Acheter et vendre l’or physique

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LA CHRONIQUE AGORA
Paris, France
Jeudi 23 mars 2006
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*** Une hausse unanime
Pas de statistiques hier, mais les marchés ne se sont pas laissés abattre…

*** Vert c’est vert
Pourquoi ExxonMobil et General Electric sont les deux faces d’une même médaille…

*** L’Histoire est une allumeuse
… et rusée, en plus…

*** Acheter et vendre l’or physique
Simone Wapler nous dévoile tout ce qu’il faut savoir pour investir dans ce métal…

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Bonjour,

*** UNE HAUSSE UNANIME

** A défaut des marchés, c’est votre correspondante qui est réduite à l’état de méduse ce matin ; pas le moindre chiffre à se mettre sous la dent… pas de discours de Ben Bernanke… aucune déclaration de banque centrale… C’est la solitude de la chroniqueuse de fond.

Les marchés, en tout cas, ont plus de ressources que votre correspondante : puisqu’il n’y avait pas de statistiques dignes de ce nom à digérer hier, les marchés ont dû faire appel à leurs propres moyens. Cela leur a d’ailleurs bien servi, puisque la hausse a été unanime — et même assez spectaculaire, dans le cas du CAC 40.

Le principal indice français a en effet dépassé tout à fait symboliquement la barre des 5 200 points en cours de séance, à 5 201,28 points — il a cependant clôturé en dessous de ce seuil, à 5 194,78 points, ce qui représente tout de même une jolie grimpette de 0,90%. On peut en remercier Sanofi-Aventis, qui a annoncé avoir réglé à l’amiable un petit souci avec un fabricant de médicaments génériques… et Vivendi Universal, qui a vu deux raiders entrer à son capital.

A Londres, le FTSE a grimpé lui aussi, de 0,29%, tandis qu’à Francfort, le Dax se hissait de 0,32%.

Du côté américain, même bonne humeur générale : le Dow Jones a engrangé +0,73%, pour clôturer à 11 317,43 points… le Nasdaq a suivi en grimpant de 0,40% à 2 303,35… et le S&P 500 a terminé sur une hausse de 0,60% à 1 305,04.

** Le pétrole a joué un petit rôle dans cette envolée : le Département américain de l’énergie a ainsi annoncé une baisse des réserves de brut, pour la première fois depuis un mois et demi.

Le consensus attendait une hausse de 2,8 millions de barils, c’est une baisse de 1,3 millions qui s’est produite ; apparemment, les Etats-Unis ont entamé leurs réserves pour réduire leur dépendance aux exportations. En tout cas, cela a fait de l’effet au cours du brut : à New York, le WTI a terminé en baisse, à 61,77 $ le baril.

** Le dollar, quant à lui, a été pris d’un petit accès de faiblesse ; il a terminé en baisse par rapport à l’euro, repassant le seuil des 1,21 à 1,2102 $ pour un euro. Ce qui est mauvais pour le dollar est en général bon pour l’or, et hier n’a pas failli à la règle : le métal jaune a terminé en hausse, à 550,75 $ l’once au second fixing de Londres.

Du côté des taux, on a enregistré une légère détente : le rendement du bon du Trésor US à 10 ans s’est détendu d’un point de base, à 4,70%.

** Tout de même, votre correspondante doit une fière chandelle à l’Insee, qui vient nous sauver in extremis du désert éditorial avec sa dernière note de conjoncture. Selon l’Institut des statistiques nationales, le PIB français au premier semestre 2006 "augmenterait sur un rythme annualisé un peu supérieur à 2%".

La Tribune nous en dit plus : "Karine Berger, chef de la division de la synthèse conjoncturelle de l’Insee, considère que l’économie hexagonale présente actuellement trois visages : une industrie fragile, un commerce et des services porteurs, et une construction très solide. Cette personnalité multiple se traduit par une croissance qui évoluerait au premier semestre ‘sur un rythme un peu au-dessus de 2%’, indique Michel Devilliers, responsable du département conjoncture de l’institut de statistiques. Les experts de l’Insee pronostiquent pour le premier trimestre une hausse du PIB de 0,6% et de 0,5% pour le deuxième, ce qui conduirait la France à afficher un acquis de croissance fin juin de 1,5%, un peu décevant, en retrait de 0,2 point par rapport à la dernière prévision de décembre".

Bah, après les bons chiffres de la consommation hier, M. Breton ne se laissera pas abattre pour si peu…

Françoise Garteiser,
Paris

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La révolte des petits porteurs !
Ne laissez plus les tendances vous dicter leur loi…

Grâce aux prévisions et conseils d’un professionnel pas comme les autres, vous auriez pu cumuler en 2005 pas moins de 320% de gains !

Continuez votre lecture pour découvrir comment…

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C’est Justice Litle qui nous donne aujourd’hui les dernières nouvelles de Wall Street

*** VERT C’EST VERT

** ExxonMobil est la plus grande société d’énergie conventionnelle aux USA. Mais General Electric est en passe de devenir la plus grande société d’énergie non-conventionnelle. Aussi étrange que cela puisse paraître, ces deux géants représentent les deux faces d’une même médaille. Tandis que les majors pétrolières comme Exxon luttent pour remplacer leurs réserves de pétrole à un coût raisonnable, la demande en énergies alternatives et technologies propres ira en se renforçant. De plus, à cause d’inquiétudes croissantes sur la qualité globale de l’air, les sources d’énergie propres ont toutes les chances de ravir des parts de marché aux énergies fossiles.

- GE se positionne pour tirer pleinement parti de ce changement. Le PDG de General Electric, Jeffrey Immelt, est en train de faire passer la société du secteur de l’ingénierie financière à celui de la technologie environnementale. Le nouveau slogan d’Immelt, "Vert c’est vert", capture l’esprit de la nouvelle vision de GE dans les technologies propres, les énergies alternatives et les infrastructures écologiques.

- Le mot fétiche de la nouvelle stratégie de GM, c’est "écomagination" — mais la référence au vert (couleur des dollars) est peut-être plus représentative. Il ne s’agit pas seulement de faire des profits en se conduisant bien ; le changement est enraciné dans le bon sens économique pur et dur. Il y a de l’argent à faire dans le domaine de l’écologie : se positionner en première ligne, ça veut dire laisser ses rivaux loin derrière — et 17 initiatives diverses ont été estimées commercialement viables indépendamment de leur angle "vert".

** Ce changement est-il significatif, vous demandez-vous peut-être, ou bien n’est ce qu’un miroir aux alouettes ? La question vaut la peine d’être posée. Bon nombre de sociétés industrielles ont essayé de se positionner en "écologistes" au fil des ans, dans un effort cynique pour améliorer leur image publique et générer de la publicité positive. Mais dans le cas de General Electric, ce n’est pas seulement une façade destinée aux relations publiques. Les mots sont soutenus par des actions visibles, une stratégie de long terme cohérente et de très gros paris. Concernant la nouvelle direction "vert c’est vert", le magazine The Economist observe que "M. Immelt s’embarque dans la stratégie la plus ambitieuse et la plus risquée pour GE depuis les années 80", où le prédécesseur d’Immelt, Jack Welch, a été surnommé "Neutron Jack" après avoir licencié 100 000 employés et reconstruit la société de toutes pièces.

- GE a un long historique de destruction créative et de renaissance stratégique. Si l’on se base sur l’histoire de la société, chaque nouveau dirigeant a quasiment pour obligation de démanteler et refondre la vision qui le précédait.

- GE a-t-elle trouvé une fois de plus la bonne personne en Jeff Immelt ? On dirait que oui. Jack Welch a peut-être été le PDG le plus célébré de l’histoire — il a été baptisé "Dirigeant du Siècle" et "Princesse Diana de la presse économique" — mais son historique est loin d’être sans défauts. Sous le règne de Welch, GE construisit sa réputation sur la gestion de ses bénéfices, un procédé par lequel des estimations détaillées et des objectifs de croissance agressifs étaient atteint avec précision trimestre après trimestre. Les performances immaculées de GE dans les années 90 étaient l’équivalent d’un archer olympique mettant dans le mille des dizaines de fois d’affilée. Une telle perfection était clairement artificielle — c’est-à-dire trop belle pour être vraie, mais les investisseurs en redemandaient. Pour expliquer cette performance lisse comme un miroir, on a parlé des "cycles longs" et "cycles courts" économiques se fondant les uns dans les autres en parfaite synchronisation, dans le but de donner de GE l’image d’un rêve d’analyste.

- Après la débâcle des dot.com et l’implosion des télécoms, la précision artificielle passa de mode. Des désastres spectaculaires du type Enron mirent les investisseurs de fort méchante humeur, bien peu décidés à pardonner les façades impeccables donnant sur des ruelles boueuses. C’est durant ces temps hostiles qu’apparurent des questions sur l’héritage de Jack Welch. Le prix de l’action GE passa d’un sommet de 60 $ en août 2000 à un creux d’environ 22 $ en 2002. Une partie de ce déclin peut être attribué au marché en général, mais il y avait également des accusations croissantes de fraude financière. Le puissant bras financier de l’entreprise, GE Capital, ressemblait trop à un fonds de couverture opaque au goût de certains investisseurs, et les acquisitions agressives de Welch dans l’assurance ressemblaient de plus en plus à un outil permettant de lisser les bénéfices.

- Ce n’était pas la fin des ennuis. Les investisseurs de GE furent emplis de stupeur et de dégoût lorsque les détails du somptueux plan retraite de Welch furent révélés par les tribunaux. Ses "avantages" non financiers étaient estimés à plus de deux millions de dollars par an, sous forme de jets privés, appartements de fonction, services financiers, etc. Welch résilia volontairement ces avantages pour épargner d’autres problèmes à sa société. De manière assez prévisible, le dirigeant légendaire finit par décider que ces jeux de société n’étaient pas pour lui ; il termina dans une société de courtage privée, Clayton, Dubilier & Rice.

** L’historique de Welch en matière de création de richesse pour l’actionnaire compte sans aucun doute comme l’une des plus grandes réussites d’entreprise de tous les temps, mais la société n’était pas dans son meilleur état lorsqu’il partit. Le nouveau PDG hérita de toutes les corvées. Comme si cela ne suffisait pas, il se trouva qu’Immelt prit les rênes trois jours avant le 11 septembre 2001.

- Parmi les toutes premières actions d’Immelt, on trouve la réduction du côté "assurance" des choses, un domaine que Welch avait largement augmenté grâce à des acquisitions. Il a fallu quelques années pour se débarrasser des morceaux indésirables, le plus gros — une société de réassurance immobilière et accidents — ayant été racheté par Swiss Re en novembre 2005. Même s’il reste quelques petits éléments de-ci de-là (destinés à être vendus), Immelt est visiblement ravi de s’être débarrassé de la majeure partie de l’assurance, un secteur qu’il a décrit comme étant "un vrai fardeau" pour GE.

- Toujours pour restaurer la réputation de GE, Immelt a abandonné le jargon des "cycles longs/cycles courts" et les cibles de bénéfices de haute précision de l’ère Welch, choisissant de souligner la stratégie à plus long terme. Ces efforts reposent en partie sur un élément-clé : Immelt s’est embarqué dans un plan ambitieux visant à faire de GE l’une des principales sociétés de technologie environnementale au monde… La suite de ce nouveau départ dès demain…

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** L’HISTOIRE EST UNE ALLUMEUSE

** Cette semaine, Ben Bernanke a parlé, et le dollar a grimpé : "les intervenants sur les marchés n’ont pas de réticences significatives quant aux perspectives économiques", a déclaré le premier banquier des Etats-Unis, en ajoutant que les écarts de risques "sembleraient être cohérents avec une croissance économique solide et continue".

* Voilà bien le problème, cher lecteur. En dépit des coups de semonce régulièrement tirés dans ces pages, bon nombre d’"intervenants sur les marchés n’ont pas de réticences significatives quant aux perspectives économiques". A quoi pensent-ils ? Des réticences significatives, voilà ce dont ils ont désespérément besoin — et dont ils manquent cruellement. On peut acheter une action de pacotille et n’obtenir que 3% de rendement en plus qu’un bon du Trésor US.

* Il est clair que les T-bonds sont des bombes à retardement, mais que sont les obligations irakiennes ? Elles n’ont même pas de minuterie ; elles pourraient exploser à tout moment.

* Mais qui sait ? Et qui s’en soucie ?

* La pacotille et la non-pacotille sont calibrées en dollars. Et le dollar lui-même est la devise au sujet de laquelle on devrait avoir le plus de réticences.

* Et là, nous donnons la parole à un vieil homme. Warren Buffett. Le Sage d’Omaha a 75 ans. Pour autant que nous puissions en juger, il a encore toute sa tête. Mais certains marchés correspondent mieux à la jeunesse qu’au vieil âge… l’imprudence y est mieux récompensée que la prudence, et l’ignorance y rapporte plus que la sagesse. C’est le cas en cette période de Fin de Bulle. Il faudrait être idiot pour acheter bon nombre des investissements les plus populaires du moment ; mais être idiot est le seul moyen de faire des profits. Heureusement pour les gens de la bulle, il y a beaucoup d’idiots et beaucoup d’investisseurs dont l’ignorance n’est pas simplement sporadique, mais littéralement encyclopédique.

* Le pauvre Buffett n’est ni ignorant, ni imprudent, ni jeune ; il ne semble pas correspondre aux critères du moment. Plus tôt dans la semaine, un éditorialiste financier a déclaré qu’il avait "perdu le contact" avec les forces du marché modernes. Pourquoi ? Parce qu’il est quasiment le seul à avoir des réticences significatives — en particulier vis-à-vis du dollar. Et cela a encore été confirmé hier.

* Bloomberg rapporte : "’Je pense qu’au cours du temps, le dollar s’affaiblira’, a déclaré Buffett aux journalistes après avoir fait sonner la cloche d’ouverture de la Bourse new-yorkaise lundi. ‘Je n’ai pas la moindre idée si ce sera cette année ou dans cinq ans’".

* Nous avons vérifié ; en termes d’euros, le dollar a à peine bougé depuis longtemps. Mais en termes d’or, il ne vaut que la moitié de ce qu’il valait en 2000. C’est là que l’Histoire se fera, pensons-nous. Mais quelle Histoire ?

** Contre l’or, le dollar s’effondre et c’est à peine si les gens s’en rendent compte — à part les Britanniques, qui ont finalement réalisé à quel point leurs banquiers centraux sont des incapables.

* Le London Times : "Merrill Lynch a prédit que l’or atteindrait les 600 $ l’once à long terme après sa récente hausse au-delà des 500 $. Le mois dernier, le métal précieux a atteint un sommet de 25 ans, à 579,50 $ l’once, alors que les investisseurs s’inquiétaient du fait que l’énorme déficit commercial américain contraindrait le dollar à s’affaiblir. Le Chancelier britannique a vendu 395 tonnes des réserves d’or britanniques entre 1999 et 2002, générant 3,5 milliards de dollars. Au prix de clôture, atteint à Londres cette semaine, de 554,10 $, il aurait généré plus de sept milliards de dollars".

* On peut gagner beaucoup d’argent en observant les banquiers, avons-nous conclu il y a longtemps de cela. Il suffit de regarder ce qu’ils vendent, et de l’acheter. A la fin des années 90, tant de banques voulaient vendre de l’or qu’elles ont dû s’accorder entre elles pour éviter d’inonder le marché. Chaque banque centrale était autorisée à en vendre une certaine quantité chaque année. La Grande-Bretagne a ouvert la marche avec une vente massive de près de 400 tonnes, faisant chuter le prix de l’or à un plancher de 20 ans. Les dettes et les déficits étaient galopants. Les marchés étaient enivrés par la plus grande bulle de l’histoire. Et dans le monde entier, les banques centrales faisaient marcher leurs planches à billets afin d’essayer de tenir le rythme des dollars affluant dans leurs coffres. Y avait-il pire moment pour vendre de l’or ? Nous avons du mal à en trouver, en tout cas.

* Mais on peut compter sur les banquiers — et en particulier les banquiers centraux — comme sur les politiciens pour faire ce qu’il ne faut pas. A la fin du millénaire, ils ne nous ont pas déçus.

* Si Warren Buffet et vos rédacteurs de la Chronique Agora ont raison, cette histoire ne fait que commencer. Le dollar mènera l’économie dans une "dépression hyperinflationniste". Si nous avons raison, il y aura de l’argent partout, mais pas une goutte de véritables liquidités. En fin de compte, la Banque de Ben Bernanke devra faire ce qu’elle a promis — augmenter la masse monétaire aussi vite qu’elle le peut.

* Mais les gens ne seront toujours pas en mesure de payer leurs factures. Les prix du pétrole, de l’or, du cuivre… et du dîner pourraient grimper en flèche, tandis que les prêts hypothécaires resteront impayés, que les maisons seront saisies, et que les revenus réels chuteront. Les prix du carburant ont grimpé de 14 cents en une semaine, déclare un journal d’Atlanta. Mais les prix à la production ont enregistré leur plus grande chute en près de trois ans, selon Bloomberg.

* L’inflation et la déflation côte à côte. Le dollar s’effondrera sur les marchés mondiaux, et pourtant, dans les mains des lumpen-consommateurs américains, il sera plus précieux que jamais. Comment est-ce possible ? Qu’est-ce que cela signifie ?

* Ah, cher lecteur, l’Histoire, cette allumeuse rusée — elle dévoilera tout, mais seulement quand elle le veut, et à grands frais.

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*** La Chronique Agora présente ***

Simone Wapler, spécialiste de l’or dans la lettre Vos Finances – La Lettre du Patrimoine, fait un petit tour d’horizon sur l’achat d’or physique et les conditions qui y sont attachées.

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ACHETER ET VENDRE L’OR PHYSIQUE
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Par Simone Wapler (*)

Petit tour de la francophonie pour l’achat de pièces et de lingots et de la fiscalité y étant attachée. En France, l’or vient de changer de régime fiscal. Les épargnants peuvent désormais choisir entre deux régimes lors de la revente d’or physique : l’ancien régime à la taxation forfaitaire de 8% sur le montant ou le régime classique des plus-values mobilières. Dans le second cas, la plus-value est taxée à 27% les deux premières années, puis dégrevée de 10% par an durant les trois années suivantes pour devenir nulle après douze années de détention. Bien entendu, il faut pouvoir justifier de la date d’achat et du prix d’acquisition.

La taxation forfaitaire, et son relèvement progressif jusqu’en 1992, constituait une "exception française" qui a conduit à la mort du marché libre national, fermé en 2004. Faisons là une petite parenthèse sur les mythiques "exceptions françaises" : si l’exception nationale se justifie par un avantage quelconque, elle perd vite son statut d’exception, d’autres pays ne tardent pas à l’imiter.

Par contre, lorsqu’une exception garde son statut d’exception, c’est qu’elle ne présente aucun avantage, ou pire qu’elle est nuisible. Le marché libre de l’or en France a été détruit alors que les épargnants français possédaient entre 3 000 et 5 000 tonnes du précieux métal, soit plus que la Banque de France. Mais en revenant à une taxation plus "normale" de l’or, le législateur a quand même maintenu une exception : contrairement aux valeurs mobilières, l’or n’est pas touché par le seuil d’exonération jusqu’à 15 000 euros de vente mais taxé au premier euro, subissant la même taxation qu’un warrant, produit dérivé hautement spéculatif… ce qui en dit long sur la considération qui lui est portée. Chassez l’exception, elle revient au galop…

Pour acheter de l’or physique au sein de l’hexagone, il faut se tourner vers les boutiques spécialisées, apanage des grandes villes, ou passer par CPR Or. Cette filiale du Crédit Agricole détient un quasi monopole en alimentant toutes les banques et en tenant la "cote officielle".

Belgique et Suisse, des marchés plus faciles
Les pays francophones voisins de la France, Belgique et Suisse, appliquent une fiscalité nulle à l’or. Le négoce d’or physique pour les particuliers y est donc plus facile d’accès. La Belgique ignore l’impôt sur les plus-values, ne taxant que les revenus de l’épargne. Le marché est tenu par des boutiques comme en France et il est également possible d’acheter au travers des banques. La Belgique ne transmet pas les noms des détenteurs d’avoir non résidents aux administrations fiscales de l’Union Européenne, conformément à la convention qu’elle a signée avec l’UE.

La Suisse constitue le plus grand marché de l’or financier. Lingots et pièces peuvent s’y acheter "au comptoir", c’est à dire au guichet des grandes banques, même si l’on n’est pas client. Client, on peut ouvrir un "compte-métal" qui est une alternative moins coûteuse que "mon-coffre-à-moi avec mon-or-à-moi". La contrevaleur de l’or acheté apparaît sur une ligne de compte, mais la banque assume la garde du métal dans ses propres coffres. La Suisse considère que l’évasion fiscale ou l’omission de déclaration ne sont pas des raisons suffisantes pour lever le secret bancaire et un non-résident bénéficie du même traitement qu’un national. Il faut se souvenir que la Confédération Helvétique est née en 1921 du refus de payer l’impôt aux Habsbourg et conserve une certaine allergie à la taxation.

Il appartient donc aux acheteurs résidents français soumis à l’ISF de déclarer spontanément leurs achats éventuellement effectués dans ces deux pays.

Qu’acheter ?
Un lingot reste un lingot dans tous les pays du monde et ne subit pas de décote à la revente s’il est accompagné de son certificat.

En matière de pièces, il faut s’en tenir aux plus courantes et les conserver dans leur emballage d’origine. Ces pièces possèdent les primes les plus favorables. La prime est la différence entre le prix de la pièce et le prix de l’or pur contenu dans la pièce au cours de l’once d’or. Elle peut être positive ou négative. Par exemple, un Napoléon contient 5,8 grammes d’or. L’or vaut 550 $ l’once au fixing et le cours eurodollar est de 1,20. Une once pèse 31,1034768 grammes. Un Napoléon devrait théoriquement valoir 85,46 euros. Le cours de bourse est supérieur, la prime est donc positive ; à l’inverse, avec un cours de bourse inférieur, elle est négative.

Avec la récente montée de l’or, les pièces américaines et mexicaines ont une prime positive qui ira probablement en s’amplifiant. Les investisseurs recherchent ces pièces, d’un fractionnement plus facile que celui du lingot. Ainsi en 1980, au dernier sommet de l’or, le Napoléon affichait une prime de 100%.

Les contraintes réglementaires des résidents français
- Déclarer à la douane toute somme ou valeur supérieure à 7 600 euros.
- Pouvoir justifier de la situation régulière de certains objets, et notamment de l’acquittement des taxes dues dans l’Union Européenne. Toutefois, la TVA n’est pas due sur l’or acheté à des fins d’investissement.
- Tous les objets en provenance d’Allemagne, d’Autriche, de Belgique, Grèce, Luxembourg et de Turquie doivent, pour circuler en France, être revêtus du poinçon de garantie français.

Meilleures salutations,

Simone Wapler
Pour la Chronique Agora

(*) Analyste, journaliste et ingénieur de formation, Simone Wapler a déjà contribué à des publications telles que Le Point, Enjeux les Echos, Chart’s… Spécialisée dans les valeurs technologiques et industrielles, et se penche sur l’or — mais aussi sur les marchés étrangers — tous les mois dans la lettre Vos Finances – La Lettre du Patrimoine.

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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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