Après la fin des "prêts menteurs"…

| |

=============================
La Chronique Agora
Paris, France
Vendredi 27 juillet 2007
=============================

*** Après la fin des "prêts menteurs"…
… assistons-nous à la fin des "marchés menteurs" ?

*** La marée monte…
…. mais l’eau baisse : Chris Mayer mène l’enquête

*** Début de conférence et boom d’effondrement
Le Mogambo Guru était à Vancouver cette semaine…

*** Attention : l’été risque d’être très chaud sur les marches (2)
Article prévisionnaire paru dans le numéro de Vos Finances – La Lettre du Patrimoine de juillet…

NDLR : Vos Chroniqueurs s’offrent quelques jours de vacances : la Chronique Agora s’interrompt à partir du lundi 30 juillet et jusqu’au 12 août inclus. Si la planète boursière ne s’arrête pas de tourner d’ici là, vous nous retrouverez tous dès le lundi 13 août avec des nouvelles toutes fraîches des marchés boursiers

—————————– (publ.)

Depuis des années, quelques privilégiés gagnent des millions d’euros grâce à une forme d’investissement qui leur permet de démultiplier les performances du marché. Jusqu’à récemment, les investisseurs individuels avaient toutes les peines du monde à profiter de tels gains…

Aujourd’hui, découvrez ENFIN cette forme d’investissement méconnue de la plupart des Français — et profitez de gains dignes des professionnels!

Un clic suffit…

—————————

Bonjour,

*** APRES LA FIN DES "PRETS MENTEURS"…

** Cette fois-ci, la grande glissade des indices boursiers est bel et bien enclenchée !

Les gros bras avaient fait leur devoir en permettant aux journaux grand public de titrer sur un Dow Jones caracolant au-dessus des 14 000 le 20 juillet dernier — une bonne nouvelle pour les vacanciers sur le départ… Comme d’habitude, les suiveurs avaient suivi le mouvement, avec la conviction de voir le Dow déborder les 15 000 avant le milieu de l’automne. De leur côté, les vendeurs à découvert, qui s’étaient pris une déculottée le 12 juillet, avaient lâché l’affaire depuis une semaine : les conditions étaient donc idéales pour déclencher — et nous ne doutons pas que ce soit totalement intentionnel — une belle correction boursière, puisque le consensus était devenu unanimement haussier.

Nous sourions intérieurement devant l’ébahissement de certains commentateurs face au plongeon de 5% des indices de la zone euro en l’espace de 72 heures, avec à la clé la cassure collective et simultanée de tous les supports graphiques, techniques et psychologiques survenue mercredi soir. Cet événement a été suivi d’un trou d’air généralisé de -2,5% ce jeudi : le CAC 40 — qui dévisse de 2,8% — se retrouve au contact des 5 675 points ; l’Euro-Stoxx 50 (-2,5%) sur 4 250 ; l’Eurotop 100 (-2,7%) sur 3 160 ; le DAX (-2,4%) sur 7 500 points.

Les volumes d’échanges ont également explosé de +33% en 48 heures à Paris ; la barre des 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires a été largement franchie, et pas une seule des 40 vedettes du CAC n’a perdu moins de 1,4%. En fait, une bonne dizaine d’entre elles ont perdu entre 4% et 6% au cours de la dernière heure de cotations, qui fut carrément dévastatrice.

** Si nous prenons le soin de mentionner ces scores in extenso (et vous en trouverez la confirmation sur n’importe quel site boursier), c’est parce qu’ils sont équivalents à ceux observés les 27 février et 14 mars dernier, à une différence près : les circonstances sont totalement différentes. Pas d’effet de surprise cette fois-ci (mini-krach à Shanghai), ni de faillite d’une officine de prêts subprime telle que New Century Financial. Rien d’autre, en substance, que la prise en compte d’éléments macro-économiques que les marchés s’obstinaient à nier depuis les premières séances du mois de mars.

Rien n’apparaissait différent en ce 26 juillet par rapport au tableau que nous brossions pas plus tard que jeudi dernier (alors que le Dow Jones semblait comme en apesanteur au-dessus des 14 000 points, avec parfois 30 titres sur 30 en hausse en cours de séance) : le secteur du logement a bu la tasse au mois de juin (ventes de logements neufs en chute libre de 6,6% en juin, prix des maisons en recul de 2,2%)… l’activité industrielle reste poussive (commandes de biens durables en hausse de 1,4%, bien loin des 1,8% à 2% anticipés)… les pressions inflationnistes se renforcent avec un baril à 77 $, nouveau record annuel.

De précédentes statistiques de la mi-juillet (indice "Philly Fed", baromètre immobilier de la NAHB, indice des prix PCE de la Fed) indiquaient exactement les mêmes tendances. Pourtant, tous ces signaux d’alerte furent allègrement ignorés — ou "pricés", pour reprendre une terminologie pseudo-financière qui systématise le phénomène du fait accompli.

Quelle désillusion pour des analystes qui ne trouvaient plus de superlatifs assez emphatiques, vendredi dernier, pour décrire le caractère d’invulnérabilité des marchés financiers avec un Wall Street en acier trempé, renforcé par un ratio de deux tiers de trimestriels ressortant supérieurs au consensus, d’où une ruée — supposée — des étrangers vers les actions américaines, sans oublier des LBO en pagaille et des projets d’OPA innombrables.

Soulignons au passage que le financement des rachats à effet de levier par le biais de lignes de crédit d’Alliance-Boots (par KKR) et Chrysler (par Cerberus) s’avère beaucoup plus compliqué que prévu. En effet, les instituts de notation voient ces émissions obligataires massives (12 et 20 milliards de dollars respectivement) d’un mauvais œil, la rentabilité in fine de telles opérations restant toute théorique, de même que la valorisation des actifs offerts en garantie.

** En ce qui concerne l’absence de caractère contagieux de la crise du subprime, le fallacieux argumentaire matraqué sans répit depuis la mi-mars par les stratèges et économistes en chef des plus grandes banques d’affaires américaines vole en éclats : il apparaît clairement que la prime associée aux émissions obligataires privées explose. Il n’est pas rare de se voir offrir 400 points de base au-dessus du taux "Fed Funds" — et dans ce cas, les chances de revoir son argent sont particulièrement faibles.

Le volume des demandes de prêts immobiliers décroît à une telle vitesse — c’est le socle du futur chiffre d’affaire des principaux établissements de crédit opérant sur le territoire américain — que des stratèges imaginent déjà que Ben Bernanke et ses collègues pourraient être en train d’étudier les modalités d’un futur assouplissement monétaire dès l’automne.

Si la Fed veut envoyer au marché un signal fort confirmant que la crise du subprime menace de s’étendre à l’ensemble de l’économie, il n’y aurait pas de façon plus efficace de pousser Wall Street au bord de l’abîme. Mais nous le réaffirmons, la hausse de 300 points du 12 juillet, puis la chute de 320 points du Dow en intraday ce 27/07 ne constituent certainement pas une surprise pour tout le monde. La rechute des indices américains pourrait se traduire par de fantastiques plus-values pour certains bear funds au cours des prochaines semaines.

** Parmi les principaux facteurs macroéconomiques à surveiller — que la Fed manifeste ou non son intention d’enrayer une débâcle boursière — nous ne quitterons pas le yen des yeux. Ce dernier vient en effet de reprendre 2,6% face au dollar en une semaine, et près de 3% face à l’euro : cela pourrait indiquer un effet boomerang sur le carry trade, et une raréfaction de la liquidité disponible du fait de rachats massifs de yens vendus à découvert.

Le but de la manoeuvre consisterait maintenant à rapatrier — par prudence — les gains engrangés sur les marchés financiers des zones dont les devises offrent une rémunération plus que généreuse (Australie, Nouvelle-Zélande et, dans une moindre mesure, Angleterre, Europe et Etats-Unis). Les considérations d’ordre monétaire sont très vraisemblablement à l’origine des lourds dégagements dont sont victimes les valeurs européennes ; la City de Londres, qui a encore les pieds au sec, a coulé de -3,15% ce jeudi — alors que les banlieues situées en amont sont peu à peu submergés par la Tamise et ses affluents.

Nous en avions déjà apporté la démonstration en mars dernier, lorsque le CAC 40 avait connu ses premiers accès de faiblesse (sous 5 700 points) : vues des Etats-Unis, les valeurs françaises valent "N" points multipliés par la valeur de l’euro.

En supposant qu’un gérant américain extrêmement malchanceux ait regarni son portefeuille de valeurs du CAC 40 très précisément le 4 septembre 2000 (à 6 950 points), il bénéficiait alors d’un dollar valant entre 0,89 et 0,90 euros (et 0,86 le 6 septembre 2000).

Aujourd’hui, la valeur de son portefeuille au mois de juillet, c’est 6 000 points multipliés par 1,55 (plus-value réalisée sur le taux de change euro/dollar), soit 9 300 points : c’est 33% de mieux qu’au 4 septembre 2000. Pourquoi voudriez-vous qu’il hésite à vendre sans état d’âme, même avec un dollar remonté au-delà des 1,3755/ euros ? Après tout, il demeurera largement gagnant, y compris si le CAC 40 rechutait en deçà des 5 000 voire des 4 700 points…

** Avant de conclure cette Chronique et de vous fixer rendez-vous pour la mi-août, sachez que le Téléphone Rouge (au 0899 781 961*) entre lui aussi en mode "estival" : il sera alimenté comme vous y êtes accoutumés tous les jours vers 15h jusqu’au 4 août prochain. Ensuite, vous pourrez le consulter les mercredi et vendredi du 6 au 21 août… puis retour au régime de croisière habituel à compter du 24 août.

Philippe Béchade,
Paris

*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)

—————————

Chris Mayer vous donne les dernières nouvelles de Wall Street

*** LA MAREE MONTE…

** Alors que la marée monte pour la volatilité boursière, le niveau d’eau baisse sur la planète entière — ce qui fournit un thème d’investissement intéressant. En termes simples, l’eau est précieuse, surtout quand on n’en a pas.

- Le thème de l’eau compte plusieurs facettes. Il y a les fabricants de tuyaux et les entreprises de filtration, les équipements d’irrigations, les pompes et bien d’autres choses encore. J’aimerais me concentrer aujourd’hui sur la ressource en elle-même — le fait de posséder de l’eau — parce que le paysage boursier me semble assez favorable à une hausse des prix.

- Le Financial Times a récemment détaillé les faits principaux. L’utilisation annuelle d’eau a été multipliée par six — soit plus du double du taux de croissance démographique. Qu’est-ce que cela signifie ? Selon le Financial Times : "l’une des conséquences inévitables, c’est que le prix de l’eau grimpera de manière substantielle".

- Je suis également de cet avis. Lorsqu’on examine les endroits où la croissance démographique est la plus importante, on s’aperçoit que cela concerne les régions où l’eau est la plus rare. Regardez les Etats-Unis par exemple : les deux populations à la croissance la plus rapide ses situent dans le Nevada et l’Arizona. Les projections du Bureau du recensement US montrent que cela n’est pas près de changer.

- L’ouest américain est déjà une région sèche et aride. Le printemps passé se classait sixième au rang des plus secs jamais enregistrés. Dans certains états — comme la Georgie, l’Alabama, le Tennessee et le Mississippi — on a vécu le printemps le plus sec de ces 113 dernières années. Et la sécheresse dure encore cet été dans bon nombre de régions du pays. Près des deux tiers des états du sud-ouest US connaissent une forme de sécheresse ou une autre.

- Les incendies ont dévoré des centaines de milliers d’acres de forêt. Pour les récoltes, les pertes commencent à s’accumuler. A présent, la sécheresse menace le Midwest, qui est au cœur du boom de l’éthanol et abrite un nombre record d’acres de maïs. Cette région ne fera que s’assécher à mesure que les années passent. Peu importe vos convictions sur ce qui réchauffe notre jolie petite planète verte et bleue, une chose est certaine : elle se réchauffe. Et tout le monde semble tomber d’accord pour dire que certaines régions deviendront particulièrement sèches et chaudes.

- Comme le notait le Financial Times : "d’ici 2070, Stockholm et Oslo seront ‘passés’ en termes de climat, en Espagne centrale, tandis que les complexes balnéaires méditerranéens subiront des conditions comparables à celles de l’Afrique saharienne actuelle". De même, l’ouest américain — déjà aride — deviendra encore plus sec et plus chaud. 2070 est encore loin, bien entendu. J’aime à me considérer comme un investisseur de long terme, mais pas à ce point ! Cependant, ces tendances constituent de solides éléments de soutien à une hausse des prix de l’eau.

** Actuellement, on trouve des anomalies absurdes dans les marchés mondiaux de l’eau parce que les gouvernements fournissent — ou réglementent lourdement — la majeure partie de l’eau utilisée par les consommateurs. On trouve par exemple des situations où l’eau coûte 90% plus cher à Barcelone qu’à Valence… alors que l’eau est bien plus rare à Valence qu’à Barcelone. Et la situation est tout aussi absurde en Californie, où les agriculteurs consomment 80% de l’eau.

- Les fameux cultivateurs de luzerne californiens absorbent jusqu’à 25% de l’eau de l’état. Cependant, grâce à des subventions gouvernementales, ils paient entre 2 et 20 $ leur acre-pied d’eau — soit 10% seulement du coût économique complet. Avec des prix si avantageux, on n’est guère encouragé à réduire sa consommation d’eau… [Un acre-pied, c'est la quantité d'eau nécessaire pour remplir une "bassine" ayant une surface d'un acre pour une profondeur d'un pied. Un acre-pied fournirait assez d'eau pour une famille de quatre personne durant une année entière].

- En Europe, le gouvernement fournit encore deux tiers de l’eau. Aux Etats-Unis, ce chiffre se monte à 85%, contre 95% pour l’Asie. L’eau a été trop bon marché pendant trop longtemps. Et des années de nationalisation ont engendré — ce qui n’est guère surprenant — des négligences dans le système.

- Au Royaume-Uni, "où le secteur de l’eau est majoritairement privatisé", déclare le Financial Times, "et où les prix reflètent probablement les coûts avec le plus d’exactitude, les prix sont au troisième rang mondial — 66% plus élevés qu’aux Etats-Unis". Il va falloir payer notre eau plus cher d’une manière ou d’une autre, ou nous n’en n’aurons plus.

- Le prix de l’eau ne peut que grimper, selon moi — surtout dans les régions où l’eau est rare. Et dans ces endroits, les tiroirs-caisse vont sonner.

—————————

En l’absence de Bill Bonner, un petit compte-rendu de notre conférence à Vancouver

*** DEBUT DE CONFERENCE ET BOOM D’EFFONDREMENT

** Nous avons entamé notre Conférence d’investissement annuelle à Vancouver mercredi. Comme toujours, les débats ont été enflammés, les boissons ont coulé, et l’un des intervenants a été très clair :

* "Nous sommes tous maudits !"

* Vous l’aurez deviné, cher lecteur : le grand Mogambo nous a honoré de sa présence à la fin du premier jour de conférence.

* "Et pourquoi sommes-nous maudits ? A CAUSE DE L’INFLATION !", a-t-il braillé au visage de plusieurs participants passablement surpris. "C’est le fléau planétaire".

* Le Mogambo a peut-être tendance à se montrer mélodramatique, mais les idées qu’il exprime n’en sont pas moins valables. "L’inflation monétaire mène à l’inflation des prix… ce qui provoque une hausse des coûts de TOUT ce que vous achetez : les actions, les obligations, les maisons… et même la nourriture".

* "Tous les excès de nouvel argent et de crédit font toujours grimper les prix — mais pas les salaires".

* Une bonne partie de ce que disait le Mogambo correspond directement à un sujet que nous abordons souvent dans ces colonnes : le "boom d’effondrement".

* C’est Mises qui a inventé ce terme, à l’origine, décrivant le "boom d’effondrement" comme un événement se produisant lorsque les masses — généralement ignorantes– se rendent compte de l’existence d’une "politique inflationniste délibérée". En d’autres termes, lorsque les prix d’à peu près tout ce qui existe grimpent, grimpent et grimpent… le consommateur moyen observe tout ça avec détachement, persuadé que les prix finiront par baisser.

* "Puis, enfin, les masses se réveillent. Elles se rendent soudain compte que l’inflation est une politique délibérée et qu’elle se poursuivra sans fin. Une crise se produit. Le ‘boom d’effondrement’ apparaît. Tout le monde souhaite par-dessus tout échanger son argent contre des biens ‘réels’, qu’ils en aient besoin ou non, et quelle que soit la quantité d’argent qu’il faille payer pour les obtenir. En très peu de temps — quelques semaines, voire quelques jours –, les choses qui étaient utilisées comme monnaie ne servent plus comme moyen d’échange. Elles deviennent du papier brouillon. Personne ne veut plus rien donner en échange".

** Alors que veut-on à la fin d’un boom d’effondrement ? De l’or. Quelque chose de tangible… qui ne perd pas de valeur et ne peut être créé à partir de rien — ou en appuyant sur le bouton "marche" de la planche à billets.

* Alors que le métal jaune se contente généralement de rester assis en coulisses à ne rien faire, lorsque le dollar atteint des planchers record mais que les notes d’épicerie… les factures d’électricité… et les frais de scolarité des enfants ne font qu’augmenter — ces bouts de métal jaune paresseux commencent à avoir l’air autrement plus avantageux.

* "Lorsque le boom d’effondrement s’effondre", terminait Bill, "on ne trouve personne de plus heureux que ceux qui détiennent des morceaux de cet or immobile".

—————————– (publ.)

Le CAC 40 à 6 500 points… ou à 4 600 ?
Le pétrole à 45 $… ou à 80 $ ?
Economie mondiale en plein boom… ou krach globalisé ?

2007 pourrait être une année agitée : vos investissements sont-ils prêts à tout ?

Avec une performance moyenne de 92,34% depuis 1992… et des gains de 69,77%, 35,52%, 29,56%, 42,90% (entre autres) en 2006… voici le moyen d’affronter tout ce que l’avenir boursier peut nous réserver !

—————————

*** La Chronique Agora présente ***

Raphaël Garaud examinait hier les facteurs de soutien des marchés, tout en prévenant des risques qui pèsent sur la hausse. Aujourd’hui, il aborde concrètement les points qui l’inquiètent dans la situation actuelle…

============
ATTENTION : L’ETE RISQUE D’ETRE TRES CHAUD SUR LES MARCHES — 2ème PARTIE
============

Par Raphaël Garaud (*)

Les leçons du passé sont-elles à jeter aux oubliettes ?
De tout temps, la montée de l’euro face au dollar a toujours fait baisser la Bourse ; or, ce n’est pas le cas aujourd’hui. De même, l’augmentation du pétrole et des matières premières faisait chuter le cours des sociétés de transformation ; ce n’est plus vrai… Même chose pour la tension sur les taux qui était mal accueillie par les marchés.

Bizarrement, ces éléments historiquement défavorables sont ignorés par la plupart des Bourses qui continuent de monter. Tout aurait donc changé à ce point ? Les anciens principes ne seraient plus valables ? Gardons-nous bien de toute démesure. Les excès se retournent toujours contre ceux qui les commettent. Actuellement les rendements des actions de par le monde sont bas, très bas…. alors que ceux des obligations remontent progressivement. Il y aura forcément un rééquilibrage dans les prochains mois ; reste à savoir quand.

A mon avis, lorsque le risque sur les actions deviendra trop élevé, nombre d’investisseurs quitteront les marchés actions, et se reporteront sur les obligations. C’est pourquoi ma vigilance n’en est que plus grande. Je vous en parle régulièrement, et vous devez absolument comprendre pourquoi je m’inquiète : les stratégies que nous allons mettre en place et la santé de votre portefeuille en dépendent !

Un été à risques ?
Probablement oui : cet été sera celui de tous les dangers… La crise immobilière n’est pas terminée et les difficultés rencontrées dans le portage des créances hypothécaires subsistent aux USA, ce qui a sans doute motivé le maintien des taux actuels par la Fed alors que les intervenants envisageaient une hausse.

Ici encore, le Dow Jones bat des records (les 14 000 points ont été franchis !) sans se soucier du reste, ce qui évite le reflux de liquidités dont je vous parlais plus haut. Mais jusqu’à quand cela durera-t-il? Les liquidités se dirigent en partie seulement vers les obligations et sans précipitation… pour le moment. Ouf ! Mais la moindre accélération serait dommageable pour les actions.

Les marchés émergents ainsi que certaines valeurs européennes peu valorisées ou positionnées sur certains secteurs porteurs auront encore les faveurs des investisseurs. Mais attention : le système financier mondial fait entendre quelques craquements inquiétants. Les introductions en bourse, pour le moins précipitées, de fonds d’investissement laissent à penser que la courbe haussière n’est plus très loin de son zénith (verra-t-on le Dow Jones s’installer durablement au-dessus des 14 000 points ?). Et les vieux souvenirs de remonter à la surface. Rappelez-vous l’introduction en Bourse de Goldman Sachs peu avant l’éclatement de la bulle internet…

Par ailleurs les liquidités augmentent dans les portefeuilles de certains gros investisseurs. Ce sont des signes précurseurs d’un été qui ne sera pas de tout repos, la saison des résultats permettant peut-être un répit. L’automne pourrait se révéler plus chaotique et contagieux. Et l’on sait bien que tout rhume américain se transforme en grippe européenne.

Sur la place de Paris, en fonction des résultats des sociétés, qui dans l’ensemble devraient être bons (voire excellents pour certains), la tendance devrait se calquer sur celle des USA et un nouveau record devrait être établi par le CAC 40 autour des 6 200/6 300 points. Ensuite ? Il faudra bien revenir aux dures réalités !

Meilleures salutations,

Raphaël Garaud
Pour la Chronique Agora

(*) Raphaël Garaud est rédacteur en chef de Vos Finances — La Lettre du Patrimoine. Ce service d’information financière offre à ses membres des moyens exclusifs et fiables de protéger et d’accroître leur patrimoine. Actions, fiscalité, immobilier, investissements alternatifs… Vos Finances — La Lettre du Patrimoine ne laisse rien au hasard lorsqu’il s’agit de faire fructifier votre capital ! Pour en savoir plus

==========================================
(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
——————————————————–
Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
==========================================

La Chronique Agora est une lettre électronique quotidienne gratuite distribuée par les services financiers des Publications Agora. Si vous désirez appliquer les conseils et évoqués dans cet e-mail, n’hésitez pas à vous abonner à l’une de nos lettres.

Pour plus d’informations :
http://www.publications-agora.fr/

Author Image for admin

Laissez un commentaire

En soumettant votre commentaire, vous acceptez de respecter nos politique de commentaire.