Les accords de Trump sont-ils gagnant-gagnant ou gagnant-perdant ?

Rédigé le 3 février 2017 par | Bill Bonner, Deep State Imprimer

Hier, la Fed n’a rien fait. Les marchés actions non plus, d’ailleurs.

Même Donald J. Trump s’est montré remarquablement calme.

Il est sorti de son tourbillon habituel pour aller rendre hommage à la dépouille de William « Ryan » Owens, Premier maître (Navy SEAL), qui a trouvé la mort dans un raid au Yemen.

Pendant sa campagne, le candidat Trump avait menacé d’exterminer les familles d’individus soupçonnés de terrorisme, ainsi que les terroristes eux-mêmes. Serait-ce une nouvelle promesse tenue ?

Le père – citoyen américain – a été tué par un drone en 2011. Son fils de 16 ans a été éliminé deux semaines plus tard. A présent, ils ont eu la fille, également, âgée de 8 ans… en lui tirant une balle dans le cou.

Les détracteurs de Trump braillent et se lamentent…

Mais à la Chronique, nous fuyons les réactions émotionnelles et nous appliquons calmement notre nouvelle formule révolutionnaire.

Les accords gagnant-perdant nous appauvrissent… et diminuent notre satisfaction. Seuls les accords gagnant-gagnant peuvent restituer sa grandeur à l’Amérique et nous amener là où nous le souhaitons.

Pour revenir au soldat Owens, de quel type d’accord s’agissait-il, donc ? Certaines pertes sont évidentes : celle d’Owens et, apparemment, « de dizaines de civils ».

Et le gain ? Il est impossible de connaître à l’avance les coûts et avantages finaux de toute décision de ce genre.

La fillette tuée par la marine américaine aurait pu grandir et devenir un Hitler musulman.

Mais cela pourrait se vérifier avec n’importe qui. Faut-il tous les tuer, à la manière du roi Hérode, simplement par précaution ?

Mettriez-vous la vie et l’âme d’Owens en danger – en lui demandant de tuer un enfant innocent (même en tant que dommage collatéral) – seulement pour sauver votre propre peau ?

Attendez… C’est une question morale, n’est-ce pas ?

Peut-être, mais c’est également une question économique… une question de risque/rendement… d’investissement/bénéfice. Et cela nous aide à comprendre pourquoi notre formule est la seule façon de savoir si une décision politique va nous aider ou nous pénaliser. [NDLR : Guerre économique, guerre des devises, … Dans cette guerre étrange, chaque pays prétend obtenir un avantage commercial sur le dos de ses partenaires. Mais savez-vous que vous pouvez, à votre niveau, profiter de ces conflits ? Notre spécialiste a mis au point un système de trading bien spécial dédié à cette nouvelle donne. Il vous l’explique ici.]

Les attaques du marigot de Washington

Pourquoi l’Amérique profonde souffre-t-elle ?

L’Américain moyen est du mauvais côté d’un trop grand nombre d’attaques de drones orchestrées par les bestioles du marigot. Il perd. Ils gagnent.

Nous savons comment restituer sa grandeur à l’Amérique, nous aussi : il faut assainir le marigot et mettre un terme à ces accords gagnant-perdant, notamment à l’escroquerie de l’argent falsifié.

Nous sommes, à vrai dire, tellement en avance sur tout le monde, là-dessus.

Le Washington Post, par exemple, énumère huit façons de suivre à la trace les promesses faites par le président en ce qui concerne l’économie.

Le développement des emplois du secteur de la production… le développement de l’emploi dans les Etats désindustrialisés, la Rust Belt autour des Grands Lacs … le ratio emploi/population…le taux de chômage dans ladite Rust Belt… les salaires des hommes blancs de la classe ouvrière… le niveau de pauvreté des gens par appartenance ethnique… le pourcentage de la population détenant une assurance-santé… les déficits commerciaux que le pays enregistre avec la Chine et le Mexique.

Bon, devinez quoi ?

Ces indicateurs ne servent pratiquement à rien. Certains sont ridicules. Qu’est-ce que cela change qu’il y ait davantage d’emplois dans les régions désindustrialisées, si cela provoque des pertes d’emploi ailleurs… ou des hausses de prix ou d’impôt ?

De même, on pourrait offrir une assurance-santé à tout le monde, demain. Mais qui la financerait ?

Et les déficits commerciaux ? C’est bon ou c’est mauvais ? Les chiffres ne vous le diront pas.

Comment mesurer les dommages collatéraux

Il y a toujours des dommages collatéraux. Il y a toujours des conséquences inattendues. Bref, on arrive toujours au chapitre suivant, que nous n’avons pas encore lu.

A quoi bon tuer des terroristes, par exemple, si cela facilite les opérations de recrutement d’Al-Qaida et de DAESH ? C’est la leçon cuisante que les Britanniques ont retenue, en Irlande du Nord, à la suite du « Bloody Sunday » [NDLR : Dimanche sanglant, Irlande, 30 janvier 1972].

A quoi bon tuer des familles de terroristes si nous allons tous en enfer pour avoir assassiné des enfants ?

Nous sommes dedans jusqu’au cou, cher lecteur. Nous n’avons pas de réponse. Alors nous repartons à la nage vers un endroit où nous avons un peu plus pied.

Vous pouvez lire les journaux de demain ; vous ne pouvez savoir ce qui vous attendra au paradis ou en enfer. Vous pouvez seulement savoir quel type d’accord est proposé, aujourd’hui. S’il implique la force, la fraude ou la violence, alors c’est un mauvais accord.

Vous savez, également, que plus les gens sont libres de conclure des accords gagnant-gagnant, plus ils sont satisfaits. C’est là l’élégance remarquable de notre nouvelle formule.

Inutile de connaître l’avenir, il vous suffit de savoir de quel genre d’accord il s’agit.

Alors que dire de la « taxe aux frontières » de M. Trump, censée forcer les Mexicains à financer son mur ?

Gagnant-gagnant ou gagnant-perdant ?

Ca, c’est facile : les tarifs douaniers ne sont jamais charitables. L’importateur ne peut faire venir les produits qu’il veut vendre. Le consommateur ne peut pas les acheter.

En outre, si cela n’a pas fonctionné pour Juan Perón et Cristina Kirchner, en Argentine, pourquoi cela fonctionnerait-il aux Etats-Unis ?

Oui, cela profitera toujours à quelques compères fournisseurs et à leurs salariés, qui tirent les ficelles et fabriquent sur le territoire national des produits de mauvaise qualité qu’ils vendent cher. Et il y aura toujours quelques politiciens pour récupérer des voix électorales en « sauvant des emplois ».

Mais tous les autres sont perdants.

Le mur gagnant-perdant

Eriger le mur de Trump, c’est nettement gagnant-perdant, également.

Les gens sont contraints de payer pour quelque chose que bon nombre – ou la plupart – d’entre eux ne veulent pas.

La taxe aux frontières ne fait que déplacer le système de paiement. Au lieu de le payer avec leurs impôts, les citoyens américains le paieront avec l’augmentation des prix des importations provenant du Mexique.

Certaines personnes – celles qui veulent ériger un mur aux frais des autres – gagnent. Toutes les autres perdent.

Mais attendez ?

Un mur, ce n’est pas bon pour tout le monde, dans la mesure où cela empêche les immigrés clandestins d’entrer dans le pays ?

Là encore, nous ne pouvons connaître la réponse. Trop de conséquences inattendues. Trop de dommages ou d’avantages collatéraux… Trop de futures inconnues.

Les clandestins nous coûtent-ils de l’argent ? Ou contribuent-ils à l’économie réelle ? Est-ce qu’ils arrivent… ou bien est-ce qu’ils partent ? Vont-ils inventer des choses ? Vont-ils créer de nouvelles entreprises ?

Sont-ils des criminels, des violeurs et des drogués ? Ou sont-ils moins à même de commettre des crimes que des Américains de naissance ?

Les clandestins, c’est bon… ou c’est mauvais ?

Nous l’ignorons. Tout ce que nous savons, c’est de quel genre d’accord il s’agit. C’est le type gagnant-perdant. Le marigot gagne. Vous perdez.

Nous avons vécu deux expériences personnelles : l’une avec un clandestin et l’autre en tant que clandestin.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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