Argent et espèces : quand vous pouvez « disparaître » en un clic

Rédigé le 26 juin 2015 par | Article, Bill Bonner, Indices, marches actions, strategies Imprimer

▪ Notre indicateur technique de court terme nous donne un avertissement. Il prédit un rendement de MOINS 4,5% pour les valeurs US au cours des trois prochains mois. Et selon notre modèle de long terme, il faut nous attendre à une perte de 9,6% par an sur les 10 prochaines années.

Prévisions boursières long terme

Prévisions boursières court terme

Ces modèles seront-ils exacts ? Nous verrons bien.

▪ Dynamisme… dynamite

Nous avons également appris qu’Ewa Kopacz, Premier ministre en Pologne, a conseillé aux Polonais se rendant en Grèce de prendre « plus d’espèces » avec eux.

Pourquoi ? Parce que la situation pourrait être « très dynamique », dit-elle.

« Ne comptez pas sur vos cartes bancaires et les distributeurs de billets ; amenez plus d’espèces avec vous ».

Ce n’est pas la situation dynamique qui nous inquiéterait. C’est la dynamite qui se trouve sous le système monétaire mondial dans son intégralité. C’est un système fondamentalement déficient. C’est-à-dire qu’il est basé sur l’indépendance et l’intégrité de ses gardiens. Non que nous pensions que Madame Yellen (et les autres) soit idiote. Nous ne doutons pas non plus de son honnêteté. Mais elle n’est qu’humaine, après tout. Or la planification centrale d’une économie à 18 000 milliards de dollars… en manipulant la devise papier, les prix des actifs et les taux d’intérêt… c’est une entreprise surhumaine. Probabilités que quelque chose tourne mal : 100%.

Un lecteur pose une bonne question :

« J’ai une question sur la recommandation de détenir du cash. Si les entreprises mettent en place un contrôle des capitaux et des banques, sous quelle forme doit-on détenir du liquide ? En dollars US ou autre devise. Si nous nous dirigeons vers une ‘société sans cash‘, à quoi servirait-il d’avoir un tas de billets ? »

Nous aimerions avoir une meilleure réponse, mais nous n’avons que celle-ci :

L’argent est toujours une convention. C’est un accord — qui n’est quasiment jamais écrit — par lequel les gens reconnaissent une forme d' »argent » comme représentant la richesse. Depuis le début de la civilisation, les gens ont expérimentés avec diverses sortes de monnaie. Ils ont terminé — quasiment toujours et quasiment partout — avec de l’or et de l’argent-métal. Pourquoi ? Parce que ces métaux sont pratiques. Et difficiles à produire. Il s’agissait de « cash » que les gouvernements ne pouvaient pas contrôler. Il n’y avait pas besoin de surhommes pour les gérer.

Bien entendu, les gouvernements — les gens qui peuvent dire aux autres quoi faire — veulent toujours contrôler la devise. Ils y mettent leur visage. Ils battent monnaie. Ils rognent les pièces. Ils impriment des bouts de papier et appellent ça de l’argent. Mais ils n’ont jamais pu réellement et complètement contrôler le « cash« . Les gens ont accumulé de l’or. Ils l’ont caché. Ils se sont enfuis avec. Ils l’ont utilisé pour échanger entre eux — sans se soucier de ce que disaient les autorités.

Et lorsque la devise officielle finissait par rendre l’âme — ce qu’elle fait toujours — les gens sont revenus à l’or parce qu’ils savaient qu’ils pouvaient lui faire confiance.

▪ Restez méfiant

A présent, les autorités font peut-être une nouvelle tentative pour contrôler entièrement la devise. Les économistes prétendent que c’est plus pratique pour le consommateur (plus besoin d’attendre que le caissier rende la monnaie à la personne devant vous). Ou ils tentent de vendre ça comme un outil macro-économique utile pour les planificateurs centraux (ils pourront stimuler la demande en imposant des taux négatifs… c’est-à-dire une taxe sur votre compte en banque). Ou bien ils disent qu’un monde sans cash sera plus sûr — les terroristes auront plus de mal à trouver des financements et les barons de la drogue auront plus de mal à nettoyer leur argent.

La vraie raison est la suivante : le contrôle. Si les autorités peuvent éliminer le cash, elles peuvent facilement suivre, taxer et confisquer votre argent. Et si elles peuvent contrôler votre argent, elles pourront vous contrôler aussi. Vous avez une opinion qu’elles ne veulent pas entendre ? Vous appartenez à un groupe dont elles veulent se débarrasser ? Vous voulez savoir ce qu’on a fait de l’argent de vos impôts ?

Attention, en un clic de souris, on pourrait vous faire « disparaître ».

« Parfois, quand le gouvernement vous dit de faire une chose, il vaut mieux faire le contraire », nous dit un voisin français.

En 1944, son père était maire adjoint d’une petite ville dans le sud-ouest de la France. Les Alliés avaient débarqué en Normandie et l’armée allemande ramenait ses troupes vers le Rhin.

Notre ami raconte :

« Quelqu’un avait fait exploser un camion allemand pendant qu’il passait dans la ville. C’est ce que les gens faisaient. Ils tiraient sur les Allemands. Et les SS n’appréciaient pas. Ils rassemblaient le maire et quelques autres personnes. S’ils ne dénonçaient pas le coupable, ils tuaient le maire — et, parfois, la ville entière.

Mon père a reçu un message disant qu’il était convoqué sur la place du village. Il a préféré partir dans les bois… et il a bien fait. Sinon je ne serais pas là ».

Quand avez-vous besoin d’une pile de cash ? Quand les autorités tentent de le rendre hors-la-loi.

Ayez des billets. Et de l’or.

[NDLR : Vous pouvez aussi agir ! Demandons au gouvernement français de mettre fin à la dématérialisation du cash : notre pétition est en ligne — pour la signer à votre tour, il suffit de cliquer ici.]

Mots clé : -

Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Laissez un commentaire