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La Chronique Agora
Paris, France
Lundi 25 septembre 2006
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*** Y a-t-il un pilote dans l’avion ?
Atterrissage en catastrophe pour l’économie américaine ?
*** Un toast aux aristocrates français
Eric Fry a passé trois jours dans la campagne française…
*** Au Pays des Hedge Funds
Bill Bonner explore un nouvel univers…
*** La nature des désastres (3)
Byron King termine aujourd’hui son commentaire sur l’histoire des désastres financiers…
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Premières transaction… premiers résultats !
Après une performance moyenne de 25% au deuxième trimestre 2006… ce service continue sur sa lancée avec déjà des gains de 11,56%, 8,82%, 11,56%…
Son secret ? Un marché de 21 000 milliards d’euros… dans lequel vous pouvez désormais puiser vos profits !
Toutes les explications sont ici…
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Bonjour,
*** Y A-T-IL UN PILOTE DANS L’AVION ?
** Les marchés mondiaux — dont certains approchaient des sommets historiques — se sont accordé une petite pause vendredi. Aucune statistique économique pour les distraire, des résultats d’entreprise tombant avec une régularité digne d’une horloge suisse : la semaine a donc terminé sur une note plutôt apathique… sauf pour les investisseurs qui auront choisi de prendre leurs bénéfices ce jour-là.
Le CAC 40 a perdu 1,27% vendredi, effaçant d’un seul coup toute une semaine de gain — le revoilà près des 5 100 points, à 5 141,95 très exactement. Dans le reste de l’Europe, les investisseurs se sont montrés tout aussi avides de solder leurs positions — les prises de bénéfices ont fait chuter le Footsie londonien de 1,24%, tandis qu’à Francfort, le Dax abandonnait pas moins de 1,39%.
Côté américain, mêmes inquiétudes. "La multiplication des signes d’un ralentissement de la croissance [laisse] craindre un atterrissage brutal plutôt qu’en douceur de l’économie américaine", peut-on lire sur le site investir.fr.
En d’autres termes, les marchés reprennent tout doucement pied avec la réalité ; malheureusement, l’avion où ils sont embarqués fonce vers le sol. Par les hublots, on voit déjà la canopée filer à toute vitesse sous l’appareil… tandis qu’à l’horizon, des collines escarpées se rapprochent dangereusement. Les autorités auront-elles assez de talent pour se poser en catastrophe sans faire trop de victimes ?
Qui vivra verra… mais je gage que Ben Bernanke regrette de ne pas avoir à sa disposition quelques-uns des meilleurs scénaristes hollywoodiens, capables de lui concocter un ultime rebondissement lui garantissant de terminer le film en beauté !
Le Dow Jones, en tout cas, a terminé vendredi à 11 508,10 points, soit une baisse de 0,22% sur la journée de vendredi. Dans le même temps, le Nasdaq décrochait de 0,84%, à 2 218,93 points ; le S&P 500, lui, a clôturé à 1 314,78 points, soit une baisse de 0,25%.
** Sur le marché des changes, on estime par contre que le coup de frein de la croissance pourrait inciter la Fed à cesser d’augmenter ses taux. Par ailleurs, les déclarations d’Henry Paulson en faveur d’un dollar stable on redonné quelque vigueur au billet vert ; le dollar a terminé la semaine à 1,2786 pour un euro, contre 1,2796 jeudi.
Les marchés obligataires ont suivi le mouvement. La détente se poursuit pour les bons du Trésor américain, le rendement du T-Bond à 10 ans se détendant de quatre points de base, pour atteindre 4,59%.
** L’or, quant à lui, s’affaisse encore et toujours : l’once était à 589 $ au second fixing de Londres, après avoir abandonné trois dollars depuis vendredi matin.
Même faiblesse du côté du pétrole, à New York, le baril de WTI a terminé vendredi à 60,31 $, contre 61,59 $ la veille. Les marchés commencent tout de même à se demander si l’OPEP va rester les bras croisés devant cette fuite de pétro-dollars : une petite baisse des quotas de production pourrait arriver à point nommé pour faire remonter le cours de l’or noir…
L’hiver pourrait être plus rigoureux que les dernières semaines le laissaient prévoir !
Françoise Garteiser,
Paris
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Eric Fry nous donne les dernières nouvelles de Wall Street
*** UN TOAST AUX ARISTOCRATES FRANCAIS
** Professionnels compétents le jour, horribles Américains la nuit — tel était le programme approximatif appliqué par votre correspondant et ses collègues la semaine dernière durant leur conférence au sommet dans la campagne française.
- Les Américains participant n’ont pas tous offert le genre de spectacle dépravé qui remplirait d’embarras un Français… un Espagnol… un Italien… ou même la plupart des Américains. Mais d’un autre côté, les Américains participant n’ont pas tous fourni des idées d’investissement très pointues. Dans l’ensemble, nous pouvons déclarer que la plupart des protagonistes se sont conduits de manière inoffensive, tout en fournissant des idées d’investissement inoffensives.
- Ce séminaire de trois jours a fourni une occasion unique pour les divisions lointaines des Publications Agora de se rencontrer et de comparer leurs notes sur les forces et les faiblesses particulières de la structure. Durant les réunions, nous avons par exemple appris que le bureau sud-africain possédait désormais plus de deux téléphones… et que les cerveaux du bureau allemand avaient développé pas moins de 47 nouvelles idées de produit.
- Mais les dialogues inter-culturels les plus précieux se sont déroulés en dehors des salles de réunion… loin des incessantes présentations PowerPoint. Au cours du dîner… entre deux coupes de champagne… au milieu de la fumée des cigarettes, nous avons tous discuté — ou ri — de ce qui se passait dans notre esprit collectif. Parfois, les sujets avaient un rapport direct avec notre profession… mais dans la plupart des cas, ce n’était pas le cas.
** "Tu sais ce qui est ironique ?" a remarqué l’un de nos collègues tandis que nous sirotions un verre dans le parc du Château de Malesherbes.
- "Non, dis-moi tout", a répliqué votre correspondant.
- "Ces châteaux ont été construits par l’élite des familles françaises… les mêmes que celles qui ont perdu la tête durant la Révolution. Et pourtant, l’économie française dans son ensemble dépend à présent considérablement du tourisme que génèrent ces magnifiques structures."
- "Tu veux dire que l’économie française moderne doit une bonne partie de ses moyens de subsistance aux travaux des citoyens qu’elle a décapités ?"
- "Exactement", a répondu notre ami. "Les aristocrates pré-révolutionnaires ont construit ces splendides bâtiments. Les révolutionnaires ont guillotiné les aristocrates… et à présent, ces résidences soutiennent l’industrie du tourisme français."
- "Eh bien, portons un toast aux aristocrates !", a suggéré votre correspondant.
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** AU PAYS DES HEDGE FUNDS
** Les dernières nouvelles nous apprennent le fonds de couverture Amaranth a désormais perdu six milliards de dollars.
* Le plus étonnant, dans toute cette histoire, c’est le détachement avec lequel les marchés financiers ont accueilli la nouvelle. Lorsque Long Term Capital Management a rendu l’âme, le monde entier a frissonné… et la Fed de New York s’est précipitée pour sauver les meubles — alors qu’à l’époque, ce n’était pas même la moitié de cette somme qui était en jeu.
* Il est temps de se couvrir contre les fonds de couverture, en avons-nous conclu.
* Le Pays des Hedge Funds est une sorte d’univers alternatif où aucune des lois habituelles de la nature ne semblent s’appliquer. Dans le reste de l’univers, les gens font confiance à l’âge, à l’expérience et à l’humilité… mais au Pays des Hedge Funds (un peu comme dans le Monde des Dot.com, découvert il y a dix ans), ce sont les crétins sans expérience et les jeunes loups aux dents longues qui raflent la mise. Dans le reste de l’univers, les gens veulent gagner de l’argent… au Pays des Hedge Funds, on semble heureux d’en perdre.
* Mais nous ne vivons pas au Pays des Hedge Funds ; nous vivons dans le monde réel — qui est déjà bien assez bizarre à notre goût.
** L’une des choses les plus bizarres, c’est la manière dont les leaders d’opinion ont dupé le citoyen moyen. Et lorsqu’ils ne l’ont pas induit en erreur, il s’en est chargé lui-même. Dans les années d’allégresse qui ont suivi le "Matin de l’Amérique" décrété par Ronald Reagan, le citoyen américain lambda n’a peut-être pas pensé qu’il s’enrichissait… mais il a certainement cru que cela aurait dû se passer. Il a donc dépensé plus… travaillé plus… vécu de plus en plus généreusement — jusqu’à enfler à tel point qu’il était près d’exploser.
* Du journal Arizona Republic nous arrive cet article :
* "Dans le débat concernant la qualité de vie actuelle, on a perdu de vue le déclin généralisé et inexorable de la qualité de l’emploi. Certes, l’économie américaine crée des emplois — même si c’est à un rythme dangereusement lent ces dernières années — mais quel genre d’emplois ?"
* "Les emplois de service, qui font partie des meilleures situations dans la fameuse ‘économie de service’, rapportent en général 10,71 $ de l’heure."
* "C’est bien inférieur aux 13,75 $ nécessaires pour qu’une famille de quatre personne dépasse le seuil de pauvreté. Dans les usines Ford, un ouvrier gagne en moyenne 31,64 $ de l’heure."
* "Pas étonnant que la plupart des Américains aient vu leurs revenus stagner ces six dernières années, assistant en plus à la disparition des soins de santé, des retraites et autres avantages sociaux."
* "Dans les années 80, de nombreuses personnes pouvaient assister au triste spectacle de l’industrie sidérurgique, où des centaines de milliers de travailleurs ont perdu leur emploi, et dire ‘bien fait pour eux’."
* "Mais depuis, les mêmes forces déstabilisantes ont balayé toute une gamme de secteurs soutenant les emplois de la classe moyenne — y compris des bastions ‘col-blanc’ comme le secteur bancaire."
* Perdre du terrain, c’est le genre de chose qui peut irriter les gens… s’ils en arrivent à croire ce qui se passe. Mais pour l’instant, les électeurs semblent toujours croire au rêve américain. S’ils travaillent assez dur… et s’ils placent leur argent dans un portefeuille équilibré entre les actions et l’immobilier… ils pourront se la couler douce.
* Eh bien, travailler dur n’a pas vraiment rapporté, ces trente dernières années… pas plus que les actions n’ont fourni beaucoup de rendement depuis 1998… mais l’immobilier, par contre, s’en est bien sorti. Un spéculateur agressif aurait pu acheter et revendre avec de beaux profits, ces cinq dernières années.
* Hélas, il devient à présent de plus en plus difficile de se faire une cagnotte grâce à l’immobilier.
* Contra Costa Times :
* "Les ventes dans le comté de Solano ont également chuté de 34,4%, tandis que les achats ont grimpé d’1,9%, le rythme le plus bas depuis août 1999. Le prix moyen dans la Bay Area n’a augmenté que de 0,2%", a déclaré le porte-parole de DataQuick, Andrew LePage.
* "Pour nous, c’est un ‘lissage’", a déclaré LePage. "Certains comtés verront [les augmentations du prix] des maisons moyennes passer sous le zéro. Nous pensons que le marché se dirige vers un ralentissement, le temps que les acheteurs et les vendeurs s’entendent sur le niveau de prix."
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*** La Chronique Agora présente ***
Byron King termine aujourd’hui son commentaire de texte sur le livre History of Financial Disasters 1763-1995 ["Histoire des désastres financiers 1763-1995", ndlr.]
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LA NATURE DES DESASTRES — 3ème PARTIE
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Par Byron W. King (*)
En général, les auteurs de ce livre suivent la définition d’une "crise financière" établie par le grand analyste Charles Kindelberger. C’est-à-dire que les crises financières sont "associées à un changement de perspective menant les propriétaires de capitaux à essayer de passer rapidement d’une classe d’actifs à une autre, ce qui engendre une chute des prix de la première classe d’actifs, et, fréquemment, la faillite".
Ainsi, selon les auteurs, les crises financières sont le produit d’altérations soudaines des perspectives, qui trouvent leur origine dans la réalité ou dans l’imagination. C’est donc un élément-clé si vous cherchez un moyen d’éviter le désastre financier. Le changement des perspectives et des sentiments des gens envoie un signal criant auquel vous devriez entraîner votre esprit à réagir.
Dans les trois volumes de l’ouvrage, et pour chacune des crises financières examinées, les auteurs fournissent au lecteur un point de vue qui ne s’arrête pas à la crise immédiate, mais examine les séries d’événements ayant constitué le désastre dans son ensemble. C’est bien là la véritable valeur de cette série de livres.
L’approche éditoriale est similaire à la manière dont on pourrait envisager les dégâts causés à terre par un ouragan, dégâts qui nécessitent parfois des années d’efforts pour être réparés. En d’autres termes, les dommages sur le rivage ne sont que la partie visible d’un phénomène naturel qui trouve ses origines loin en mer. Pour éviter l’impact de la tempête, vous devriez apprendre à prédire la météo. Ensuite, préparez-vous au choc — si vous ne choisissez pas de tourner tout simplement les talons.
Les auteurs utilisent une conception large des désastres financiers, comprenant une description objective des origines et des conséquences résultant de ces phénomènes. Mais ils vont aussi bien plus loin en présentant des éléments sur la manière dont chaque désastre est lié à d’autres thèmes de l’époque. Ils fournissent entre autres choses au lecteur des informations fascinantes sur le contexte historique, les changements de la vision des interventions gouvernementales dans l’économie, le développement de la pensée économique au sens large, le rôle des médias et l’ouverture (ou ce que nous appelons maintenant la "mondialisation") des marchés.
Les changements de grande échelle pouvaient être déclenchés par la réalisation qu’un gouvernement appliquait une politique monétaire très inflationniste. En guise d’exemple, les auteurs examinent à la fois l’inflation des Assignats français dans les années 1970 et l’hyperinflation sous la République allemande de Weimar dans les années 1920 — ainsi que ce qui s’est ensuivi dans ces deux cas lorsque les gens ont réalisé que leur devise perdait intégralement sa valeur. Ou bien les gens commençaient à percevoir qu’un gouvernement pourrait avoir moins de stabilité politique qu’on le pensait, comme cela s’est passé durant la crise du peso mexicain de 1994. A l’occasion, l’effondrement financier ne commence pas avec une inflation monétaire ouverte, mais avec l’éclatement d’une bulle du crédit et de la bulle des prix des actifs qui lui est associée, comme les krachs new-yorkais de 1929 et 1987. Ou bien on peut voir éclore une mentalité "de troupeau", où les investisseurs réagissent à des rumeurs et des craintes d’insolvabilité, comme cela a été le cas pour l’organisme britannique Overend & Gurney en 1867.
De plus, personne ne peut se considérer informé sur les origines de la politique monétaire moderne — et en particulier du rôle de Réserve fédérale US — sans de solides connaissances sur les événements de la Crise de 1907. Cette section à elle seule devrait être obligatoire pour quiconque veut comprendre la Fed et ses origines, ainsi que sa future direction tandis que le dollar continue son déclin séculaire.
Chaque désastre a sa propre cause, les racines à partir desquelles il se développe. Les Athéniens ont perdu une bataille à Syracuse. Le Titanic a heurté un iceberg. Les joints toriques de la navette Challenger se sont effrités dans le froid. Mais comme nous l’avons vu, il y avait des causes et des origines plus profondes — sans parler de l’orgueil démesuré dont fait généralement preuve la race humaine.
Meilleures salutations,
Byron King
Pour la Chronique Agora
(*) Byron King est diplômé de la faculté de Droit de Harvard et exerce actuellement en tant qu’avocat à Pittsburgh, en Pennsylvanie.
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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