Et si les marchés se préoccupaient un peu plus des taux ?

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A la veille d’une ultime séance du mois de mars qui va se solder par la publication d’une déferlante de statistiques (dépenses et confiance des ménages américains, indice PMI de Chicago), l’annonce d’une révision à la hausse du PIB américain (+0,1% à +1,7% au quatrième trimestre 2005) a été accueillie sans émotion. Nous en tirons une interrogation supplémentaire : d’où les marchés prennent-ils l’optimisme qui les propulse au-delà des meilleurs niveaux observés depuis janvier 2002 en Europe, et au-delà des records absolus de l’an 2000 pour les valeurs moyennes aux Etats-Unis ?

Mille et un millions

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Si j’avais été le grand vizir, cher Journal, j’y aurais réfléchi à deux fois avant de m’attaquer davantage au Picsou persan. Et si j’avais été le calife, je n’aurais pas eu besoin d’y réfléchir longtemps, car j’ai fait les comptes : à 4,25 g le dinar, le petit billet à ordre (huit tonnes et demie d’or !) avoisinerait les quelque 150 millions de dollars au cours actuel : somme rondelette, pour une époque qui ne connaissait pas encore l’euromillions ni les stock-options. Beaucoup de vizirs me paraissent dispensables à ce prix-là… De fait, les chroniqueurs nous apprennent (j’ignore si al-Djassâs trempa dans l’affaire) que le féroce al-Furât fut exécuté sur ordre du calife en l’an 924 — ce qui ne nous rajeunit pas.

Pékin, empire du milieu… financier

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La une des journaux économiques chinois est éloquente, et illustre de façon éclatante la thématique de cette chronique : c’est désormais officiel, l’Empire du Milieu est devenu le premier détenteur planétaire de réserves en devises, avec 850 milliards de dollars de stocks, contre 830 milliards pour le Japon. La Chine a comblé un handicap de près de 500 milliards de dollars sur l’Empire du Soleil Levant, en l’espace d’un peu plus de cinq ans que compte le nouveau siècle !

Immo-bulle, monopoly et roulette russe

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Le nouveau patron de la Fed devra convaincre ce mardi soir que la Banque centrale ne relèvera pas les taux plus que nécessaire… mais tiendra compte de conditions économiques dont personne n’est capable à ce jour de déterminer la vigueur ou la vulnérabilité, compte tenu de l’hypothèque de l’éclatement de "l’immo-bulle" aux Etats-Unis, où les ventes de logements neufs ont plongé de -10,5% en février.

Jeu de rôles

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Qui préféreriez-vous être, cher lecteur ? Alan Greenspan ou Ben Bernanke ? Préféreriez-vous hériter du poste-clé de la plus grande banque centrale au monde au début d’un boom… ou à sa fin ? Préféreriez-vous commencer lorsque les taux sont relativement élevés… ou bien lorsqu’ils sont absolument au plancher ?

Positive attitude

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Nous supposons que Bernanke croit en ce qu’il dit : que l’économie est solide et que seul un vieux croûton comme Warren Buffett aurait des réticences sérieuses à son sujet. Il a également dit qu’il ne s’inquiétait pas de l’inversion de la courbe des rendements. Ca aussi, a-t-il dit, c’est un indicateur passé de mode qui ne vaut pas la peine qu’on s’y attarde. Nous aurions tendance à penser qu’il augmentera les taux d’un quart de point supplémentaire en toute confiance, puis — lorsqu’il verra l’économie s’effondrer — qu’il les baissera frénétiquement.

Acheter et vendre l’or physique

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Le marché libre de l’or en France a été détruit alors que les épargnants français possédaient entre 3 000 et 5 000 tonnes du précieux métal, soit plus que la Banque de France. Mais en revenant à une taxation plus "normale" de l’or, le législateur a quand même maintenu une exception : contrairement aux valeurs mobilières, l’or n’est pas touché par le seuil d’exonération jusqu’à 15 000 euros de vente mais taxé au premier euro, subissant la même taxation qu’un warrant, produit dérivé hautement spéculatif… ce qui en dit long sur la considération qui lui est portée. Chassez l’exception, elle revient au galop…

Un exemple à suivre

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L’Irlande, en dehors du tournoi des six nations, ça vous dit quelque chose ? Oui, bien entendu : la bière et les whiskies, pour commencer, ont contribué à sa réputation — sans oublier bien entendu l’accueil de ses habitants et la beauté sauvage de ses paysages. Mais je vais vous parler d’autre chose de plus surprenant.

Une hégémonie bienveillante

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Une guerre civile n’était pas censée se produire. Selon la nouvelle théorie conservatrice, lorsqu’un pays reçoit enfin le cadeau doré de la démocratie, l’histoire s’arrête. Terminé, les guerres civiles. Fini, les révolutions. Plus de bouleversements. Pourquoi se fatiguer à verser le sang lorsqu’il suffit de se rendre aux urnes pour dépouiller vos voisins en toute légalité ?

Que nous réserve le prochain chapitre ?

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Comment l’histoire actuelle du déficit courant va-t-elle se terminer ? Nous regardons les précédentes oeuvres de l’Histoire, et nous ne trouvons pas grand’chose pour nous aider. En général, ce sont les républiques bananières du Tiers-Monde qui ont des déficits de cette ampleur, et non les empires devenus fous. Lorsque les déficits atteignent 5% du PIB, les investisseurs du reste du monde ne tiennent en général pas le coup. Ils se débarrassent de la devise et des obligations du pays et jurent qu’on ne les y reprendra plus — pas même pour aller en vacances.

Décrépitude et moulin à broyer

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Les Etats-Unis peuvent donner de la voix — au bénéfice des électeurs américains, supposons-nous — mais ils n’ont en main qu’un spaghetti trop cuit. Ce sont les Chinois qui manient le bâton ; ils pourraient se débarrasser des dettes américaines et assener un bon coup sur la nuque de l’économie US dès qu’ils le souhaitent.

Vent de sable ou vent de panique au pays de l’or noir ?

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Pour résumer la situation, la bourse saoudienne affiche à présent une perte de 15% par rapport au début de l’année, et d’un tiers par rapport à son record absolu de 20 635 points inscrit il y a tout juste trois semaines. Certains spécialistes des marchés émergents du Golfe estiment à présent que le repli pourrait atteindre -60% d’ici la mi-2006 : vertigineux !

La fin de l’histoire…

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On trouve enfin à la tête de la Banque centrale américaine un homme qui a le courage de ses idées fausses. On ne peut qu’admirer Ben Bernanke. Cette semaine, il fera face à toute la confrérie des banques centrales planétaires — avec l’affirmation ridicule que non seulement les déficits américains n’ont pas d’importance… mais qu’en plus, ils sont en fait bénéfiques pour l’économie mondiale.

Bouquet d’OPA, entropie et moisson de conflits

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L’hiver boursier se prolonge à Wall Street, où les scores du Nasdaq et du S&P semblent figés depuis le 11 janvier dernier. En Europe, par contre, malgré des températures moyennes encore très inférieures aux normales saisonnières, les OPA bourgeonnent comme un champ de crocus sitôt amorcé la fonte du tapis neigeux. Les rumeurs d’opérations imminentes fleurissent comme des massifs de jonquilles au bord des ruisseaux.

Japon, bambous et taux d’intérêt

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A partir de maintenant, les emprunteurs vont devoir payer leur argent au Japon, comme partout ailleurs. Et à partir de maintenant, les spéculateurs ne seront peut-être plus aussi pleins aux as. Depuis plusieurs années, ils ont pu emprunter au Japon à taux zéro ou presque, et réutiliser ces sommes ailleurs. Le monde s’est emparé de cet argent facile comme un panda dévore des pousses de bambou. Le crédit a fait grimper les marchés émergents au Moyen-Orient, construit des usines en Asie et même contribué au boom des dépenses de consommation en Amérique du Nord.

Le glorieux empire de dette américain (2)

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Tous les niveaux sont de connivences pour que l’escroquerie se poursuive. Sur les rives du Potomac, des gens de toutes les classes, tous les rangs, toutes les stations se plaisent à croire que tout va bien. Et là, dans les bureaux de la Réserve fédérale, on trouve une autre caste de menteurs loyaux. Non seulement Ben Bernanke et ses collègues comploteurs poussent les citoyens à hypothéquer leurs maisons, acheter des 4×4 et commettre d’autres actes de témérité gratuite, mais ils contrôlent également la devise de la nation et s’assurent qu’elle suit la fraude.

Pourquoi les riches deviennent-ils plus riches ?

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Prenons des bananes. On peut probablement les faire pousser en Islande, mais cela reviendrait assez cher. Mieux vaut laisser les Nicaraguayens faire pousser des bananes, tandis que les Islandais se concentrent sur le hareng saur. C’est ce que le grand économiste David Ricardo a appelé ‘la théorie de l’avantage compétitif’. Elle déclare qu’on devrait faire ce qu’on sait faire de mieux — et laisser les autres faire ce qu’ils font de mieux. C’est le principe de la mondialisation. C’est ce qui attire les capitaux vers les usines chinoises, et les entreprises vers les centres d’appels indiens.

Regrets et réserves

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