Le guide de survie des soixante-huitards, 2ème partie

Rédigé le 10 janvier 2018 par | Richesse Imprimer

Que faire si vous êtes en train de vous retrouver à court de temps et d’argent ? Adoptez la frugalité comme une philosophie de vie…

L’argent est notre sujet, à La Chronique.

Mais l’argent ne signifie rien sans la philosophie, disions-nous hier. Au-delà de ce nous avons besoin pour survivre, l’argent n’a pas d’importance.

Est-il bon ? Est-il mauvais ? Cela dépend.

Nous avons besoin d’une philosophie simple pour le comprendre – pour nous guider au-delà des sacs Gucci… au-delà de la télévision câblée… et au-delà des appartements à un million d’euros dans le 16ème.

Non que ces choses soient mauvaises en elles-mêmes. Mais elles sont chères.

Si vous n’avez pas d’argent, vous devez pouvoir rire au nez du luxe, de l’avidité et de l’hédonisme… non pas leur faire face en arrondissant les épaules sous le poids de la défaite et du dégoût de soi.

Pour cela, il vous faut la philosophie. Ou au moins l’esthétique.

Tout le monde – à moins d’être un saint ou mentalement déficient – veut avoir une bonne estime de soi. C’est le but premier dans la vie des gens et la seule raison pour laquelle ils s’intéressent à l’argent (en dehors de la quantité minimum pour survivre).

Dans la mesure où nous sommes une espèce compétitive, cette estime de soi est proportionnelle à combien nous nous sentons supérieur à ceux qui nous entourent.

Si nous sommes mince, cela ne sert à rien si ceux autour de nous ne le sont pas. Si nous sommes intelligent, nous n’en tirons aucun avantage tant que les autres ne sont pas bêtes. Et si nous sommes riche, cela n’a de sens que dans la mesure où les autres le sont moins.

Mais la race humaine est si futée que nous sommes capables de trouver de la supériorité quasiment partout.

Si nous sommes gros, nous redéfinissons la gamme de la corpulence de manière à être « agréablement dodu » tandis que les autres sont « en mauvaise santé » et « trop maigres ».

Si nous sommes idiot, nous nous concentrons sur notre « bon sens », par opposition au manque total de jugeote des intellos à lunettes.

Et si l’on n’a pas d’argent ?

Alors dépenser est vulgaire, superficiel et inutile !

Pauvres riches !

Un homme se sent supérieur grâce à ce qu’il possède. Un autre grâce à ce qu’il n’a pas. Encore un autre grâce à ce qu’il sait. Et un autre par ce qu’il ne sait pas.

Un autre homme encore se sent supérieur grâce à qui il est… tandis qu’un autre mesure sa stature à qui il n’est pas.

Et celui qui se sent supérieur à eux tous est celui qui ne possède rien, ne sait rien et n’est personne. Il est libre de toutes les vanités qui encombrent les vies des autres !

Dans l’Europe du Xème siècle, vivre de peu était à la mode. Les gens abandonnaient leurs biens pour rechercher une existence contemplative.

Ils voulaient éviter les distractions et les tentations de la vie quotidienne afin de pouvoir vivre de manière plus pure… dans la simplicité et la sainteté… et se sentir supérieurs.

A présent, nous allons relever le défi. Notre but sera de vivre mieux. Nous mettrons un point d’honneur à le faire sans dépenser d’argent.

Nous aurons moins, mais nous chérirons notre frugalité comme un homme peut apprécier une collection de vieilles voitures ou des biceps bien développés.

Ensuite – à mesure que nos jours déclinent, que nos appétits s’amoindrissent et que notre énergie pâlit au fil du temps – notre trésor de rien augmentera, car nous aurons besoin de moins en moins de choses.

Un livre. Un lit. Une chandelle. Que pourrions-nous vouloir de plus ?

Oui, nous parlons d’un programme de privation radicale et de débine heureuse. Notre but serait de nous sentir supérieur aux riches… sans avoir d’argent. [NDLR : Pour être plus riche sans avoir plus d’argent, pourquoi ne pas payer moins d’impôt ? Si vous êtes propriétaire immobilier, voici comment vous pourriez économiser 41 000 € en 48 heures. Notre Rapport Spécial vous explique comment gérer et transmettre votre patrimoine immobilier, quel est le meilleur régime fiscal, et que faire (ou ne pas faire) avec une société civile immobilière.]

Mais il y a un hic. Nous porterions notre nouvel amour de la pauvreté comme une médaille d’honneur… et l’utiliserions pour devenir riche !

Déjà, nous avons pitié des riches. Dans notre coffre vide, nous avons le plus beau trésor de tous – l’espoir du bonheur.

Oui, cher lecteur : bénis soient les pauvres, parce qu’ils bénéficient du don de l’ignorance.

Ils pensent encore pouvoir être heureux… si seulement ils avaient plus d’argent !

C’est là bien entendu une illusion que seuls les pauvres peuvent se permettre. Les riches en savent plus long. Ils ont trop d’argent. Ils savent que cela ne peut pas leur acheter le bonheur. C’est pour cette raison que le taux de suicide dans la très huppée station de ski d’Aspen est trois fois plus élevé que la moyenne nationale américaine.

Les pauvres n’ont-ils pas de la chance ? Il leur reste l’espoir ! Il leur faudra gagner au loto avant de vouloir se faire sauter le caisson. Et les probabilités sont contre eux.

Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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Un commentaire pour “Le guide de survie des soixante-huitards, 2ème partie”

  1. Comme Bill, j’aime philosopher… Je le fais plus volontiers quand j’ai le ventre plein, que je suis à l’abri et au chaud. En France, cette béatitude n’est atteinte que si vous êtes propriétaire de votre logement et disposez d’au moins 1500 euros par mois. Si vous n’êtes pas propriétaire, il vous faudra ajouter le prix du loyer.

    A ce niveau de revenus, Macron affirme que vous êtes riches et qu’à ce titre, vous devez aider les très riches à atteindre le nirvana en devenant encore plus riche !

    Merci Macron ! Merci de me permettre de devenir meilleur en aidant mon prochain.

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