus longue lance, le plus rutilant des sabres n’est d’aucune utilité au combattant empêtré dans un filet ou enfoncé jusqu’aux hanches dans des sables mouvants.
Et le Pentagone a de la boue jusqu’aux épaules depuis qu’un quarteron de généraux à la retraite — et "anciens d’Irak" — s’en prend directement à la gestion du conflit par Ronald Rumsfeld dans les principaux medias américains. Téhéran se tient les côtes et Pékin fait étalage de la supériorité diplomatique que lui confère la puissance de feu de son carnet de chèque.
Rien de tout ceci ne serait possible sans la complicité objective ou active de la Fed : chaque dollar qu’elle imprime peut se retourner à tout moment contre les Etats-Unis !
Philippe Béchade,
Paris
PS : Retrouvez une analyse de la séance en cours au 0899 707 009* — Philippe Béchade y décortique les événements du jour… et vous indique quelle position prendre pour y réagir profitablement !
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Tout cela a une influence sur votre portefeuille…
… COMMENT TRANSFORMER CETTE INFLUENCE EN PROFITS ?
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, en Argentine
*** SALTA – COLOME
** Pour se rendre de l’aéroport de Salta dans la ville de Colome, il faut passer par certaines des routes les plus dangereuses que nous ayons vues — dans un brouillard si épais que nous avions peine à distinguer la voiture qui nous précédait. Pour empirer les choses, il faisait un froid glacial. Ce n’était pas le genre de météo que nous espérions pour des vacances — ni celui que nous voulions.
* Mais c’est ce que nous avons eu, jusqu’à ce que nous finissions par franchir le sommet, pour redescendre de l’autre côté. Une remarquable transformation s’opéra alors — similaire au changement qui s’est produit au début du 20ème siècle, lorsque la Première guerre mondiale céda le terrain à la grippe espagnole. Le terrain et le temps changèrent presque immédiatement — de luxuriants et humides, ils devinrent dénudés et secs.
* En quelques minutes, le soleil avait fait son apparition et nous nous retrouvions dans un désert où un brin d’herbe aurait du mal à pousser. "C’est plutôt désolé", remarqua Elizabeth après un instant. "Le ranch sera-t-il aussi aride ?"
** Le ranch auquel elle faisait allusion était celui que votre correspondant a acheté sans consulter son épouse. Il a vu l’endroit brièvement en hiver. Il lui a semblé percevoir une ambiance très "Hauts de Hurlevent" — si les Hauts de Hurlevent se passaient dans la Vallée de la Mort. L’endroit avait un caractère mélancolique et romantique, isolé du monde. Nous avons pensé que cela ferait un excellent endroit où faire une dépression profonde. Personne n’en saurait rien, ou ne s’en soucierait.
* "Il faudrait être fou pour vouloir vivre dans un endroit comme ça", a déclaré Henry.
* "Eh bien", a répondu son père, qui voit toujours le bon côté des choses, "c’est ce qu’il y a de bien. On peut devenir fou, ici. Les gens du coin penseront que tu es normal."
* "Sérieusement", répéta Elizabeth, qui s’en tenait à sa question, "le ranch que tu as acheté est-il aussi stérile et désolé ?"
* "Plus, même…"
* "Alors pourquoi est-ce qu’on y va ?" demanda Maria.
* "Pourquoi ? Parce que c’est différent. Ce sera une aventure. Et ce n’était pas cher."
* Par acre de terrain, le ranch en question était très peu cher — moins de 3 $ l’acre. Absurdement bon marché. Mais vous pouvez imaginer le genre de terrain qu’on obtient pour cette somme — le genre que nous voyions depuis la fenêtre de notre voiture, en pire.
* En matière d’investissements, votre correspondant suit sa propre muse. On lui a dit qu’il ferait mieux de la suivre dans le domaine de la musique et des arts. Mais il fait les choses différemment des autres. Il a une approche analytique de l’art. Il réserve son sens de la poésie à ses investissements.
* "Que voulez-vous que je vous dise ?", avons-nous expliqué. "On a toujours voulu partir en vacances dans un ranch de cow-boys. Eh bien, je me suis dit qu’on économiserait de l’argent en achetant le ranch. Comme ça, on peut partir en vacances chaque année sans payer. En plus, la cote de l’Argentine est en hausse. Ca pourrait être un bon investissement. Sans oublier le plus important : j’aime l’endroit."
* "Si tout ressemble à ça, ils auraient dû te le donner, purement et simplement", a décrété la Señora Bonner.
* "Si on était allés dans un ranch de cow-boys aux Etats-Unis, on aurait eu de bons repas, et des gens pour nettoyer les chambres et s’occuper du linge", a continué Maria, "avec peut-être un spa ou quelque chose comme ça."
* "Et on aurait aussi du chauffage", avons-nous précisé.
* "Quoi ! Il n’y a pas de chauffage ?"
* "Non, je t’ai dit qu’il n’y avait pas de chauffage."
* "Mais tu as aussi dit qu’il faisait chaud."
* "Eh bien, il est censé faire chaud à cette époque de l’année. Mais tout est relatif, non ? Il fait chaud ici — comparé au Pôle Nord."
* "Papaaaaa…"
* Mais votre correspondant n’est pas si bête. Il est Pater Familias depuis assez longtemps pour savoir quand les manoeuvres d’évitement sont nécessaires. Ayant amené sa famille dans un ranch très primitif, à cinq heures de route d’une ville de province, elle-même à deux heures d’avion de Buenos Aires, après treize heures de vol depuis Paris, où il nous a fallu une heure pour nous rendre depuis Londres, nous savions que nous nous verrions opposer une certaine résistance de la part de notre famille bien-aimée — un peu de bouderie, peut-être, voire quelques pointes de mauvaise humeur. Ainsi, même si nous ne savions pas sous quelle forme elle allait se manifester, nous étions prêt. Au lieu d’aller au ranch, nous avons emmené notre troupe rebelle dans un complexe touristique luxueux, pas trop éloigné du ranch en question — à Colome.
* Colome est un tout petit endroit, un vignoble, fondé il y a 150 ans de cela et récemment repris par un vigneron suisse très riche, très ambitieux et très doué. Il a dépensé une fortune pour mettre l’endroit sur pied, et ça se voit. Il a un complexe étonnant — avec des vues spectaculaires et tout le confort nécessaire.
* "Oh, j’adore cet endroit", a déclaré Maria.
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*** La Chronique Agora présente ***
La croissance des économies anglo-saxonnes dépend des bulles, nous expliquait le Dr Richebächer hier — et toutes les bulles finissent par se dégonfler. Aujourd’hui, voyons s’il y a une solution…
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UNE REPRISE EVASIVE — 2ème PARTIE
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Par le Dr Kurt Richebächer (*)
Dans les faits, une épargne basse, des investissements insuffisants et des déficits commerciaux en hausse ralentissent considérablement la croissance économique. Ces dernières années, ces freins ont été compensés par la création de demande galopante créée par les bulles immobilières. Le problème, avec ce schéma, c’est qu’il ne fait qu’empirer les déséquilibres structurels.
Néanmoins, toutes les bulles de crédit et d’actifs finissent par s’essouffler. Il est clair que c’est ce qui est en train de se passer pour toutes les économies de bulle, Etats-Unis en tête. Selon nous, la question d’un atterrissage en douceur (ou pas) dépend de l’ampleur des excès qui ont précédé. Or ce sont les pires de l’histoire.
Tout le monde est d’accord pour voir dans les chiffres des ventes au détail un nouvel élan de l’économie américaine. Nous nous concentrons sur les chiffres mensuels des dépenses globales de consommation tenant compte de l’inflation… et observons l’inverse. On constate des fluctuations sévères sur les dépenses en biens durables, mais avec une nette tendance baissière.
Comme tout le monde le sait — ou devrait le savoir — les fluctuations mensuelles des dépenses de consommation trouvent leur principale origine dans les hausses et les baisses radicales des campagnes de promotion automobiles. Dans les chiffres du PIB trimestriels, elles sont même annualisées. Mais si l’on compare les chiffres, on constate immédiatement que la reprise des trois derniers mois a été bien plus faible qu’au cours du ralentissement précédent.
Toute évaluation de la future évolution de l’économie américaine devrait commencer par reconnaître le fait que la bulle immobilière est condamnée, et, avec elle, la bulle de consommation. Seule la vigueur de leur ralentissement est source d’interrogations. Etant donné cette quasi-certitude, l’économie américaine a un besoin urgent d’une source de croissance alternative.
Malheureusement, il n’y a qu’une seule source alternative possible : une hausse significative des investissements des entreprises et des exportations. Et apparemment, les analystes tiennent pour acquise une reprise vigoureuse des investissements.
En examinant les chiffres appropriés — profits compris –, nous tenons pour acquis que les investissements et les embauches vont manquer dans le futur plus encore que par le passé. Pour commencer, les stimulants fiscaux et monétaires record sont épuisés ; ensuite, les investissements des entreprises aux Etats-Unis, même largement enflés par des mesures "hédonistes", ont récemment atteint le plancher record de 11,5% du PIB, contre plus de 70% pour les dépenses de consommation ; on compte également l’affaiblissement de la demande de consommation ; et pour terminer, les investissements non-résidentiels sont passés de taux de croissance à deux chiffres en 2004 à 2,6% à peine au quatrième trimestre 2005, après 10% durant le premier semestre.
Certains arguments pour un retour de l’investissement des entreprises sont répandus : la liquidité élevée des entreprises, et des profits abondants. Il est clair qu’ils se sont remis de leurs plus bas, mais la croissance a radicalement ralenti depuis 2004, où les mesures d’incitation fiscales fournissaient beaucoup d’élan.
Les nouvelles commandes de machines sont en hausse sur l’année, mais de loin pas assez pour suggérer le développement d’un boom de l’investissement. Depuis plusieurs années, les investissements de court terme ont été prépondérants ; il faut donc en plus des investissements considérables et toujours plus élevés simplement pour remplacer l’équipement et les usines, comme cela se remarque dans la hausse des dépréciations. Nous avons toutes les raisons de croire que l’augmentation des nouvelles commandes de biens d’équipement reflète à peine la hausse des dépréciations.
Nous verrons la suite dès demain…
Meilleures salutations,
Kurt Richebächer,
Pour la Chronique Agora
(*) Economiste, écrivain et banquier international respecté, le Dr. Kurt Richebächer écrit régulièrement pour le Wall Street Journal, Barron’s, l’édition américaine de la Fleet Street Letter et d’autres publications financières bien établies. En France, Le Figaro lui a consacré un article pour avoir été "l’homme qui a prédit la crise asiatique".
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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