Ovide, Boucles d’or et Junk bonds
Centurion, comment recommandez-vous de retrouver notre aigle (l’étendard de l’armée romaine, probablement volé par un terroriste gaulois quelconque) ?" demande César à l’un de ses subordonnés. "Je pense que nous devrions crucifier un homme de chacune des tribus, et continuer jusqu’à ce que quelqu’un nous dise où il se trouve", répond le soldat. Les crucifixions ont donc commencé… et l’étendard a été retrouvé.
Le plus beau cadeau de Noël…
M. Ben Bernanke estime, tout comme son prédécesseur Alan Greenspan, que la bulle immobilière a eu une foule d’effets positifs sur l’économie — tout en donnant à croire à n’importe quel idiot capable de signer d’une croix au bas d’un dossier de demande de prêt immobilier qu’il était un génie des affaires. M. Bernanke est tout aussi convaincu que l’éclatement de ladite bulle — que chacun s’efforce de considérer benoîtement comme hypothétique — n’aura aucun effet dévastateur sur le pouvoir d’achat des ménages et sur le marché du travail, alors qu’un quart des emplois créés l’a été en relation directe avec le boom de la construction, du crédit et du métier d’agent immobilier.
Titanic et dollar
Il y a quelques jours de cela, nous nous demandions si nous allions revoir l’or sous les 600 $ avant notre mort. Nous nous posons toujours la question, mais les probabilités que cela ne se produise pas augmentent. Les devises grimpent et baissent. Mais au cours du temps, la monnaie papier chute plus souvent qu’elle n’augmente. Et toutes les monnaies papier inventées jusqu’à ce jour ont fini par terminer comme la plupart des papiers — à la poubelle.
On ne parle que de lui
Et où se réfugier, en ces temps troublés ? Dans l’accueillant giron du métal jaune, bien entendu ! L’once d’or, bonne fille, ne tient pas rigueur aux investisseurs de leur récente désaffection — elle ouvre ses bras à tout le monde… regrimpant du même coup à 639,5 $ au second fixing de Londres, soit une hausse d’un peu plus de 3 $ par rapport au cours de la matinée.
Thanksgiving dans le Yorkshire
Nous étions dans le Yorkshire pour affaires. Nous avons un bureau près de Shipton, dans un immense domaine qui appartient à la même famille depuis des centaines d’années. Quel merveilleux endroit où travailler ! En regardant par la fenêtre, on peut voir les moutons paître dans les prairies, tandis que des paons se promènent dans les allées. Les bâtiments sont pour la plupart des granges, des étables et des ateliers, tous reconvertis, construits en pierre et bien modernisés, les poutres et les sols anciens encore visibles.
Oh, Google !
Mais jetons un coup d’œil à Google. S’agit-il vraiment d’une entreprise technologique ? Peut-être que non. Elle gagne son argent un peu comme le secteur de l’édition — par la publicité. Les gens font des recherches en ligne grâce à Google. Google sait ce qu’ils cherchent. L’entreprise peut cibler sa publicité, et attirer l’attention des lecteurs sur de nouveaux produits et de nouveaux services au moment même où ils sont le plus avides d’acheter : quand ils cherchent.
NYSE, taxi et océan de factures…
Une chute des ventes de maison est une mauvaise nouvelle pour les constructeurs. Mais tout de même, en termes de revenus, nombre des grandes valeurs du secteur de la construction sont désormais plutôt bon marché par rapport à l’année dernière. De plus, ces entreprises ont beaucoup d’expérience en ce qui concerne les retournements du marché immobilier ; elles savent comment résister durant les périodes difficiles.
Visite à la Nouvelle-Orléans
"Et regardez… aujourd’hui, la plupart de ces maisons sont encore vides. Mais quelques personnes sont revenues. Et elles construisent exactement comme avant — des maisons basses sur des plaques de béton. Vous trouvez ça logique ? Comme je l’ai dit à quelqu’un : ‘qu’est-ce que vous faites ? Vous construisez le Titanic II."
Fin de Bulles
Ce que nous ne savons pas, c’est quasiment tout. Nous ne savons pas quels investissements vont grimper. Nous ne savons pas ce qui va se passer dans le monde. Nous ne savons pas si le réchauffement planétaire est une farce ou un fait. Nous ne savons pas si le phénomène du Peak Oil vaut qu’on s’inquiète… ou au contraire qu’on l’ignore.
Un baril de crème anglaise
Les indices boursiers deviennent comme des fluides "non-newtoniens", et se comportent comme de la crème anglaise. Enfoncez-y une cuiller verticalement : elle coule comme dans n’importe quel fluide moins dense que le métal dont elle est composée (à part le mercure, nous ne connaissons aucune exception à cette règle). Par contre, si vous l’appliquez brutalement à l’horizontale, en exerçant une forte pression, la crème "durcit" sous l’impact.
Rêver en stratège… agir en primitif
** Nous ignorons si le record annuel collectif des indices boursiers mérite que l’on sabre le champagne… mais il vaudra au moins que l’on débouche aujourd’hui un flacon de Beaujolais nouveau – qui, comme l’exige la tradition (ou plutôt la fiscalité française sur les produits viticoles), sera commercialisé à partir du troisième jeudi du mois de novembre.
Le verre à moitié plein
Le fait est que le ralentissement américain est en cours, tandis que l’économie européenne fait encore preuve d’une bonne tenue. A moyen terme, ce ralentissement ne manquera pas d’avoir un impact sur les perspectives des entreprises. Mais les investisseurs favorisent aujourd’hui une approche de plus court terme : le ralentissement de la croissance a mis un coup d’arrêt à la hausse des taux et pourrait même entraîner leur prochaine baisse, ce qui est favorable aux actions.
Une journée au parfum d’inattendu
Sur 36 candidats en lice, un seul était une candidate. C’est donc Anne Lauvergeon, présidente du groupe Areva depuis 2001, qui s’avère être l’heureuse élue : elle s’est vu remettre le trophée des mains du ministre du Budget, Jean-François Coppé. Ce dernier gardait d’ailleurs un souvenir "très précis" des négociations tendues avec la lauréate du jour lorsque le gouvernement avait tenté, mais en vain, de la convaincre de voler au secours d’Alstom (l’autre nominé), alors en perdition de 2003 à 2004.
Extraordinaires réalités
Les sentiments entourant le marché sont cycliques. Les investisseurs ne sont pas toujours haussiers. Et ils ne sont pas toujours baissiers. Au lieu de cela, ils tendent à faire des allers-retours, au cours de cycles très très longs, qui durent quelques décennies dans chaque direction.
L’heure de la revanche a sonné…
Au siège du parti démocrate, en tout cas, c’est Noël avant l’heure : les voici assurés du contrôle du Sénat avec deux sièges d’avance (51 contre 49). Le chiffre est désormais officiel depuis hier soir, le sénateur républicain sortant de Virginie, George Allen, ayant reconnu sa défaite face au candidat démocrate James Webb.
Etat de grâce démocrate
Nous n’excluons pas que la victoire des démocrates, qui semble désormais complète, incite certains investisseurs à jouer l’hypothèse d’une Amérique redevenant plus populaire dans un monde où elle s’est fait beaucoup d’ennemis depuis janvier 2001. Cependant, les tragiques évènements qui se sont déroulés hier matin au Proche-Orient nous conduisent à replacer le contexte géopolitique et pétrolier au centre de nos préoccupations.
Spaghettis économiques
Et c’est là que "ça" se passe ! Sans prévenir, une combinaison dévoyée de forces invisibles, une coïncidence remarquable de vecteurs imprévisibles se produit — et une toute petite mini-goutte de sauce rouge est soudainement — et mystérieusement — propulsée en hauteur, toujours plus haut, suivant une trajectoire parfaitement parabolique dépassant de loin les moyennes statistiques de "dispersion d’éclaboussures de gouttelettes", et décrivant un arc, atterrit (plic !) sur la manche de ma — je veux dire votre — chemise… un unique petit point rouge de sauce marinara au milieu d’un océan de blancheur nette et amidonnée.
Brebarez vos bougeoirs
Il y a dix ans, une panne de courant globale était liée à un incident matériel majeur ayant presque toujours une cause naturelle (tempête, chute d’arbres, lignes à haute tension surchargées de givre…). A l’échelon local, il pouvait s’agir de quelques condensateurs ou d’un vieux poteau vermoulu à remplacer ; pas de quoi entraîner une réaction en chaîne ni priver d’électricité la moitié du Vieux Continent.
Pannes
Les marchés américains ont eux aussi eu une petite panne vendredi, suite à la publication des chiffres économiques. On retombe dans le vieux paradoxe : l’économie US semble aller mieux qu’on ne le pensait… donc la Fed ne baissera pas ses taux… par conséquent, les marchés lâchent prise
Transformation imminente du Dow en citrouille
Ne croyez pas qu’il s’agisse là d’une regrettable confusion avec le Nasdaq (-1,4%) ou le pétrole (-5% en 48 heures)… Les retombées commerciales d’Halloween s’avèrent décevantes, selon les principaux distributeurs américains, et de considérables rabais ont été consentis sur les citrouilles afin de permettre aux gérants des rayons fruits et légumes de récupérer au plus vite des dizaines de mètres cubes d’espace de stockage dans les arrières-magasins.
C’est l’apocalypse !
Les calottes polaires fondent… les mers montent… en Afrique, des millions de personnes mourront de la faim ou de la malaria… jusqu’à quatre milliards de gens manqueront d’eau… la moitié de l’espèce humaine risque de s’éteindre… la Floride, New York, Londres et Tokyo seront toutes inondées… et selon le Pentagone, les changements climatiques risquent de mener à plus de guerres.
Les derniers seront les premiers
Donc oui, certes, les Etats-Unis ont l’économie la plus grande et la plus dynamique au monde — on vous l’accorde. Mais nous savons aussi que l’histoire transforme les "plus grands" en plus petits… et ternit l’éclat des "plus dynamiques" jusqu’à ce qu’ils soient aussi fanés que le reste. Nous ne prétendons pas savoir comment tout cela fonctionne, mais nous sommes assez certain que dépenser plus que l’on gagne n’est pas la bonne formule pour le succès financier. Et nous sommes assez sûr que plus quelque chose semble mener à une richesse instantanée, plus cette chose est dangereuse.
