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La Chronique Agora
Paris, France
Lundi 13 août 2007
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*** Les banques centrales dans le brouillard
Personne ne sait rien… et l’apprentissage risque d’être douloureux
*** Caramels et secteur de l’eau
Eric Fry nous explique comment certaines choses prennent beaucoup de valeur dans certaines conditions
*** Alerte au krach, toujours…
Notre pavillon est toujours fièrement hissé — et ça a l’air parti pour durer
*** De faux dieux (1)
L’évangile financière selon Saint Bill…
—————————– (publ.)
Une forme d’investissement parfaitement adaptée aux conditions actuelles
Baisses spectaculaires, volatilité, incertitudes et manque de visibilité : des conditions IDEALES pour la stratégie mise en place par Sylvain Mathon… et qui lui a déjà permis d’engranger 155% de gains en… 73 jours seulement !
N’attendez pas pour en faire profiter votre portefeuille : tout est expliqué ici…
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*** LES BANQUES CENTRALES DANS LE BROUILLARD
Bonjour,
** Eh bien, heureusement que je suis restée "d’astreinte" durant la quinzaine de fermeture de la Chronique Agora, sans quoi le retour ce matin aurait ressemblé à ce qu’on ressent en trouvant sa maison cambriolée au retour des vacances : la porte fracturée, les meubles sens dessus dessous et les bijoux de famille envolés.
C’est un peu ce qui s’est produit sur les deux dernières semaines : le CAC 40 a chuté de 6 100 à 5 500 points (il est désormais en perte de 1,68% sur l’année), le monde a semblé s’effondrer autour des prêts à risque et les Banques centrales de la planète sont passées à l’attaque. La fin de semaine dernière a été particulièrement virulente : une baisse de 3,13% sur la journée pour notre indice national, qui a terminé vendredi à 5 448,63 points — tandis qu’à Londres, le Footsie reculait de 3,71%… et qu’à Francfort, le DAX perdait 1,48% dans le même temps.
Dommage : à quelques heures de décalage près, les investisseurs européens auraient pu voir que les marchés américains terminaient la séance de vendredi mieux qu’ils ne l’avaient commencée. Après avoir perdu jusqu’à 1% en début de séance, le Dow Jones a limité ses pertes à -0,23%, soit 13 239,54 points. Le Nasdaq abandonnait quant à lui 0,45%, à 2 545,09 points, et le S&P 500 parvenait même à grappiller 0,04%, terminant dans le vert avec 2 544,89 points.
Comme l’explique le site Investir.fr, "ébranlés en début de séance par la nouvelle baisse des marchés européens, et par les nouvelles interventions des banques fédérales en vue de contenir les tensions observées sur les taux à court terme de part et d’autre de l’Atlantique, les opérateurs ont finalement opté pour des achats à bon compte, même si les craintes de crise générale sur le plan des crédits sont encore loin de pouvoir s’estomper. La Fed a en effet décidé [vendredi] d’injecter de nouvelles liquidités sur le marché monétaire (38 milliards de dollars) alors que les Fed funds se négociaient à 6% sur le marché monétaire, contre des taux directeurs à 5,25%. Les autorités monétaires américaines avaient déjà procédé à une telle opération hier, pour un montant de 24 milliards de dollars. La Réserve fédérale a par ailleurs indiqué qu’elle fournira les ressources nécessaires en vue d’assurer un bon fonctionnement des marchés".
Cet afflux de bonne volonté monétaire — notamment de la part de la BCE — a mis l’euro en mauvaise posture : la monnaie européenne terminait la semaine en recul, sous la barre des 1,37 $, à 1,3658 $ exactement. Le pétrole a profité des rumeurs persistantes de ralentissement économique pour baisser lui aussi, le baril de WTI rejoignant les 72,03 $ à New York. Et l’or semble renouer avec ses bonnes habitudes, grimpant quand tout le reste baisse : il a repris quatre dollars durant la journée de vendredi, pour atteindre le 668,50 $ au second fixing londonien.
** La question que tout le monde se pose à présent — et vos correspondants les premiers — c’est… que va-t-il se passer ensuite ? Et là, bien entendu, nous n’en savons rien ! En ce qui me concerne, je suis fermement convaincue que la baisse n’est pas encore terminée ; les "rachats à bon compte" cités par Investir.fr ne suffiront pas à alimenter une hausse durable, et les critères fondamentaux restent très inquiétants. Reste à savoir si les banques centrales réussiront une fois encore à éteindre l’incendie…
Sauf qu’elles aussi sont dans le brouillard le plus complet. "Personne ne sait jusqu’à quel point une obligation adossée à la dette hypothécaire pourrait perdre sa valeur en cas de crise", nous dit Eric Fry ci-dessous. La BNP Paribas ne dit pas autre chose, lorsqu’elle déclarait la semaine dernière, pour expliquer le gel de trois de ses fonds, que "la disparition de toute transaction sur certains segments du marché de la titrisation aux Etats-Unis conduit à une absence de prix de référence et à une illiquidité quasi-totale des actifs figurant dans les portefeuilles des fonds quelle que soit leur qualité ou leur rating "…
Quelque chose me dit que nous sommes en train d’en apprendre un peu plus sur les produits dérivés et leur comportement en cas de crise. Et une autre chose me dit que, compte tenu de toutes les inconnues que les marchés sont en train d’explorer… les choses plus familières — comme les valeurs de croissance, l’or, etc. — vont prendre pas mal de valeur aux yeux de bon nombre d’investisseurs.
** Une petite note de fonctionnement pour terminer cette Chronique : Philippe Béchade est en train d’explorer le Grand Nord américain — et il y sera durant les deux prochaines semaines. C’est donc moi qui assurerai les Chroniques quotidiennes en son absence, jusqu’au 28 août.
Françoise Garteiser,
Paris
PS : En l’absence de Philippe Béchade, la mise à jour du Téléphone Rouge est momentanément suspendue. La situation reviendra à la normale dès le retour de Philippe à la fin du mois.
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Eric Fry vous donne les dernières nouvelles de Wall Street
*** CARAMELS ET SECTEUR DE L’EAU
** Si vous êtes positionné sur un marché à risque, vous mettez votre capital en danger à chaque seconde. Peut-être que les marchés ne sont pas si risqués que ça actuellement. Peut-être que la situation n’est pas si catastrophique. Bon nombre d’entreprises s’en tirent bien malgré tout. Mais je m’inquiète de voir le marché des dérivés vivre sa propre vie.
- Dans son ensemble, ce marché est passé de 1 000 milliards de dollars de valeur faciale il y a cinq ans à 34 000 milliards de dollars aujourd’hui. On a donc pris un marché qui existait à peine pour en faire quelque chose qui représente plus de trois fois le PIB américain.
- Ce n’est pas forcément une mauvaise chose. En fait, les produits dérivés du crédit sont une bonne chose, tant que rien ne tourne mal. Tout va bien tant que les prix des actifs continuent de grimper et tant qu’aucun problème sérieux n’entame l’optimisme ambiant. L’avantage des produits dérivés, c’est qu’ils fournissent une grande quantité de liquidités. Ils aident bon nombre de choses à fonctionner correctement. Ils font grimper les prix des actifs ; ils enrichissent les gestionnaires de hedge funds.
- Mais personne ne sait jusqu’à quel point une obligation adossée à la dette hypothécaire pourrait perdre sa valeur en cas de crise — crise qui pourrait d’ailleurs être en train de se dérouler. Personne ne sait vraiment ce que ces choses valent par rapport à leur valeur financière implicite, et encore moins ce qu’elles valent par rapport à un baril de pétrole, un verre d’eau ou une once d’or. Ce n’est pas un exercice purement théorique. Je parle là d’un excès de papier dans le monde, par rapport à une offre limitée de "matière".
- Ce lien entre actifs papier et "matière" constitue la base essentielle de tout investissement en ressources naturelles. Et cette base est particulièrement à l’ordre du jour actuellement, alors que le dollar US chute. Si l’on regarde les marchés de matières premières en termes de dollars canadiens, par exemple, on pourrait affirmer qu’ils ont atteint leur sommet il y a un an de ça. Le pétrole n’est pas plus cher, en dollars canadiens, qu’il l’était il y a un an — et il en va de même pour beaucoup de ressources naturelles. En termes de dollars, par contre, elles sont bien plus élevées qu’il y a 12 mois.
- Alors sommes-nous confrontés à un marché haussier provenant du traditionnel déséquilibre offre/demande ? Ou bien s’agit-il d’une autre sorte de déséquilibre offre/demande ? Assistons-nous à un scénario où il n’y a pas assez de "matière" par rapport à l’avalanche de papier — non seulement de dollars, mais également de produits dérivés et de bien d’autres espèces d’actifs papier faisant jouer l’effet de levier ?
** Tout cela nous mène à un secteur que nous affectionnons particulièrement, l’eau. Pourquoi l’eau ? Ca tient en un mot : la rareté.
- Nous aimons les choses rares ; elles font de bons investissements. Les actifs papier sont devenus trop populaires. Je veux me mettre de l’autre côté de cette transaction ; je veux me débarrasser de mes actifs papier, et les échanger contre les choses qui nourrissent et font tourner le monde… et en particulier contre ce qui étanche la soif planétaire au quotidien.
- Cela me rappelle une anecdote : lorsque j’avais 18 ans, je suis allé randonner dans la Sierra. Le voyage a duré deux semaines. On portait tout — pas de ravitaillement en cours de route. Nous transportions donc toute notre nourriture, et tout notre carburant. C’était ma première randonnée, et je ne savais pas qu’un sac à dos pouvait peser 40kg. C’était extrêmement lourd au début, surtout pour une première expérience. Mais à mesure que les jours passaient, on s’habituait… et le sac devenait également plus léger, puisque nous utilisions ce que nous portions.
- Puis, après quatre ou cinq jours de régime "aliments lyophilisés", nous avons commencé à beaucoup apprécier là VRAIE nourriture — et en particulier les caramels à la vanille que nous avions apportés. Je ne me rappelle pas lequel d’entre nous avait rapporté ces bonbons, mais nous étions plusieurs à avoir quelques sortes de sucreries au début du voyage. Le deuxième jour, nous avons mis tous nos bonbons sur une serviette, et nous les avons répartis. Chacun choisissait ce qu’il voulait. J’avais pris tous ces caramels, rien d’autre — et je ne les ai pas mangés durant sept… huit… neuf jours. Je n’ai rien touché. Tous les autres ont mangé les leurs. Au dixième jour, c’était une idée fixe pour tout le monde.
- A ce moment-là, j’ai pu échanger ces petites confiseries contre cinq, voire dix dollars — parce qu’un billet de banque n’avait littéralement aucune valeur dans cet environnement. C’était incroyable ! Je pouvais également échanger ces caramels contre des services. Je pouvais demander qu’on me porte des choses, par exemple. Nous avions des tentes — lesquelles ajoutaient entre 2,5 et 3 kg à un sac. Je disais donc : "si tu veux quelques caramels, porte ma tente aujourd’hui".
- A la fin de nos deux semaines de randonnée, je suis retourné à la civilisation avec 56 $ en poche — des dollars de 1978, valant environ le double des dollars actuels. J’ai donc littéralement pu échanger une sorte de "ressource essentielle" dans cet environnement contre des capitaux et de l’énergie. Je pense que le monde dans lequel nous vivons récompensera les investissements de ce style. Il faut acheter des ressources lorsque la plupart des gens ne s’en soucient pas vraiment. Ensuite, graduellement, vous aurez l’occasion de les échanger contre des capitaux… ou contre toute autre chose de valeur.
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** ALERTE AU KRACH, TOUJOURS…
** Oh là là…
* Notre drapeau d’Alerte au Krach est-il toujours hissé ? Oui, tout à fait… il vole au vent… presque fièrement, ce matin.
* La semaine dernière, le Dow a été sévèrement touché. La raison ? "Des inquiétudes sur le subprime, selon les journaux.
* L’inquiétude la plus immédiate provenait d’une source improbable : la plus grande banque de France, la BNP Paribas. La banque a emboîté le pas de Bear Stearns en gelant deux de ses fonds ; pour l’instant, les investisseurs sont coincés.
* Mais pas de souci, cher lecteur. Tout va bien. Comment le savons-nous ? Parce que c’est George W. Bush qui l’a dit. Il déclare être "confiant" quant au fait que nos marchés modernes "surmonteront ces problèmes".
* Tout le monde est confiant. Parce que nous croyons tous à la Théologie du Capitalisme (cf. ci-dessous). Ceci dit, au cas où le capitalisme en question ne fonctionnerait pas, la Banque du Japon, la Banque du Canada, la Banque centrale européenne et la Fed ont annoncé de concert qu’elles injecteraient des liquidités dans le système. La BCE, par exemple, a affirmé qu’elle mettrait à disposition des quantités d’argent "illimitées" à 4% d’intérêt. L’idée est de protéger le système financier d’un accident sérieux. Dans un monde réellement capitaliste, bien entendu, il n’y a pas de protection. Les gens n’obtiennent ni ce qu’ils veulent ni ce qu’ils attendent. Ils ont ce qu’ils méritent. Mais les cartels bancaires de la planète sont intervenus pour bidouiller le système de crédit et s’assurer que le véritable capitalisme n’arrive pas.
** Pendant ce temps, le président de Toll Brothers annonce qu’il n’a jamais vu si peu d’intérêt pour l’immobilier en 20 ans. Et Bloomberg vient de sortir un rapport prédisant que la crise immobilière ira en s’aggravant, suite à de nouvelles "perturbations hypothécaires".
* Grâce à ces problèmes, le marché tout entier semble réévaluer le risque, déclarent les experts. En ce qui nous concerne, nous dirions plutôt qu’il a redécouvert le risque. La volatilité, que l’on pensait morte depuis longtemps, semble être revenue d’outre-tombe.
* Mais nous le répétons : ne vous inquiétez pas, cher lecteur. Cela passera… et bientôt, les actions rejoindront de nouveaux sommets… elles escaladeront les collines de Sion, cela ne fait aucun doute.
* C’est ce que doivent penser les investisseurs du nouveau fonds de Blackstone. Blackstone a rassemblé la plus grande quantité d’argent de private equity jamais obtenue — plus de 21 milliards de dollars. Même les instituteurs de Californie y ont placé un milliard de dollars de leurs fonds de pension. Parlez de croyants ! Qu’est-ce que Blackstone va faire de tout cet argent ? Comment la société va-t-elle trouver des valeurs si énormes — mais que, pourtant, d’une manière ou d’une autre, les autres investisseurs n’ont pas vues ?
* Voilà ce qui arrive quand on atteint le côté idiot d’une bulle de crédit. Les gens sont prêts à croire n’importe quoi. Ils ne craignent plus de perdre de l’argent. Et ils ne peuvent plus faire la différence entre un investissement et de la spéculation pure et simple — si bien que même les fonds de pension et les catéchistes mettent leur argent dans des swaps, des CDO et des fonds de private equity. Ils n’imaginent pas le perdre. Les cours grimpent toujours, non ?
* Les cours grimpent toujours quand la bulle de crédit se développe. Lorsqu’elle se contracte, la plupart des cours baisse. Si nous n’en sommes pas encore à ce stade… nous y arriverons tôt ou tard. Nous allons donc laisser notre drapeau d’Alerte au Krach en place pendant encore un temps…
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Cinq conseils pour votre portefeuille…
… et l’investissement que vous devriez faire sans plus attendre !
Pour découvrir les principales tendances qui nous attendent dans les mois qui viennent — comment y réagir, cliquez ici…
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*** La Chronique Agora présente ***
Un nouveau genre de capitalisme est né, et nous en sommes tous les disciples convaincus, déclare Bill Bonner…
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DE FAUX DIEUX — 1ère PARTIE
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Par Bill Bonner (*)
Dans un remarquable entretien accordé cette semaine au journal Barron’s, David Richards affirme que l’économie mondiale est en route pour de nouveaux sommets glorieux. L’une des raisons à cela, c’est que la "Théologie du Capitalisme" a conquis la planète.
Partout où l’on regarde, les gens semblent s’incliner devant l’esprit saint de Smith et Keynes… tout en récitant l’évangile selon Markowitz. Et comme pour l’autre grande théologie séculaire de notre époque, le Changement Climatique, les fidèles ne posent guère de questions. Au lieu de cela, ils se convertissent sans même que les écailles leur tombent des yeux, comme Paul, ou sans gagner de bataille importante, comme Clovis. Dommage. Parce que pas mal de questions valent la peine d’être posées.
Quel est ce nouveau dieu ? Quels sacrifices exige-t-il ? Quels sont les rites solennels de cette nouvelle religion ? Quels en sont les jours saints ? Qui sont ses pécheurs, ses saints, ses Lucifer et ses prophètes ?
Afin d’aider les lecteurs de la Chronique à comprendre cette nouvelle foi, nous offrons ici une brève explication :
Nous commençons avec l’histoire du culte. Au commencement était le verbe. Et le verbe était "l’argent". Mais qu’était-ce que l’argent ? Et là, nous trouvons notre premier mystère — qui est aussi le plus important. Par le passé — plus ou moins depuis la nuit de temps et jusqu’au 15 août 1971, l’argent était rare et difficile à reproduire. Les habitants de l’île de Yap, par exemple, utilisaient de grandes pierres sculptées pour représenter la richesse. La majeure partie du reste du monde utilisait de l’or et de l’argent-métal.
Depuis 1971, cependant, les grands prêtres de ce nouveau culte monétaire ont produit une sorte de miracle équivalent à l’Immaculée Conception et au banquet de Cana combinés. C’est-à-dire qu’ils ont produit de l’argent sans lien avec quoi que ce soit de rare ou de précieux. Selon les termes de St. John Maynard Keynes lui-même, ils ont créé de l’argent à partir de rien. Le monde entier s’émerveille encore de ce miracle. Aujourd’hui, le système économique et financier de la planète toute entière fonctionne grâce à cette devise basée sur la confiance.
Le "rien" n’a jamais été si fertile. Personne ne sait d’où vient l’argent ni ce qu’il vaut — mais tout le monde est ravi de le prendre. En fait, les foules s’agenouillent devant lui… et prient pour l’obtenir. Les Musulmans vont à la Mecque ; les Juifs ont leur Mur des Lamentations — ces adorateurs de Mammon ne rêvent de rien d’autre que d’obtenir un emploi à Wall Street et d’avoir de la chance à Las Vegas.
C’est sur cet argent miracle que repose toute la religion. Saint Alan de Manhattan lui doit sa réputation. Goldman et Merrill Lynch peuvent lui attribuer une bonne part de leur succès. L’énorme boom des exportations asiatique a été rendu possible grâce à lui. Et il en était de même pour le boom de LBO… et celui des prêts subprime. Si Jésus-Christ n’était pas ressuscité d’entre les morts, ce ne serait qu’un prophète de plus. Et si Alan Greenspan n’avait pas créé des milliers de milliards de dollars de nouveau crédit à partir de rien, le boom actuel n’aurait pas atteint les proportions "Hindenburg-esques" qu’il a aujourd’hui.
Suite de la grand’messe dès demain…
Meilleures salutations,
Bill Bonner
Pour la Chronique Agora
(*) Bill Bonner est le fondateur et président d’Agora Publishing, maison-mère des Publications Agora aux Etats-Unis. Auteur de la lettre e-mail quotidienne The Daily Reckoning (450 000 lecteurs), il intervient dans La Chronique Agora, directement inspirée du Daily Reckoning. Il est également l’auteur des livres "L’inéluctable faillite de l’économie américaine" et "L’Empire des Dettes".
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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La Chronique Agora est une lettre électronique quotidienne gratuite distribuée par les services financiers des Publications Agora. Si vous désirez appliquer les conseils et évoqués dans cet e-mail, n’hésitez pas à vous abonner à l’une de nos lettres.
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