Qui achète des obligations américaines ?

Rédigé le 10 février 2017 par | Dette, Simone Wapler Imprimer

Qui achète pour 35 Mds$ de dette américaine par mois sachant qu’officiellement la Fed ne se livre plus à des opérations de quantitative easing ?

transactions Source : Wolf Street

Vous connaissez maintenant par coeur le mécanisme du créditisme, cher lecteur. On achète à crédit et les vendeurs se contentent d’une promesse de payer un jour. La monnaie, l’émission de crédit, est entièrement contrôlée par les Etats et le système bancaire. D’aucuns appellent cela « néo-libéralisme », « ultralibéralisme », « capitalisme financier » mais c’est par ignorance du libéralisme (qui repose sur la liberté de contracter) ou du capitalisme (qui repose sur l’utilisation de l’épargne déjà constituée).

Pour que le créditisme continue à baigner dans le beurre, il faut que les gens qui livrent continuent à accepter d’être payés en dette.

Vous avez 200 euros ? Alors… vous avez de quoi vous construire une retraite de ministre

Grâce à ce plan secret, simple et applicable par tous, vous pourriez toucher jusqu’à 11 875 euros supplémentaires par mois.

Rien d’immoral ni d’illégal, vous verrez : tout est expliqué ici.

C’est ainsi que les Etats-Unis importent des biens et services fabriqués à l’étranger qu’ils payent avec de la dette libellée en dollar. En 2015, la balance commerciale américaine était dans le rouge de 531,5 Mds$, en 2016 de 502 Mds$.

Pour que les usines du monde continuent à tourner, il faut donc que des étrangers acceptent de stocker des bons du Trésor US. A raison de 500 Mds$ par an, soit environ 40 Mds$ par mois. Si au contraire ils en vendent plus de 30 Mds$ par mois, quelque chose ne tourne pas rond.

Le graphique que vous voyez montre les transactions effectuées par des organismes officiels (banques centrales et fonds souverains essentiellement). Interviennent aussi sur ce marché des obligations américaines d’autres organismes régionaux et internationaux et des investisseurs étrangers (fonds de pensions,).

Cependant, depuis le début de l’année 2016, les achats de ces étrangers ne compensent pas du tout les ventes (les chiffres officiels sont consultables ici). En net, 316 Mds$ de bons du Trésor ont été vendus de janvier 2016 à novembre 2016.

On sait que les réserves de change de la Chine sont passées de 4 000 Mds$ à 3 000 Mds$. Le Japon n’est plus un gros acheteur de dette américaine non plus.

Certains pensent que les Européens seraient acheteurs, désireux de se protéger du futur incertain de l’euro et victimes des taux négatifs.

On sait par exemple que l’Allemagne prend ses précautions contre une dislocation de l’euro et rapatrie même l’or de la Bundesbank sur le sol allemand. Voir ici nos explications.

Mais cette hypothèse ne colle pas avec les chiffres publiés par la Fed.

Je vous avoue tout de suite, cher lecteur, je n’ai pas aujourd’hui la solution de l’énigme.

Mais une chose est sûre : faute d’acheteurs de bons du Trésor, le créditisme ne marche plus et la plus grosse bulle de tous les temps, la bulle obligataire, explose. Les usines qui produisent pour les consommateurs à crédit s’arrêtent et 43 Mds$ par mois de biens et services se retrouvent sans débouchés.

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Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’œil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

Pour en savoir plus sur Crise, Or & Opportunités et La Stratégie de Simone Wapler.

Visitez le site officiel de Simone Wapler : www.Simone Wapler.fr

2 commentaires pour “Qui achète des obligations américaines ?”

  1. c’est les banques US!
    trump vient d’abroger dodd franck mais n’a pas mis le glass steagall, parce qu’il va auparavant les gaver du stock non domestique

    notes
    a/c’est M Rickards qui le dit et de toute façon c’est logique vu la débandade en chine
    b/ j’ai un autographe de carter glass dans mon coffre (une dedicace sur une revue avec aussi la signature de JPM mais pas celle de Pecora, M rickards serait jaloux hihihi surtout que je l’ai acheté en 2005 bien avant que Bannon soit in office lol)
    c/ il aurait fallu traduire le livre avant les elecs! (suis toujours dispo)

  2. Mme Wapler:
    Je ne connais pas le détail des mouvements financiers qui fixent les taux des obligations.
    Par contre, si ma théorie est exacte, tous les grands changements économiques de ces 40 dernières années sont dus à la mondialisation qui est elle-même basée sur les différences de niveaux de vie (et de monnaie) entre occidentaux et pays du Tiers-Monde.
    Il est évident que cette différence tend à disparaître au fil du temps. Les premières délocalisations datent des années 1970. D’un côté, le chômage de masse appauvrit les occidentaux et contrarie la hausse des salaires. De l’autre, les investissements répétés dans les Emergents élèvent leurs niveaux de vie. L’intérêt des multinationales apatrides est de perpétuer cette différence, d’où leurs manœuvres auprès des Parasites, mais inexorablement la différence diminue.
    Peu à peu, les américains chômeurs ou forcés de prendre des petits jobs sont moins consommateurs et à contrario, les ouvriers qualifiés et la classe moyenne des Emergents font monter leurs prix. Par exemple, une classe moyenne chinoise est apparue qui accède au tourisme et consomme des produits de luxe.
    Tout cela fait baisser les profits des multinationales et des parasites. … et par voie de conséquence rend les bons US moins attrayants. Surtout si la confiance au dollar s’émousse.

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