L’Amérique court à la faillite… et tout le monde s’en fiche

Rédigé le 19 septembre 2017 par | Bill Bonner, Cash - Cashless, Dette Imprimer

L’ingérence de l’Etat dans l’économie provoque les crises. Les autorités en profitent alors pour renforcer encore leur pouvoir, serrer la vis… jusqu’à la faillite.

La semaine dernière, l’intrigue ne s’est pas vraiment corsée mais plutôt figée.

Pas moyen de la modifier à présent : les caméras tournent… les costumes sont mis… et tout le monde connait son texte.

Le président Trump est allé plus loin dans sa démarche de devenir le président le plus indépendant de l’histoire des Etats-Unis à l’égard des deux principaux partis.

Après s’être allié aux démocrates autour du plafond de la dette, il est reparti dans le marigot pour résoudre la question des « Dreamers » (ces 800 000 enfants arrivés clandestinement aux Etats-Unis, et qui ont eu le droit de rester temporairement dans le pays).

Ensuite, au cours du week-end, il a été annoncé que le gouvernement voulait réétudier la situation concernant l’Accord de Paris sur le changement climatique.

La Maison Blanche le dément, mais il est désormais limpide que M. Trump a l’intention d’être nettement moins perturbateur qu’il ne l’avait promis.

Et maintenant que les vannes ont été ouvertes, la dette publique américaine s’est envolée à plus de 20 000 Mds$.

Bien entendu, nous ne nous inquiétons plus de la dette. C’est un truc du XXe siècle. Or, là, nous sommes au XXIe siècle, et la dette n’a pas d’importance.

Ce qui semble en avoir, ce sont les questions plus symboliques. Comme le dossier des « Dreamers », par exemple.

C’est une chose que le président trahisse les conservateurs sur les questions financières… mais qu’il accorde l’asile à des centaines de milliers d’enfant immigrés… et là, les « conservateurs » sont scandalisés.

Voilà encore une preuve – s’il en fallait – que cette comédie va se transformer en farce… et finir en tragédie.

Nous courons à la faillite… et tout le monde s’en fiche.

Naturellement, ici, à la Chronique… nous nous en fichons. Les gens n’ont que ce qu’ils méritent.

Notre travail se limite à tenter de comprendre ce qu’ils méritent, en fait… de l’anticiper… et de faire en sorte de ne pas y avoir droit, nous aussi !

Voici pourquoi les autorités aiment les crises

Vendredi, nous étions à Paris, où nous avons rencontré Jim Rickards (cet entretien exclusif sera très bientôt diffusé dans La Chronique, en intégralité. Plus d’informations à venir…).

Cet ex-conseil du hedge fund Long-Term Capital Management, consultant pour la CIA, auteur de best-sellers financiers et vétéran de Wall Street, nous a dit que nous étions trop naïf.

Une crise majeure va se produire, nous a-t-il confié. Et elle sera pire que celle de 2007.

Elle va arriver d’elle-même : c’est une conséquence naturelle et inévitable de l’ingérence de l’Etat. Selon Jim, les autorités l’espèrent vivement, en fait… elles la planifient… et contribuent à la provoquer. [NDLR : découvrez le plan secret des élites internationales pour geler votre épargne lorsque la prochaine crise éclatera. C’est le thème du dernier livre de Jim Rickards que vous pouvez commander ici.]

Sur ce dernier point, cela ne fait aucun doute.

Leur programme maladroit et obstiné ne peut qu’aboutir à une crise.

Pour être précis, le problème qui a provoqué la crise de 2007 – un excès d’endettement – n’a pas été résolu : il a été aggravé.

La Fed, confrontée à une crise de la dette qu’elle avait créée, a fait la seule chose en son pouvoir : abaisser les taux d’intérêt pour encourager encore plus l’emprunt.

A présent, on est plus endetté que jamais. Et les mêmes personnes qui ont provoqué la crise sont toujours aux commandes des banques, des autorités de régulation, des entreprises et de toutes les autres institutions qui ont rendu cette crise possible.

Pourquoi n’a-t-on pas corrigé tous les problèmes ? Nous attribuons cela à l’intérêt personnel, purement et simplement : les initiés vivent de la dette. Bien entendu, il leur en faudra toujours plus.

Mais c’est plus qu’une question de hasard, d’imbécilité et d’ignominie.

Il y a de la cupidité aussi !

Les gens au pouvoir nous conduisent à une autre crise majeure car ils en ont besoin.

Pourquoi donc ?

« Ce n’est pas un hasard si le Congrès US a fait passer le Patriot Act aussi vite après les attentats du 11 septembre », m’a dit Jim. « Il n’attendait que ça ».

L’interdiction des espèces

Une crise représente une opportunité. Au cours de la prochaine crise – qui pourrait avoir lieu dans quelques jours, semaines ou mois – l’Etat nous serrera un peu plus la vis.

« Il interdira les espèces », a dit Jim.

Jim connaît les initiés. Il sait ce qu’ils savent. Et il sait ce qu’ils ne savent pas.

Ce qu’ils ne savent pas – et ne veulent pas savoir – c’est comment gérer correctement une économie.

Mais ils savent qu’ils n’ont pas besoin de le savoir. Car plus ils se débrouillent mal et plus ils provoquent de crises, plus cela multiplie les opportunités de s’emparer de plus de pouvoir et d’argent.

C’est ce qu’ils ont fait en 2008, par exemple.

Depuis, les profits des entreprises – qui reflètent les bénéfices réels des grandes entreprises américaines – n’ont progressé que de 2%. Corrigés de l’inflation, ils sont plus ou moins restés au même niveau.

Par contre, les actions ont progressé 10 fois plus. L’indice Dow Jones, par exemple, a augmenté de 200% au cours de la même période.

Comment est-ce possible ?

Eh bien, la Fed a injecté 3 600 Mds$ dans les marchés financiers, via son programme de QE (assouplissement quantitatif).

Elle ne l’a pas injecté sur le marché de la consommation, dans l’économie du quotidien, ni dans les poches des citoyens ordinaires. Non, cet argent est allé dans les grandes banques et dans les poches d’autres gens riches.

Jamie Dimon, le PDG de JPMorgan Chase, par exemple, a empoché un bonus de 25 M$ l’an dernier grâce à cette arnaque. Et il traite le bitcoin « d’imposture » !

En tant que membre du club des « 1% les plus riches », nous aimerions marquer une petite pause et dire un mot de remerciement à la Fed. Depuis 2008, la richesse de ces 1% d’Américains les plus riches a flambé.

Si l’on se fie au S&P 500, elle a progressé de plus de 230%.

C’est excellent pour nous. Merci.

C’est bien beau que l’Etat se serve des crises pour voler davantage de richesse au lumpenproletariat… et équiper les polices locales de tanks et d’hélicoptères d’assaut pour qu’il marche droit… Mais les élites finissent par aller trop loin… tous les empires s’éteignent… et, au dernier acte, tous les idiots finissent par récolter ce qu’ils ont semé.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Un commentaire pour “L’Amérique court à la faillite… et tout le monde s’en fiche”

  1. Jim a raison, Bill est trop naïf de croire que qui que ce soit comprenne ce qui se passe en ce moment. Même la BRI prétend ne pas comprendre les variations de l’inflation mais ça non plus, il ne faut pas le croire.

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