Ajustements douloureux vers une nouvelle "économie normale"

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▪ Nous avons laissé notre drapeau d’alerte au krach flotter au vent pendant que nous étions dans les montagnes. Et pendant un moment, nous avons eu l’air de génies. Les actions semblaient sur le point de s’effondrer.

Mais deux informations très importantes sont tombées.

Tout d’abord, nous avons entendu dire que la crise était officiellement terminée. Le PIB a augmenté le trimestre dernier. Grâce aux programmes "Cash for Clunkers" (de l’argent pour les guimbardes), "Cash for Bankers" (de l’argent pour les banquiers), "Cash for Houses" (de l’argent pour les maisons), "Cash for Trash" (de l’argent pour les poubelles) et de l’argent pour tout et n’importe quoi, les mangeurs de chiffres ont pu annoncer une croissance économique positive pour le troisième trimestre.

Pas d’excitation. Les actions rebondissent. Les obligations rebondissent. Et l’économie rebondit. Même les économistes morts rebondissent. Et si nous suivons l’expérience japonaise, avec une longue période de dépression qui va et qui vient, nous pouvons nous attendre à quelques trimestres de croissance, suivis par des trimestres sans croissance. Il va être difficile de s’adapter à cette "nouvelle norme", quelle qu’elle soit.

L’autre information importante, c’est que la Fed — confrontée à une preuve indéniable de croissance et de prospérité — a décidé de pêcher par excès de prudence. Elle va maintenir une politique monétaire souple, jusqu’à la fin des temps si nécessaire, pour éviter un effondrement à la japonaise.

Mais jusqu’à maintenant, un effondrement à la japonaise est bien ce que nous semblons avoir…et nos dirigeants le combattent, à la japonaise.

▪ Le chômage a augmenté. Le taux de chômage qui prend en compte les chômeurs découragés ou les travailleurs à temps partiel – une représentation bien plus précise du nombre de personnes sans emploi – a augmenté de 17%. Il y a 1,5 million d’enfants sans domicile fixe aux Etats-Unis aujourd’hui, dont 300 000 rien qu’en Californie. Un Américain sur 10 ne mordra pas la main du gouvernement – puisque c’est la main qui lui donne des bons alimentaires.

L’investissement étranger direct a chuté de 30%. Le commerce international a baissé de 10%.

Vous appelez ça une reprise ? Pas nous.

Comme le dit David Rosenberg, l’homme de la rue est peut-être "moins enthousiasmé par le fait, qu’en ce moment, un taux plus bas de déstockage soutient de façon arithmétique la croissance du PIB".

En d’autres termes, c’est une "croissance" que seul un économiste peut apprécier…et encore, seulement un économiste idiot. Rosenberg déclare :

"Pour dire ça simplement, un sondage du Wall Street Journal et de NBC News a découvert que 58% des gens pense que la récession économique est loin d’être terminée – c’est une augmentation, par rapport aux 52% de septembre, et cela signifie que l’investisseur privé, contrairement au gestionnaire de fonds de couverture, n’est pas intéressé par l’ajout de risques à son portefeuille, même après une montée de 60% dans le marché des valeurs."

"Seuls 29% des personnes interrogées pensent que l’économie a atteint son plancher – imaginez avoir cet état d’esprit avec des taux d’intérêt à presque zéro, un bilan de la Fed gonflé et des déficits fiscaux sans précédent (le sondage a été réalisé entre le 23 et le 25 octobre). Presque deux personnes sur trois (64%) ont déclaré que le rebond de la Bourse (un rally de marché baissier – pas les prémisses d’un nouveau marché haussier) n’a pas changé leur point de vue (ou le nôtre). L’économie va devoir sacrément trimer dans les prochains mois."

La croissance est très largement illusoire. C’est le résultat d’une mise en place de politiques trompeuses par la Fed.

Nous allons donc laisser le drapeau d’alerte au krach flotter en haut du mat.

▪ Pendant ce temps, l’or a atteint de nouveaux niveaux record la semaine dernière.

Le Dow Jones a augmenté lui-aussi. Il est repassé au-dessus des 10 000 points. Ce n’est pas très impressionnant pour un rebond du marché baissier. Un renversement de tendance de 50% amènerait le Dow Jones à 10 300.

Mais il faut quand même saluer la performance du rebond. Il est là depuis le mois de mars. Ca c’est impressionnant.

Et maintenant tout le monde est haussier, sauf nous. Nous verrons qui a raison…avec le temps…

▪ L’or semble avancer vers un nouveau plafond – 1 100 $. Cela nous rend nerveux. Nous nous sentons toujours plus à l’aise dans les grands espaces, dans la nature…dans des opérations où nous sommes les seuls.

Mais l’or est encore un produit marginal détenu par des investisseurs marginaux – comme nous. Les banques centrales – surtout celles des pays émergents – ont très peu d’or. L’homme de la rue ne sait rien de l’or. Il ne reconnaîtrait pas une pièce d’or s’il lui en tombait une sur la tête.

Comme l’or commence à être accepté comme une vraie réserve de valeur, nous pouvons nous attendre à ce que de plus en plus de gens veuillent en posséder.

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Bill Bonner

Bill Bonner est le fondateur et président d'Agora Inc., une maison d'édition publiant des lettres d'information confidentielles – probablement l'une des plus brillantes au monde. Auteur de la lettre e-mail quotidienne The Daily Reckoning (450.000 lecteurs... ), il intervient également dans La Chronique Agora, directement inspirée du Daily Reckoning.

La passion de Bill Bonner pour la finance, les voyages et les grandes idées lui a permis d'engranger des succès incontestables pour son entreprise. Il a débuté en 1979, avec la publication des lettres d'information International Living et Hulbert's Financial Digest. Puis Agora Publishing a connu une croissance très importante, et s'est spécialisée dans la publication de lettres confidentielles sur la finance, la santé, le développement personnel et les voyages. Depuis le début des années 1990, Agora Publishing s'est encore développée. Le siège social est à Baltimore, mais aujourd'hui, Agora compte des bureaux à Paris, Londres, Waterford (Irlande), Melbourne, Johannesburg, Madrid et New-Delhi.

Agora compte aussi des maisons d'éditions se spécialisant dans la littérature classique et académique : Pickering & Chatto à Londres, et Les Belles Lettres à Paris.

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