De l’armement lourd pour les bestioles du marigot

Rédigé le 12 avril 2017 par | Bill Bonner, Deep State Imprimer

Selon nos calculs, il n’aura fallu que 76 jours au président Trump pour se retrouver sur la même longueur d’onde que les Clinton-Bush-Obama.

Maintenant il n’y a plus l’ombre d’un doute sur la direction qu’il prend : celle de l’Empire à 100%.

On pouvait s’y attendre, non ? Mais la vitesse à laquelle le président a lâché ses partisans pour passer du côté du Deep State est à couper le souffle.

Au milieu du tohu-bohu de la campagne électorale, l’un des messages provenant de la Team Trump faisait particulièrement plaisir à entendre.

Les guerres au Moyen-Orient ?

Trump disait qu’il était contre.

Il affirmait qu’il s’était opposé à l’invasion de 2003 en Irak, disant que c’était l’une des « pires erreurs » jamais commises par le pays.

Quant à la poursuite de la participation des Etats-Unis, pourquoi gaspiller des vies américaines et de l’argent américain en guerres que l’on ne pouvait gagner ?

« L’Amérique d’abord », avait-il dit.

Cette opinion était rafraichissante. Elle dressa contre lui les néoconservateurs républicains et les républicains de l’Establishment. Beaucoup d’entre eux passèrent du côté de Hillary plutôt que de prendre le risque de perdre les subventions destinées à leurs think tanks, et leurs honoraires de conseils.

Un sondage de 2013 révélait que 52% des Américains pensaient que les Etats-Unis devraient « s’occuper de leurs propres affaires, sur le plan international ».

Mais l’élite ayant retiré pouvoir et argent des guerres menées à l’étranger n’allait pas y renoncer. Au sein du marigot, les dépenses hors prestations sociales vont en grande partie dans les poches des compères évoluant dans les secteurs de la défense et de la sécurité.

Un Pentagone bien replet

Toutefois, Donald Trump avait promis « une nouvelle politique étrangère ».

On n’essaierait plus d’être le gendarme du monde. On ne livrerait plus les batailles des autres… en aggravant la situation. On ne gaspillerait plus l’argent des Américains ni leurs vies en guerres idiotes que l’on ne peut gagner.

L’une des premières mesures décisives serait de mettre un terme à cette comédie américaine sur fond de désert, vaine et déstabilisante.

Il parait que la facture de cette mésaventure s’élève désormais à 7 000 Mds$. Quant à la Syrie, Trump avait été direct, comme d’habitude.

Twitter

N’attaquez pas le pays, avait-il mis en garde Barack Obama, dans un autre tweet de 2013, ou « CELA PRODUIRA BEAUCOUP DE MALHEURS… »

Sauf que la semaine dernière… le dernier grand espoir envers le gouvernement Trump a explosé en Syrie. A présent, les néoconservateurs sont enchantés. Les compères et les zombies aussi.

Plus d’argent pour le Pentagone

Les perspectives sont les suivantes : l’Obamacare ne sera pas vraiment modifié. Les prestations sociales ne seront pas diminuées. On ne tentera pas d’équilibrer le budget. Aucune cure d’amaigrissement ne sera infligée au Pentagone. Au contraire, il recevra plus d’argent.

Et il ne manquait plus ça : non seulement les guerres du Moyen-Orient vont se poursuivre… mais elles vont s’accélérer.

Pour l’instant, les Etats-Unis ne combattent pas seulement les terroristes. Ils combattent également les gens qui luttent contre les terroristes.

C’est une guerre parfaite au sens du Deep State : elle ne sera ni gagnée, ni perdue, c’est garanti. Elle va simplement se poursuivre indéfiniment. Ainsi, les initiés disposeront de plus en plus de fonds publics à gaspiller en guerres absurdes se déroulant dans des endroits grotesques.

En attendant, les vacances parlementaires ont commencé. A son retour, dans deux semaines, le Congrès devra faire face à une nouvelle crise dont il est l’artisan.

Selon Bloomberg :

« Le financement du gouvernement expire le 28 avril, ce qui laissera cinq jours au Congrès pour présenter, débattre et voter un énorme plan de dépenses… ou bien déclencher un blocage du gouvernement.

‘Quel gâchis’, a déclaré Paul Brace, expert du Congrès à l’Université de Rice, à Houston, confiant son opinion pessimiste à l’égard du contrôle unifié exercé jusqu’à présent par les républicains sur le Sénat et la Chambre, sous le mandat de Donald Trump. ‘c’était tellement plus facile lorsqu’il suffisait de s’opposer à Obama’ […]

Les républicains de la Chambre ‘ont des opinions divergentes. Et il ne s’agit pas que de différences politiques. Il s’agit de différences portant sur les mesures’, a déclaré le sénateur républicain de l’Ohio, Rob Portman. »

Notre Indice Funeste émet encore un signal rouge.

Le Congrès va avoir du mal à parvenir à un accord concernant son budget. Le débat va rouvrir de vieilles blessures et en créer de nouvelles.

Déjà, on s’attend à un déficit budgétaire fédéral s’élevant en moyenne à 1 000 Mds$ par an au cours des 10 prochaines années.

M. Trump voudra dépenser plus. Nous avons besoin de dépenser davantage en infrastructures, pour l’armée… et de relancer l’économie… diront-ils.

De nombreux républicains de la Chambre, notamment les idéalistes du Freedom Caucus, auront du mal à suivre le mouvement.

Certains remarqueront, cyniquement, que tout le programme – y compris l’attaque en Syrie – n’est pas bien différent de ce que proposait Hillary.

Les prix à la consommation augmentent déjà, remarqueront d’autres. En outre, qui voudrait rentrer dans sa circonscription après s’être engagé en faveur d’une dette américaine de 30 000 Mds$ ?

D’autres, les activistes, voudront soutenir Trump. Les années Obama ont été désastreuses, diront-ils. Le ménage moyen s’en sort à peine mieux qu’au pire moment de la dernière récession.

La moitié des Américains vivent au jour le jour. Et 66 millions d’adultes en âge de travailler sont sans emploi, diront-ils.

L’Etat doit faire quelque chose ! Augmenter les dépenses pour stimuler l’économie (et ne pas détourner au passage quelques billets en direction de grands contributeurs aux financements de campagne et autres politicards d’envergure).

Les plus malins vont téléphoner à leurs courtiers pour vendre

Ceux qui maîtrisent le mieux les questions financières au sein du Congrès admettront que huit ans de stimulus n’ont pas apporté grand-chose à l’économie réelle.

Ces réalistes verront cela comme une locomotive incontrôlable fonçant vers un virage dangereux.

Ils voudront savoir comment l’Etat compte financer de nouveaux déficits colossaux juste au moment où la Fed resserre les taux d’intérêt.

Mais les plus malins d’entre eux appelleront leurs courtiers.
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Les cours des actions — les plus élevés jamais enregistrés depuis le krach des dot.com — se basent sur la conviction que, d’une façon ou d’une autre, la Team Trump parviendra à faire passer l’allègement de la fiscalité des entreprises, permettant ainsi aux sociétés de faire plus de bénéfices après impôts.

« Cela ne va pas arriver », se diront-ils.

Ils voudront sortir du marché actions avant que les autres investisseurs ne parviennent à la même conclusion.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Un commentaire pour “De l’armement lourd pour les bestioles du marigot”

  1. Le retournement de veste de Donald ma laisser perplexe. Après tous ces discourt a l’opposer de ce qu’il prône aujourd’hui. Avoir tout entrepris pour ces réforme et voir tout l’opposition, temps dans son camps que l’opposition, sans parler des médias.Voir qu’il est impossible de vider le marais des créature plus corrompue les une des autres. Voir tout les va en guerre ce lamenter et qu’il manigance et provoque en coulisse la guerre. Étant dans la rénovation, qu’en je rénove une maison qui est un cancer, qui à été mal monté,la charpente à été bâtie par des soit disant constructeur, ou le bois est direct sur le ciment et que la lise est pourrie après 5 ans. Que ce qui tien la poutre du 2 iem, est fabriquer avec 1 seule 2X6 et des morceaux de 2 pieds mi bout a bout ( 4 de large). Je pourrais en écrire 2 page de déficience grave de construction. fabriquer par des amateur ou des bout de 2X4 de 24 pouces ont bâtie des maison. De l,extérieur et de l’intérieur, ne semblais avoir que des défaut mineur. une seule choses me vient a l’esprit. DÉMOLIR et REBÂTIR. Je croix sincèrement que le retournement de veste de Donald = DÉMOLIR et REBÂTIR. Un royaume contre un royaume. La solution la moin coûteuse est de démolir. Mais va t’il avoir le temps de rebâtir. Le temps des nation viens a son terme. Qu’elle contraste avec aujourd’hui et le règne
    du Roi des roi. Que Dieu te bénisse Bill. Préparons nous à la rencontre de Dieu.

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