Argent fou, effet d’aubaine…

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La Chronique Agora
Paris, France
Mardi 24 juillet 2007
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*** Argent fou, effet d’aubaine…
… Et nos lecteurs ont leur mot à dire !

*** Où est la fête ?
Avec un Dow Jones au-delà des 14 000, les investisseurs devraient être plus en forme…

*** Les choses se détraquent-elles ?
Le dollar est-il le premier d’une longue série de baisses ?

*** Soldes d’été (1)
Une histoire d’offre et de demande…

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Bonjour,

*** ARGENT FOU, EFFET D’AUBAINE…

** Depuis près de deux mois, nous restons très partagé sur la signification concrète des épisodes correctifs qui ont empêché à quatre reprises au moins l’Euro-Stoxx 50 de franchir les 4 560 points, et le CAC 40 les 6 130 points. Chaque trou d’air semblait relié à des causes fondamentales, aux retombées durables : crise du subprime aux Etats-Unis, hausse des taux de Londres à Sidney en passant par Paris et Chicago, flambée du pétrole, glissade du dollar… tandis que chaque rebond s’expliquait par des raisons tactiques et ponctuelles (fusions, OPA ou LBO, couverture de position short).

A chaque fois que la tendance haussière a paru menacée, les arguments d’une gestion court-termiste (il y a un coup à jouer à la hausse) l’ont assez nettement emporté à Wall Street, comme le démontre l’amplitude des mouvements de reprise (+3% en moyenne et jusqu’à +4,5%). Lorsque les marchés plafonnent depuis plusieurs semaines et que les nouvelles sont plutôt mauvaises, la tentation de devancer la prochaine vague de consolidation devient irrésistible.

Il en va de même de la tentation de laminer les vendeurs à découvert lorsque les liquidités demeurent très abondantes : quelques minutes suffisent parfois à mettre l’ensemble des opérateurs au diapason, ce qui déclenche une spirale haussière dont personne ne parvient à justifier la violence — surtout lorsque l’actualité du jour aurait pu justifier le scénario inverse.

** Les fluctuations du CAC 40 semblent solidement encadrées depuis le 2 mai dernier (premier test des 6 000 points). Lorsque l’indice s’est rapproché de l’une ou l’autre borne du corridor 5 900/6 100, les tentatives de mise à l’épreuve des support et résistances se sont soldées par des échecs. Le double test des 6 160 points s’est transformé en "fausse sortie" à la hausse ; l’incursion dans la zone des 5 850, survenue les 7 et 11 juin derniers, a piégé les vendeurs à découvert, tout comme la cassure d’un support oblique court terme gravitant vers 5 950 points ce lundi 23 juillet.

Le rebond du CAC 40 s’est accéléré dans le sillage de Wall Street en fin de séance, et c’est à nouveau une vague de "rachats de découvert" qui a propulsé un indice — demeuré longtemps hésitant de part et d’autre des 5 960 — bien au-delà des 6 000 points au cours des derniers échanges. Les volumes, quant à eux, deviennent estivaux : le chiffre d’affaire s’est contracté de deux milliards d’euros à Paris par rapport à vendredi.

Aucune statistique économique n’est venue soutenir la tendance, et ce sont les bons trimestriels de Merck et Schering-Plough qui ont fait la différence en fin d’après-midi.

Un rebond des marchés ne serait pleinement justifié sans l’annonce d’une fusion ou d’une OPA : cette séance fut donc marquée par un mariage dans l’industrie para-pétrolière aux Etats-Unis (les spécialistes du forage Transocean et GlobalSantaFe ont annoncé leur fusion, formant un nouvel ensemble qui pèsera près de 53 milliards de dollars).

Il n’en fallait pas davantage pour faire grimper l’une de nos valeurs favorites du secteur, qui avait fait l’objet d’une recommandation d’achat sur notre Téléphone Rouge 48 heures auparavant (et pour en savoir plus sur cette recommandation, rendez-vous sans plus attendre au 0899 781 961*…)

** Avec l’explosion de la demande chinoise, la thématique de l’énergie n’a pas fini de susciter un vif intérêt de la part des analystes qui parient — tout comme nous — sur une accélération de la concentration du secteur au cas où le baril effacerait la barre historique des 80 $.

Cela nous ramène à l’un des sujets de consensus des participants à l’émission de BFM du 11 juillet dernier, consacrée à la rémunération des dirigeants de grandes entreprises : s’il faut récompenser la création de valeur pour l’actionnaire — et si celle-ci se mesure essentiellement par la hausse du cours de bourse — quel est le véritable mérite d’un PDG dont l’entreprise surfe sur l’envol du cours des matières premières ou de l’énergie ?

Nous profitons de cet exemple éclairant pour vous livrer un best of des réactions et suggestions de nos lecteurs concernant le débat autour des "méga-rémunérations" des dirigeants (ce qui englobe les directeurs et membres des conseils d’administration).

Un de nos lecteurs, dont les initiales sont "L.L", nous a adressé une intéressante contribution. Il nous rappelle en préambule que JP Morgan conseillait, au milieu des années 70, un écart maximum de 20 du bas jusqu’en haut de l’échelle entre salariés et dirigeants de la même entreprise.

De nos jours, cet écart est en moyenne de 360 (entreprises du CAC 40) ; il dépasse souvent les 1 000 (pour le S&P 100) — voire beaucoup plus lorsqu’il s’agit d’entreprises du secteur financier… quoique certains salariés, par le jeu des bonus et primes sur intéressement, arrivent à gagner jusqu’à dix fois plus que leur patron.

Cela fait beaucoup d’argent réparti entre très peu de mains. Notre lecteur propose donc une plus juste répartition des "effets d’aubaine" (liés à une conjoncture exceptionnellement favorable) entre tous ceux qui ont contribué à la créer.

Les avantages économiques (voire ethniques) lui semblent évidents :

1. Redonner de la motivation pour le travail aux travailleurs de base, qui deviendraient soucieux de battre la concurrence tout autant que leur PDG.
2. Stimuler la croissance économique nationale : une fois pulvérisés en mille parties, une fraction des dizaines de millions attribués au PDG, chacun aurait la possibilité de soutenir de façon plus efficace la consommation et la croissance.
3. Le partage collectif d’une partie des bénéfices donnerait plus de souplesse aux entreprises, qui pourraient rémunérer les dirigeants et salariés de façon modulable en privilégiant des critères de qualité, d’implication, de bonne gouvernance.
4. Il faudrait mettre fin à ces contrats intouchables et aux prétentions de prima donna des PDG (stocks options, parachutes dorés, retraites chapeau…), souvent injustifiées.
5. Pour les actionnaires, il s’agirait d’exercer un meilleur contrôle des dépenses : chaque augmentation devrait être répercutée sur l’ensemble des salariés. Une hausse de rémunération (quelle que soit sa forme) exige d’être tout particulièrement pondérée et analysée — et non pas adoptée sous la pression, parce que cela se pratique ailleurs.
6. Il faudrait mettre fin au découpage des sociétés en multiples entités ayant pour seul mérite de faire remonter les profits au sommet de la structure administrative, ce qui prive "la base" du moindre droit de regard sur le destin de la société — et des moyens de profiter équitablement de son enrichissement.

Ce ne sont que quelques possibilités parmi une infinité qui nous ont été adressées : nous en avons pratiquement achevé la synthèse… et nous vous tenons au chaud ces autres pistes pour la Chronique que vous découvrirez mercredi.

Qu’il nous soit une nouvelle fois permis de vous remercier pour tous ces apports, preuve que le souci de s’enrichir et de préparer l’avenir ne vaut pas acceptation de toutes les dérives et de la confiscation des fruits du travail par une minorité qui parfois — heureusement, ce n’est pas la majorité — ne s’embarrasse guère de scrupules.

De grands patrons français n’ont pas hésité à dénoncer ce type d’excès, à l’image de Claude Bébéar, Louis Schweitzer (Président de la HALDE), Jacques Friedman, Louis Gallois. Cependant, le consensus en faveur de l’institution d’un "usage raisonnable" en matière d’échelle des rémunérations (et avantages annexes) tarde à se dessiner…

Philippe Béchade,
Paris
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)

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Cinq conseils pour votre portefeuille…
… et l’investissement que vous devriez faire sans plus attendre !

Pour découvrir les principales tendances qui nous attendent dans les mois qui viennent — comment y réagir, cliquez ici…

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Nos spécialistes vous donnent les dernières nouvelles de Wall Street

*** OU EST LA FETE ?

** Le Dow a dépassé les 14 000 points. Pas mal, hein ?

- A coup sûr, les investisseurs doivent se sentir un peu plus riches, non ? Alors pourquoi est-ce que les investisseurs américains ne descendent pas dans la rue fêter leur victoire boursière ?

- Nous n’en savons rien, bien entendu… mais nous avons quelques suggestions.

- Peut-être viennent-ils tout juste de faire le plein à Chicago pour 3,16 $ le gallon de carburant. Ou peut-être font-ils partie du million de propriétaires immobiliers victimes de saisies à ce jour cette année — ce chiffre (926 000 personnes très précisément) grimpant de pas moins de 56% par rapport aux données du premier semestre 2006. Est-ce que cela suffirait à éventer le champagne des célébrations ? Probablement pas…

- Alors peut-être les investisseurs viennent-ils d’entendre Ben Bernanke préciser ce qu’il voulait dire lorsqu’il déclarait que les pertes des prêts subprime étaient "assez significatives" : la semaine dernière, le chef de la Fed expliquait au Comité bancaire du Sénat US que "selon certaines estimations, entre 50 et 100 milliards de dollars de pertes sont associées aux problèmes du crédit subprime". Alors, où en sont les feux d’artifices de la fête ?

** Tous les "oooh" et les "aaah" émis devant les nouveaux records boursiers nous semblent légèrement douteux — un peu comme des gens riant à une plaisanterie qu’ils ne comprennent pas vraiment. Ils sentent qu’une réaction est nécessaire, mais ils ne sont pas certains de la raison. Peut-être que, comme le supposent certains analystes, la déconfiture du dollar US a quelque chose à voir avec l’exaltation équivoque qui règne autour du buffet froid.

- Passer le seuil des 12 000… puis des 13 000… et désormais des 14 000 points… serait effectivement une excellente nouvelle si tout le monde sur Terre ne dépensait que des dollars américains. Au lieu de cela, au grand désespoir de quiconque reçoit son salaire en billets verts, les Australiens préfèrent le dollar australien, tandis que les Canadiens et les Britanniques sont ravis du "huard" et de la livre sterling respectivement. Et pourquoi pas ?

- La semaine dernière, le dollar australien valait 88,12 cents à New York, soit un sommet de près de 18 ans par rapport au billet vert, bien mal en point. La livre sterling, quant à elle, semble avoir atteint un niveau confortable au-delà du seuil des 2 $, tandis que les Canadiens se demandent, avec leurs dollars garantis par une telle quantité de matières premières, s’ils pourront un jour prendre des vacances bon marché de l’autre côté de la frontière.

- Il semblerait que le fait de compter quelques dollars de plus en poche ne nourrit pas la même motivation qu’au bon vieux temps de la devise garantie par l’or…

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** LES CHOSES SE DETRAQUENT-ELLES ?

** Nous sommes en route pour Vancouver… et nous n’avons pas beaucoup de temps pour écrire. En plus, il n’est pas facile de se concentrer dans un hall d’aéroport. Trop d’allées et venues ; nous sommes distrait sans arrêt.

* Le phénomène le plus intéressant de ces derniers jours, c’est le déclin continu du dollar US. Vendredi, il a chuté… alors que l’or grimpait. Il est impossible de prédire quelle direction le dollar va prendre dans les jours qui viennent. Mais s’il continue sa dégringolade, les résultats pourraient être déplaisants.

* Comme nous ne cessons de le dire, nous ne pouvons pas prévoir l’avenir… mais il nous semble que les investisseurs sous-estiment largement le risque dans ce marché.

* Les marchés frôlent des records — dans tous les sens du terme. Si vous cherchez des bonnes affaires, vous aurez du mal à en trouver. Tout est cher.

* Nous rappelons aux lecteurs que pour gagner de l’argent, il faut acheter bas et vendre haut. L’inverse ne fonctionne pas. Bien entendu, vous pouvez aussi acheter haut et essayer de vendre plus haut. Mais plus vous achetez cher, plus vous prenez de risques de baisse.

* Notre conseil : tenez-vous en à la formule simple. Achetez des actions lorsque ce sont des affaires. Si ce n’est pas le cas, ne les achetez pas.

** Voilà une autre raison de ne pas acheter d’actions : le dollar chute. Jusqu’à présent cette année, les investisseurs ont perdu environ 4,5% sur leurs actifs libellés en dollars, par rapport à l’euro. Dans les faits, cela efface toute une année de gains pour les investisseurs en obligations américaines, par exemple. L’Américain moyen s’en rend à peine compte ; mais les spéculateurs du reste du monde ressentent le moindre creux du billet vert comme une piqûre d’abeille. Et le risque, pour la bulle financière mondiale, c’est qu’ils fassent un choc anaphylactique.

* Bien entendu, une soudaine ruée hors du dollar menace depuis des années. Dans la mesure où elle ne s’est pas encore produite, les spéculateurs pensent qu’elle ne se produira jamais. Tout de même, certains commencent à se poser des questions…

* "Les traders demandent jusqu’où le dollar peut baisser", commence un article publié vendredi dernier dans le Financial Times. Il est déjà à 1,38 $… et le journal cite une estimation le mettant bientôt à 1,40 $. Nous nous rappelons avoir prédit qu’il irait à 1,50 $. Malheureusement, nous avons fait cette supposition au moins deux ans trop tôt.

* "A un moment ou à un autre, la chute du dollar se reflètera dans le fait que les investisseurs étrangers n’achètent plus d’actifs américains, et vendent leurs positions existantes", déclarait un expert dans le Financial Times.

* Les Etats-Unis ont un gigantesque déficit courant annuel. Chaque année, les investisseurs étrangers le comblent — en achetant des bons du Trésor US et d’autres actifs américains. Les spectateurs — dont nous faisons partie — sont stupéfaits par la quantité d’argent que les étrangers sont prêts à mettre dans le dollar. Mais il y a une limite à tout… et il n’est pas difficile d’imaginer un changement d’attitude.

* Une chose est liée à une autre, bien entendu. Tout le "Boom d’Effondrement" doit son existence à la volonté de parfaits étrangers de financer les habitudes de dépenses américaines. A présent, l’effondrement du secteur des prêts subprime rappelle à ces étrangers que tous les actifs portant le sigle du dollar ne sont pas nécessairement aussi étanches et indestructibles qu’ils le semblent. Et quelle pitié pour le malheureux spéculateur ayant emprunté des yens, qu’il a échangés contre des dollars pour les investir dans le fonds à effet de levier de Bear Stearns. Il a été ruiné plusieurs fois. Non seulement son compte dans le hedge fund a atteint le niveau zéro… mais le yen a grimpé, provoquant des pertes additionnelles.

* Sur toute la Planète Bulle, les gens ont fait des paris basés sur des suppositions délicates… sur les devises… sur le Dow… les taux d’intérêt… et la qualité du crédit. Il suffit qu’une chose se détraque… pour que tout le reste parte à son tour à vau-l’eau.

* Les choses vont-elles se détraquer plus encore dans les jours qui viennent ? Nous allons devoir patienter pour le savoir.

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Depuis des années, quelques privilégiés gagnent des millions d’euros grâce à une forme d’investissement qui leur permet de démultiplier les performances du marché. Jusqu’à récemment, les investisseurs individuels avaient toutes les peines du monde à profiter de tels gains…

Aujourd’hui, découvrez ENFIN cette forme d’investissement méconnue de la plupart des Français — et profitez de gains dignes des professionnels!

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*** La Chronique Agora présente ***

Ces derniers temps, certains analystes affirment que le marché haussier des matières premières n’est dû qu’à l’inflation monétaire. Mais comme l’explique Puru Saxena, pour qu’un marché haussier se produise — quel que soit le secteur concerné — l’offre et la demande doivent aussi être déséquilibrées. Continuez votre lecture…

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SOLDES D’ETE — 1ère PARTIE
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Par Puru Saxena (*)

Nous assistons à un marché haussier spectaculaire dans toutes sortes de ressources naturelles (énergie, céréales et métaux). Ce boom des matières premières est en majeure partie dû à un déséquilibre entre l’offre et la demande, ajouté à une inflation monétaire continue, qui jette de l’huile sur le feu.

Aujourd’hui, diverses banques centrales continuent d’injecter de l’argent et du crédit dans le système. Si l’on ajoute à cela une hausse des niveaux de consommation per capita en Asie et en Amérique Latine, on commence à comprendre pourquoi les prix des matières premières atteignent des niveaux record.

De toute évidence, le secteur a connu une hausse considérable durant ce marché haussier ; cependant, je suis convaincu que la tendance haussière se poursuivra durant encore plusieurs années. Pour commencer, en 2001, les ressources naturelles étaient leur niveau de prix le plus bas de toute l’histoire du capitalisme, si bien que leur avancée actuelle a commencé à des seuils extrêmement modérés. Ensuite, si on tient compte de l’inflation (même avec les données officielles bidon de l’IPC, qui sous-estiment la menace inflationniste), les matières premières restent extrêmement bon marché.

Actuellement, certains analystes affirment que le marché haussier des matières premières n’est dû qu’à l’inflation monétaire, et que les déséquilibres entre l’offre et la demande n’ont pas la moindre influence. Je ne suis pas d’accord avec ce point de vue, dans la mesure où l’inflation monétaire constante fait partie du paysage depuis le début des années 70, lorsque l’or a été éliminé du système monétaire ; pourtant, les prix des matières premières (énergie, céréales et métaux) ont décliné de manière significative entre 1980 et 2001. Il est donc clair que la dévaluation des devises n’est pas à elle seule responsable de la hausse continue des cours des ressources naturelles.

Afin d’obtenir un marché haussier durable dans quelque secteur que ce soit, l’offre et la demande doivent être déséquilibrées. Dans le cas des ressources naturelles aujourd’hui, la demande grimpe furieusement en Inde et en Chine, tandis que l’offre a du mal à suivre.

Prenez par exemple le marché de l’énergie : au début de la décennie, l’Inde et la Chine combinée consommaient environ 8% du pétrole mondial. Aujourd’hui, elles dépassent les 11%. Pour illustrer le fait que l’offre et la demande sont des facteurs importants, j’ajouterais que cette hausse de la demande (sans tenir compte de l’inflation monétaire) ne se serait pas transformée en une flambée du pétrole s’il y avait une quantité illimitée d’or noir. Dans le scénario actuel, cependant, le prix du pétrole grimpe parce que l’offre est extrêmement serrée par rapport à la demande. En fait, j’irais jusqu’à dire que l’humanité regarde le Peak Oil littéralement dans les yeux.

Aujourd’hui, un Chinois moyen consomme moins de deux barils de pétrole par an, tandis qu’un Indien moyen en consomme moins d’un baril. L’Américain moyen, de son côté, en brûle pas moins de 25 ! Avec ces données en main, inutile d’être un génie de l’économie pour comprendre que la demande énergétique de l’Asie ne peut que grimper. Et à moins de trouver un moyen d’augmenter l’offre, le prix du pétrole continuera à s’apprécier.

La suite dès demain…

Meilleures salutations,

Puru Saxena
Pour la Chronique Agora

(*) Puru Saxena est le rédacteur de Money Matters, une publication économique et financière. Conseiller d’investissement basé à Hong Kong, il participe régulièrement à des émissions sur CNBC, BBC World, Bloomberg TV & radio, NDTV, RTHK Radio 3, et écrit pour plusieurs journaux et publications financiers.

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(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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