Krach sur le marché des droits à polluer

| |

Ah, si seulement les Etats-Unis avaient ratifié les accords de Kyoto… La spéculation sur les droits à polluer bénéficierait d’une profondeur de marché bien plus propice à une hausse durable des CER : mais pas de chance, l’affaire a été mal menée et la bulle a explosé au bout de moins d’un an. Les Américains ont démontré qu’ils savent faire durer ce genre de folie spéculative…

Un peu de courage, que diable !

| |

Nos politiques font erreur en essayant de nous persuader que notre système économique est un modèle du genre et doit être préservé à tout prix alors que, dans le même temps, aucune action efficace n’est entreprise pour que le pays puisse affronter dans de bonnes conditions les effets de la mondialisation. Pourquoi cet aveuglement, ce refus ?

Avec les compliments du jury !

| |

Le G7 vient de donner le feu vert aux vendeurs de dollars, qui avaient manifestement senti le vent tourner dès jeudi dernier. Les ministres des finances réunis à Washington ce week-end ont en effet rédigé un communiqué qui laisse clairement transparaître la possibilité d’un rééquilibrage de la balance commerciale américaine via une décrue compétitive du billet vert.

C’est la seule alternative envisageable dans le cadre d’un appel à plus de "flexibilité" des systèmes monétaires, puisque Pékin a fait savoir il y a 48 heures que le moment était mal choisi pour orchestrer la réévaluation du yuan ; l’analyse des flux de liquidités entre l’Empire du Milieu et le reste du monde permet d’observer que le second semestre offre davantage de marge de manoeuvres aux autorités monétaires chinoises, le gros des commandes étrangères étant alors bouclées.

Bain de boue, supplice chinois et dollar en vrille

| |

La différence entre la Chine et les Etats-Unis tient justement au fait que la première a les moyens d’obliger les seconds à renoncer à leur culture du gaspillage — contraints et forcés par la réalité physique du marché de l’énergie et le poids de leurs dettes. Washington, par contre, n’a plus les moyens financiers de contrer l’influence de Pékin en Afrique, au Proche-Orient et dans les ex-Républiques soviétiques : il ne lui reste que sa puissance militaire… mais le mauvais usage qui en est fait en Irak démontre qu’elle ne génère que haine et chaos et affaiblit financièrement et politiquement ceux qui y ont recours.

Bicyclette et sueurs froides

| |

… si les consommateurs en viennent à mettre de côté leur besoin d’épater les voisins pour prendre des décisions de simple bon sens, le doute n’est plus permis: la fin est proche !

Mais il faut bien avouer qu’un baril à plus de 75 $ (75,17 $ pour le WTI New York vendredi dernier) a de quoi faire réfléchir même l’amateur le plus féru de 4×4 dévoreurs d’essence. En fait, si je n’avais pas peur d’un jeu de mots plutôt lamentable pour un lundi matin, j’irais jusqu’à dire que cet argument a de quoi mettre un peu de "sans-plomb" dans la tête des automobilistes…

Plongeon de l’argent et paupérisation trans-générationnelle

| |

La surprise de la dernière enquête réalisée auprès des banques réside dans la forte hausse des demandes émanant de personnes appartenant à la tranche d’âge supérieure à 60 ans. Les retraités subissent — c’est bien connu — une chute mécanique de leur niveau de vie avec la cessation de leur activité, mais beaucoup parvenaient à compenser ce phénomène en quittant les grandes métropoles réputées chères (loyers, impôts locaux, transports, restauration…) pour habiter en périphérie, voire carrément en province sous des cieux plus cléments.

Evolution économique

| |

Ce processus de sélection naturelle s’applique aux idées aussi bien qu’aux animaux. Dans le monde des entrepreneurs et du capital-risque, les bonnes idées se répandent et prospèrent, tandis que les mauvaises idées connaissent une fin rapide. Ce n’est pas toujours le cas, bien entendu. Parfois, des idées pleines de mérite ne parviennent pas à maturité à cause d’une mauvaise mise en œuvre, ou par malchance… et parfois, de mauvaises idées obtiennent bien plus de financement et d’attention qu’elles ne le méritent.

Flambée pétrolière, hibernation et gros sabots

| |

Les "ours", du point de vue de la symbolique boursière, sont l’emblème des pressions baissières s’exerçant sur les cours. Le taureau représente symétriquement la furia haussière : il fonce tête baissée dans l’arène, sourd et aveugle aux menaces qui l’entourent, jusqu’à ce que ses membres cessent de le porter. Le taureau ne ressent manifestement pas la piqûre des banderilles (déjà 15 hausses de taux aux Etats-Unis), ni la brûlure de la pique (flambée des matières premières). Le matador, de son côté, semble heureux de prolonger sa joute avec le courageux animal…

Iran, Chine, Etats-Unis, des sujets qui fâchent

| |

George Bush espère convaincre son homologue chinois d’orchestrer un mouvement de réévaluation significatif du yuan. D’un strict point de vue "pratique", cependant, il est beaucoup plus utile aux finances américaines d’attirer des capitaux asiatiques que de les faire fuir sous la menace d’un rétablissement des barrières douanières, comme le recommandent de nombreux membres influents du Congrès… qui reprochent à la Chine beaucoup plus que la sous-évaluation de sa devise !  

Joyeuses Pâques… et joyeux emprunts à 5%

| |

La hausse du loyer de l’argent s’avère sans effet sur la croissance mondiale et les bénéfices des entreprises depuis deux ans… le triplement du prix du pétrole (69,5 $ jeudi soir), le quintuplement du prix du cuivre en cinq ans n’ont débouché sur aucune résurgence inflationniste (2% à 2,5% au maximum au sein des pays du G7). Ce prodige résulte des gains de productivité réalisés par le biais des délocalisations… et le réservoir de travailleurs à bas salaires — mais de plus en plus qualifiés — apparaît inépuisable, de la Chine au Vietnam et de l’Inde au Laos… sans parler de l’Afrique et des ex-Républiques Soviétiques !  

Vous connaissez par coeur ce raccourci qui figure en filigrane au travers de nos différentes chroniques : la maîtrise globale de l’inflation n’a jusqu’ici rien eu à voir avec l’action d’une prodigieuse clairvoyance des banques centrales, car elle résulte principalement de la stratégie globale des entreprises multinationales.

Sommet de l’or, sommet du pétrole

| |

Nous lisons les journaux en même temps que tout le monde. Pour autant que nous puissions en juger, les pays contenant les plus grandes réserves de pétrole et d’or sont ceux qui semblent avoir les gouvernements les plus cinglés, instables et rapaces. Et la concurrence pour cette distinction est franchement intense. Même le gouvernement de l’empire le plus éclairé de la planète, les Etats-Unis d’Amérique, semble viser le titre. Néanmoins, les Nigérians, les Iraniens, les Saoudiens, les Vénézueliens — et désormais les Péruviens, apparemment — font la course en tête.

Cocon familial, pénitencier et shérif planétaire

| |

Mais Dominique de Villepin n’est pas Laurence Boccolini. Le CPE, c’est pour de vrai… et contrairement au Maillon Faible, il n’est pas nécessaire de motiver le renvoi en coulisses. Dans le jeu, les arguments les plus fréquemment avancés sont soit que le candidat élu est d’une affligeante nullité, soit qu’il écrase de son incontestable supériorité intellectuelle les autres concurrents.

Nous soupçonnons que le Premier ministre appartiendrait plutôt, de son propre point de vue, à la seconde catégorie… preuve qu’un jeu idiot importé des Etats-Unis — et reposant sur des ressorts psychologiques peu reluisants — peut malgré tout s’avérer riche d’enseignements politiques.

CPE, penalty et arbitrages douloureux

| |

Les syndicats et les mouvements étudiants ont accusé le gouvernement français d’avoir entamé le détricotage du droit du travail avec certaines dispositions de la loi sur l’égalité des chances. A présent, c’est au tour de l’autorité présidentielle de donner le sentiment de se détricoter, après qu’elle ait cautionné la promulgation du CPE… assortie de la recommandation de ne pas l’appliquer.  

C’est un peu comme si, au moment crucial de la finale de la Coupe du Monde de football, l’arbitre sifflait un penalty très contesté, puis plaçait délibérément le ballon sur le rond situé à 9,15 mètres des buts… avant de recommander à l’adversaire, face à la colère du public et de l’équipe sanctionnée, de ne pas tirer ce penalty en attendant que les délégués de la FIFA revoient à sa demande le règlement en matière de supervision de l’arbitrage par vidéo.

Le trésor englouti des Etats-Unis

| |

Il est peu probable que les Etats-Unis cessent entièrement d’importer du pétrole brut en provenance du Nigeria ou du Golfe Persique — à moins bien entendu que l’or noir ne cesse de couler pour des raisons géopolitiques. Mais si les Etats-Unis passaient peu à peu de sources étrangères à des sources internes de carburant fossile, alors, selon le département du Commerce américain, le pétrole et le gaz de la zone externe du plateau continental américain pourraient répondre aux besoins industriels et commerciaux du pays durant 30 ans environ. Mais il faut d’abord forer pour les obtenir. Cela signifie que les prochaines années pourraient voir une débauche d’exploration et de production autour des côtes américaines.

Or et argent

| |

Depuis que la demande d’argent-métal a grimpé, l’offre a baissé. Contrairement à l’or, lorsque l’argent est utilisé à des fins industrielles, il est utilisé et consommé. Voilà un petit quelque chose à méditer : l’offre totale d’argent-métal dans le monde a chuté de plus de 86% ces dernières années… tandis que la demande d’argent a grimpé.

La logique de la dégénérescence

| |

Inutile de revenir sur les détails du CPE, ses deux ans de période d’essai et sa possibilité de licencier sans autre forme de procès. On pourrait penser que les jeunes seraient plutôt en faveur d’une telle loi ; après tout, cela rendrait leur recherche d’emploi plus facile. Mais ça montre combien vous avez perdu le sens des réalités. Les jeunes ne veulent plus de travail — ou plutôt, ils ne veulent plus de travail où ils pourraient échouer. Ils veulent des emplois bien payés, sans risques, de préférence fonctionnaires, avec des congés payés et des avantages en plus. Et s’ils ne peuvent pas avoir un tel poste, ils ne veulent rien d’autre.

Les raiders sortent du bois…

| |

La réalité officielle, c’est qu’il n’y pas de corrélation mécanique entre le rythme de croissance de la masse monétaire et la hausse des prix telle que mesurée par les indices d’inflation aux Etats-Unis ou en Europe. Cependant, les 780 milliards de dollars créés l’an passé par la Fed n’ont pas disparu comme par miracle de la circulation : la tentation de s’en débarrasser pour les convertir en quelque chose qui ne s’évapore pas comme de l’hélium liquide dès l’on soulève le couvercle du bac cryogénique est trop forte.

Confiance et crédibilité

| |

Je suis assis tout seul dans l’Impénétrable Bunker Mogambo de l’Ultime Posture Défensive (IBMUPD), et des voix affirmant qu’elles appartiennent à ma famille me supplient d’ouvrir la porte blindée — pour leur rendre au moins la télécommande de la télévision. Je décide donc de leur poser une question facile, afin de déterminer s’il s’agit vraiment de ma famille, ou, comme je le soupçonne, d’infâmes imposteurs… "Est-ce que tu sais ce que la Réserve fédérale a fait à la valeur de ton argent depuis que la Fed a été créée en 1913, mais de plus en plus vite, jusqu’à ce qu’on ne puisse plus reprendre son souffle ? "

Conférence sur M. Bernanke le 3 Avril 2005 au Palais Brogniart

| |

M. William Bonner et M. Philippe Béchade

Les ETF sont là

| |

Petit aparté : je suis entré dans le monde de la finance en tant que courtier en matières premières, et j’ai passé les trois premières années de ma carrière à travailler avec des fonds de couverture et des spéculateurs en ressources naturelles. Il m’a donc semblé naturel, lorsque j’ai entendu parler des ETF sur les matières premières, de me demander : "pourquoi les investisseurs ne vont-ils pas directement sur les marchés à terme, qui existent depuis toujours ? Il y a plus d’effet de levier — pourquoi se soucier d’un ETF qui n’est qu’un remplaçant, un future par procuration ?"