Ce ne sont pas tous des génies

| |

Tous les gestionnaires de hedge funds ont la tête farcie des mêmes illusions… des mêmes superstitions… des mêmes préjudices… et des mêmes prédilections mesquines. Tous prétendent être des scientifiques désintéressés, étudiant minutieusement les marchés avec la précision d’un Poincaré et l’intuition d’un Einstein. Mais ce n’est absolument pas le cas ; ils ressemblent plus à des coiffeurs… prêts à peigner leur portefeuille pour qu’il corresponde aux dernières modes et tendances. Oui, ses clients ont l’air de crétins — après tout, qui voudrait d’un coiffeur pour gérer son argent ?

Le nouveau "M"

| |

Une telle conjonction de double sommets annuels ou historiques est particulièrement rare et remarquable : une telle simultanéité est tout simplement exceptionnelle. Il ne fait aucun doute que les marchés dans leur ensemble sont proches d’amorcer un tournant décisif… Reste à déterminer si ce virage permettra aux actions d’emprunter une nouvelle autoroute haussière, ou si, au contraire, il les mène droit vers une descente verglacée, bordée de précipices — dont notamment le fameux gouffre insondable de la dette américaine.

Des promesses aux couleurs de l’automne (2)

| |

Devant la levée de boucliers des assureurs, des représentants d’assurés et de la presse, le fisc a battu en retraite à une vitesse surprenante. Dans ce domaine aussi, l’approche des élections présidentielles aura sans doute joué ; le gouvernement a dû se rappeler (enfin !) que les assurés sont également des électeurs… et qu’à force de tirer sur la corde, on finit par la casser.

Immobilier 1995… in memoriam

| |

C’est maintenant officiel : les prix de l’immobilier baissent dans l’ancien aux Etats-Unis. Selon l’enquête de la NAR (National Association of Realtors), le mois d’août se solde par un repli de 1,7% — c’est une grande première depuis l’été 1995. De même, le stock de logements invendus équivaut désormais à 7,5 mois, compte tenu du rythme actuel de transactions, soit 6,3 millions en glissement annuel.

Au Pays des Hedge Funds

| |

Le Pays des Hedge Funds est une sorte d’univers alternatif où aucune des lois habituelles de la nature ne semblent s’appliquer. Dans le reste de l’univers, les gens font confiance à l’âge, à l’expérience et à l’humilité… mais au Pays des Hedge Funds (un peu comme dans le Monde des Dot.com, découvert il y a dix ans), ce sont les crétins sans expérience et les jeunes loups aux dents longues qui raflent la mise. Dans le reste de l’univers, les gens veulent gagner de l’argent… au Pays des Hedge Funds, on semble heureux d’en perdre.

C’est l’automne

| |

Pendant ce temps, il y a un marché où la déflation ne sévit pas : le marché boursier. La baisse des rendements obligataires a stimulé les actions. Les investisseurs comparent les rendements potentiels des actions à ceux qu’offrent les marchés obligataires. A mesure que les obligations baissent, les actions semblent être un meilleur pari.

De l’influence de la trajectoire des cyclones sur celle des indices

| |

Aucune tempête tropicale ne menace le Golfe du Mexique, et la formation dépressionnaire baptisée Helene — tout comme Gordon, qui l’avait précédée — emprunte une trajectoire passant très à l’est des Caraïbes. Elle devrait achever de se désagréger à l’approche des Açores, sans avoir jamais approché des terres habitées… ni de champs pétroliers off shore. La trajectoire des cyclones déterminerait-elle en fin de compte celle des actions, lesquelles oscillent depuis des semaines entre hautes pressions et champs dépressionnaires ?

Mauvaise graisse immobilière et liposuccion

| |

Il en va de notre déchéance physique comme de l’économie américaine. La dette US a franchi tous les stades d’obésité connus ; les artères économiques sont tapissées d’une épaisse couche de créances douteuses — mais tout va bien tant que les liquidités parviennent encore à se frayer un passage au milieu des bouchons de cholestérol ; le poumon économique du pays, qui fut et demeure l’industrie pétrolière, est tapissé de goudron (au malpropre comme au figuré).

Immobilier et Europe

| |

L’Europe est censée être unie, mais nous avons des doutes. Les chefs d’Etat se rencontrent peut-être à Bruxelles, mais chaque tribu se sent menacée par les eurocrates… et charge ses propres politiciens non pas de trouver le moyen d’avancer main dans la main avec leurs collègues d’autres pays afin de construire une meilleure Europe… mais simplement de protéger le pays contre les étrangers !

Guerre monétaire

| |

Sur le marché des changes, les devises se livrent en ce moment une véritable guerre — et le G7 en est aux sommations d’usage à l’encontre de la Chine, apprenait-on ce matin dans La Tribune : "’Une plus grande flexibilité de taux de change est souhaitable dans les économies émergentes qui affichent d’importants excédents de comptes courants, en particulier la Chine’, indique le communiqué final du G7. Les pays industrialisés accusent Pékin de maintenir sa monnaie, le yuan, à un niveau artificiellement bas pour doper ses exportations. Le déficit commercial des Etats-Unis avec la Chine devrait dépasser cette année les 200 milliards de dollars." Si j’étais cynique, je dirais qu’avec les élections qui approchent aux Etats-Unis, une petite dose de "péril jaune" arrive à point nommé pour détourner l’attention des électeurs d’une situation au point mort en Irak et de divers problèmes internes… Mais vous me connaissez, cher lecteur : l’ironie, ce n’est pas mon genre.

Des gilets pare-balles en Ohio

| |

Depuis le 11 septembre 2001, selon le journal londonien The Observer, "une industrie très lucrative" est née aux Etats-Unis — protéger la mère-patrie contre les terroristes. On n’avait pas vu un tel racket à la protection depuis le maffieux Lucky Luciano dans le New York des années 20. Dans tous les états de l’Union, il n’y a peut-être pas assez de terroristes pour remplir une petite prison de campagne, mais cela ne signifie pas qu’il n’y a pas d’argent à faire dans le domaine de la sécurité nationale.

La conscience tranquille

| |

Ceci dit, le Burkina Faso est loin d’être le pire, sur la liste de la CIA. Le reste de l’Afrique lui emboîte le pas… puis les républiques bananières de l’Amérique Latine… et finalement, devinez qui se tient tout au bout de la file ? Devinez qui a le pire déficit courant du monde entier ? Devinez quels pays dépensent plus qu’ils ne gagnent — de manière régulière et spectaculaire ?

Une histoire d’orignal (2)

| |

Et c’est là que j’ai eu une Fabuleuse Idée Mogambo (FIM). Il s’agissait de louer un costume d’orignal et d’aller à Jackson Hole. Déguisé en véritable orignal, je m’aventurerai, l’air de rien, tout mignon et gentil, assez près de la conférence pour capter l’attention de tous. Ensuite, je mugirai, vraiment comme un orignal : "L’Esprit de l’Orignal l’exige : envoyez-moi Ben Bernanke !". Ce dernier sortirait en disant : "qu’est-ce que tu veux, l’orignal ?". Ensuite, avec un effet tout à fait dramatique, je sauterais hors de mon costume d’orignal en criant, avec un accent russe à couper au couteau : "Ha ! Je ne suis pas un orignal, mais bien le Mogambo Guru !".

Le secret de l’après 11/09

| |

Qui se souvient que ce jour-là, le Nasdaq avait clôturé à 1 695 points (il rouvrira en baisse de 7% six jours plus tard), tandis que le Dow Jones cotait 9 805 points (et 8 920 points le 17/09/2001) ? L’indice des technologiques a repris un peu moins de 30%, et l’indice historique à peine plus de 16%. Mais le Nasdaq cotait 2 180 points — tout comme ce 11/09/2006 — le 2 juillet 2001, et le Dow Jones 11 350 points le 21 mai de la même année : sur les huit dernières années, les marchés américains n’ont donc permis d’engranger des gains que pour des investisseurs ayant pris position entre août 2001 et novembre 2003.

A la recherche d’une direction

| |

Alors que les nuages macroéconomiques semblent quelque peu se dissiper à l’horizon, les marchés actions vont-ils retrouver un sens après cet été difficile ? Depuis la décision de la Réserve fédérale de maintenir les taux d’intérêt inchangés lors de sa réunion du 8 août, les marchés me semblent de plus en plus convaincus que le long cycle de raffermissement des taux entamé en juin 2004 s’achève. Et à défaut de lire dans le marc de café, je me suis livré à un examen de ce qui s’était passé dans les cycles antérieurs.

Une semaine à la ferme

| |

Une libérale finit par s’énerver, lui arrache sa carte et nous mène à bon port en quinze minutes, tout en nous criant dessus. On déploie la nappe ; mais c’est pour apprendre que les Friedmaniens, auxquels on a confié la préparation des oeufs durs, les ont semés dans les buissons chemin faisant : ils trouvent plus sain que chaque convive les découvre par lui-même. ("Donne un oeuf dur à un homme, il mangera une fois"…, commence l’un d’eux, mais on ne le laisse pas finir). Quant aux Keynésiens, en charge du plat de résistance, ils ont apporté 24 litres de vin et rien d’autre, sous le douteux prétexte de nous "relancer l’appétit"…

Investissez dans le vice !

| |

Lorsque les économies faiblissent, les experts financiers conseillent aux investisseurs de passer à des positions "défensives"… et les actions dans les soi-disant "secteurs du vice" font partie des préférées. Lorsque les temps sont durs, disent les experts, les gens se tournent vers la boisson, le tabac, le jeu et le sexe.

Les consommateurs US ont le revolving sur la tempe

| |

Il n’est guère difficile de trouver l’explication à un engouement aussi soudain pour la formule de prêt la plus désavantageuse qui puisse se concevoir : les consommateurs américains n’ont plus le choix. Ils ont totalement épuisé leurs ultimes marges de solvabilité dans la catégorie immobilier — crédit compris entre 10 et 30 ans — ou prêt personnel (crédit sur un à cinq ans, destiné typiquement à financer l’achat d’une voiture, des études universitaires ou de gros travaux).

Une affaire de famille

| |

Expérimenter, apprendre, former, trouver de bons partenaires et accumuler de l’expérience a pris des années. Nous avions largement dépassé la quarantaine avant d’avoir vraiment de l’argent. Ce fut la première fois de notre vie que nous avons vécu dans une maison avec l’air conditionné. Mais à l’époque, les vents avaient tourné… et ils soufflaient en poupe. Lorsque nous avons atteint 50 ans, notre entreprise était florissante, et nous avons entamé une toute nouvelle phase de notre vie. Nous avons emménagé à Paris, et les enfants sont entrés dans des écoles privées. Nous avons acheté une maison de campagne. Les choses commencèrent à avoir l’air favorable.

Le présent de la Chine

| |

A mesure que le temps passe, les consommateurs américains et leur gouvernement en viennent à dépendre des biens et de l’argent dont les Chinois les nourrissent. Sans eux, l’économie américaine s’effondrerait, et les autorités fédérales devraient gratter les fonds de tiroir pour armer leurs forces. Les bureaucrates américains jouent encore les gros bras, ils disent encore aux Chinois ce qu’ils devraient faire de leur devise, ils envoient les flottes US manoeuvrer sur les côtes chinoises, et ils battent froid aux dirigeants chinois leur rendant visite. Mais petit à petit, ce sont les Chinois qui ont pris la main. Ils ont l’argent, la main d’oeuvre, la base industrielle, la technologie. Les Américains ont Britney Spears… et Medicare.

Normal et anormal

| |

La Fed a remonté les taux, pour atteindre "la normalité". Ayant vu les choses s’avachir pendant si longtemps, nous découvrons que nous ne savons plus quelle forme elles avaient au départ. Après tout, il est à présent "normal" de dépenser plus qu’on ne gagne, et de refinancer sa maison sans aucune intention de rembourser quoi que ce soit. Il est "normal" de payer les factures du quotidien par carte de crédit. Et il est "normal" que le pays le plus riche de la planète emprunte de l’argent aux pays les plus pauvres, simplement pour joindre les deux bouts. Alors pourquoi ne serait-il pas tout aussi "normal" que les prix de l’immobilier grimpent comme le cours de Google lors de son introduction en Bourse ? Avec l’inflation, pourquoi feraient-ils autre chose ?